Exclusif : Fred en dit plus sur lyoncapitale.fr

Lyon Capitale : Depuis le début de la saison, vous êtes régulièrement sifflé à Gerland. Comment l'expliquez-vous ?
Fred : Comme vous le savez, l'année dernière, j'étais très indiscipliné, j'arrivais régulièrement en retard à l'entraînement, j'avais des problèmes personnels. Il y a eu aussi beaucoup de choses fausses écrites dans la presse; comme quoi j'avais envie de partir, de quitter Lyon. Tout cela, est la cause de ces sifflets. Je comprends tout à fait que les supporters soient déçus. Je veux tout donner pour ce club, m'investir à fond, donner le meilleur de moi-même. J'ai besoin du soutien du public, c'est très important pour moi, je compte sur eux pour me donner la force de marquer des buts. Au fond, je pense que les supporters m'aiment bien, il faut juste laisser passer l'orage et tout va rentrer dans l'ordre.

Cette défiance des supporters vous fait-elle souffrir ?
Oui, cela me fait énormement souffrir. Ça me fait mal. Mais lorsque je suis sur le terrain, j'essaye de ne pas trop y penser. Depuis le début de saison, je joue peu, j'ai besoin de rythme, de retrouver la confiance.

Ils sont nombreux à trouver que vous ne mouillez pas assez le maillot...
Mais c'est faux, j'aime l'OL ! Après le match de Nice (Ndlr : le 13 septembre dernier), le président est venu me parler et il m'a dit qu'il souhaitait vraiment que je reste. Cela m'a fait plaisir. J'espère que je vais pouvoir prolonger.

Justement, il y a une prolongation de contrat qui vous attend sur le bureau du président. Pourquoi ne l'avez-vous toujours pas signée ?
Nous sommes toujours en négociation. C'est mon frère qui gère ça car moi je préfère me concentrer uniquement sur le terrain. Comme je l'ai dit au président et à Bernard (Lacombe), j'ai très envie de rester à l'Olympique Lyonnais. Je souhaite qu'on trouve rapidement un accord. En tout cas, je ne partirai par cet hiver. Si je dois quitter le club, ça sera à l'issue de mon contrat (Ndlr : juin 2009).

N'êtes-vous pas trop gourmand financièrement ?
Non, du tout, ce n'est pas une question d'argent. C'est un ensemble de choses. Comme dans toute prolongation de contrat, il y a des négociations, les deux parties doivent s'y retrouver. Il y a des joueurs qui trouvent rapidement un accord et pour d'autres, c'est un peu plus long. Je vous le répète, j'ai trop envie de rester. Je me suis habitué à la France, je me sens bien au sein du club, j'aime cette ville de Lyon. Il n'y a pas de raisons pour que je parte.

Comment vivez-vous votre statut d'attaquant numéro 2 derrière Karim Benzema ?
Je ne pense pas que je suis l'attaquant numéro 2 car avec Karim nous pouvons jouer ensemble. J'ai conscience que pour mériter une place de titulaire, je dois poursuivre mes efforts à l'entraînement. Je dois prouver à l'entraîneur que tous les deux nous sommes très complémentaires.

Vous avez une situation familiale assez complexe. Votre fille réside au Brésil avec votre ex-femme. Est-ce l'explication de vos nombreux soucis ?
L'année dernière, lorsque j'ai divorcé, mon ex-femme a décidé de rentrer vivre au Brésil avec ma petite fille. C'était dur pour moi. Lorsque tu as fini de disputer un match, que tu as l'habitude de rentrer chez toi et de retrouver toute ta famille, et que suite à une séparation, tu es tout seul, plus personne n'est là à t'attendre, ce n'est pas évident à vivre. J'ai passé six mois où je n'avais plus le goût à rien. Avec le recul, j'ai compris beaucoup de choses. J'ai le sentiment d'avoir mûri. Certes, je suis footballeur, j'ai une vie privilégiée, je gagne bien ma vie, mais le plus important, c'est d'être en bonne santé, d'être en compagnie de gens que tu aimes.

