Les élections régionales vont-elles être à nouveaux repoussées ?
Photo d’illustration. © Tim Douet

Municipales à Lyon : trois votes, trois urnes, un défi logistique inédit

En mars, les Lyonnais devront voter trois fois le même jour pour l’arrondissement, la Ville et la Métropole. Une organisation unique en France qui bouscule électeurs et services municipaux.

Métropole en jaune, Ville en beige et arrondissement en bleu : en mars à Lyon, les électeurs devront glisser trois bulletins dans trois urnes différentes, un cas unique en France et un défi logistique mais aussi de pédagogie auprès du grand public. Dans la salle des mariages de la mairie du 7e arrondissement, l'équipe s'affaire pour rajouter des chaises : on s'approche de la capacité d'accueil maximale d'une centaine de personnes. Pas d'union célébrée ce lundi soir, mais une réunion d'information sur les élections des 15 et 22 mars.

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Pour Florent Jacquet, 33 ans, venu "pour comprendre les compétences de chaque brique", l'arrondissement, la Ville, la Métropole, c'est presque un cours d'éducation civique. "Ca ne réforme pas les compétences" de chacun, explique Benjamin Durand, le directeur général des services de la mairie du 7e, à l'aide de diapositives PowerPoint et d'un rétroprojecteur. "C'est vraiment sur l'organisation du scrutin".

Lyon, modèle unique

Avec la réforme de la loi "PLM" (Paris, Lyon, Marseille), les habitants des trois plus grosses métropoles de France vont désormais voter non seulement pour des conseillers d'arrondissements, mais aussi pour des conseillers municipaux qui éliront directement le ou la futur(e) maire.

Vient s'ajouter le cas particulier de "la collectivité de Lyon, un modèle unique", comme le rappelle M. Durand : les conseillers de la Métropole de Lyon, entité créée en 2015 reprenant les compétences du département au niveau de l'agglomération, sont élus au suffrage direct.

"On n'aura pas une ni deux, mais trois élections à mener le même jour, ce qui fait qu'on multiplie tout par trois, le nombre de bureaux de vote, de présidents et d'assesseurs, d'isoloirs, d'espaces, de salles pour accueillir tout ça", explique à l'AFP Benjamin Durand. "C'est un vrai défi logistique parce que tout multiplier par trois, on ne l'avait jamais fait".

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L'électeur recevra trois enveloppes de couleurs différentes et empruntera trois "parcours" au sein de son bureau, passera par trois isoloirs, utilisera trois urnes. "Je trouvais un petit peu complexe les trois votes, je suis venue pour information", dit Chantal Ruel, 73 ans. Mission accomplie? Les choses se sont "un petit peu éclaircies" pour elle... enfin "pas franchement", ajoute-t-elle immédiatement dans un petit rire, même si elle pense "que le jour même, on va nous diriger aux endroits précis".

"Un peu plus long"

Dans la salle, une jeune femme prend des photos des diapositives. Victoria Folometova, 32 ans, va voter pour la première fois en France, dont elle vient d'obtenir la nationalité. "Ça a l'air d'être compliqué, mais c'est intéressant de voir comment ça va se passer, comment ça sera organisé", se réjouit-elle.

"Dans notre arrondissement, six bureaux seront déplacés car ils ne peuvent pas accueillir trois parcours de vote", lance le DGS au micro. "Il va falloir se préparer à ce que ce soit un peu plus long et un peu plus compliqué que d'habitude".

Une école qui accueillait quatre bureaux de vote n'en prendra plus que deux, les autres seront "déménagés" vers un gymnase qui en accueillera cinq au total. Idem entre la MJC et une école nouvellement construite... Au total, ce sont 939 bureaux de vote installés. Il a fallu acquérir 313 urnes supplémentaires, trouver sept nouveaux sites de vote, a expliqué l'adjoint en charge à la Ville de Lyon, Bertrand Maes, lors du dernier conseil municipal.

La menuiserie de la ville a construit 200 isoloirs supplémentaires, plusieurs centaines seront loués par ailleurs. L'adjoint évalue le surcoût, "très arrondi", de l'organisation du scrutin supplémentaire à 600.000 euros par rapport à 2020.

Mais "le défi majeur", selon M. Maes, reste le recrutement des présidents de bureaux et assesseurs, près de 1.870 personnes à mobiliser. "N'hésitez pas à vous porter volontaire!": les réunions publiques sont aussi l'occasion de faire passer le message. "Allez chercher les voisins, les amis! Ca permet de passer le dimanche dans de meilleures conditions" si on est bien entouré, argue en conclusion le directeur général des services de la ville de Lyon, venu épauler ses collègues.

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