Dans ces moments difficiles, avez-vous pensé à arrêter le football ?
Non, mais j'avais envie de jouer au Brésil pour rester auprès de ma fille. Le président a été réceptif et m'a proposé de me prêter un an dans un club brésilien. Mais finalement, ça ne s'est pas fait. J'ai bien réfléchi et je me suis dit que de retourner au Brésil, c'était une régression dans ma carrière alors que j'avais fait tant d'efforts pour venir jouer en Europe. Je ne voulais pas tout gâcher. En décembre dernier, lors de la trêve, le club m'a autorisé à partir huit jours au pays pour essayer de régler mes problèmes. Je suis finalement resté là-bas une vingtaine de jours parce que mon ex-femme m'empêchait de voir ma fille. J'ai dû faire appel à la justice mais, comme vous le savez, ces procédures sont longues.

Il y a quelques semaines, Jean-Michel Aulas a eu des mots très durs contre vous : ''Fred a connu beaucoup de blessures , mais on aurait aimé voir à Lyon l'avant-centre du Brésil. Pour l'instant, on ne l'a pas, cela le dévalorise et le pénalise''...
Je comprends le président, mais pour ne rien vous cacher, j'ai été attristé de lire ses déclarations dans les journaux. Je l'ai mal vécu. J'aurais préféré qu'il me le dise, les yeux dans les yeux, même si je sais que ce n'était pas dans le but de me faire du mal. Le président a envie que je joue, que je sois efficace pour l'équipe.

Cette saison, vous êtes-vous fixé un nombre de buts à atteindre?
Les deux premières saisons à Lyon, j'ai dû inscrire à peu près quatorze buts (Ndlr : 16 buts lors de la saison 2005-2006, 13 buts lors de la saison 2006-2007 et 7 buts lors de la saison 2007-2008)*. Pour cette nouvelle saison, mon objectif serait d'en inscrire au minimum une quinzaine en championnat. Maintenant, le plus important, c'est que l'équipe gagne. C'est le collectif qui doit primer.

Vous avez décidé de faire appel à l'un de vos cousins pour vous aider dans votre préparation physique. Les préparations de Robert Duverne ne vous suffisent-elles pas ?
Non, c'est pas ça. Mon cousin a obtenu ses diplômes et il avait besoin de pratiquer. Il a accepté de venir en France et de me donner un coup de main. C'est un échange de bons procédés. Ce n'est pas vraiment du travail de préparation physique, c'est simplement des exercices pour fortifier les muscles, pour éviter d'avoir des lésions, des blessures.

Quelles sont vos relations avec Claude Puel ?
Avec Claude Puel, ça se passe très bien. Il est très honnête, très juste. Si tu mérites de jouer, quelque soit ton statut, tu joues. Il n'y a pas de traitement de faveur. Le coach parle beaucoup avec nous, ses entraînements sont riches et variés. Avec lui, on travaille beaucoup l'aspect tactique.

Ca doit vous changer de Gérard Houllier. Tous les deux, c'était plutôt, je t'aime moi non plus...
(Sourire). Déjà, je tiens à dire que Gérard Houllier a été important pour moi, même s'il y a eu des incompréhensions. N'oubliez pas que lorsque je suis arrivé à Lyon, je venais d'être acheté 15 millions d'euros, j'étais attendu au tournant. Lors de mon premier match, j'inscris deux buts et le match suivant contre le Real Madrid, Gérard Houllier ne me fait jouer que cinq minutes. J'avoue que je n'ai pas compris. J'étais en colère contre lui. Je n'ai pas senti la confiance de l'entraîneur. Demandez à n'importe quel attaquant, pour être efficace, il faut se sentir aimé, désiré.

Qu'est-ce qui a changé par rapport à la saison dernière ?
Déjà, avec Claude Puel, il y a une certaine discipline (rires). Il est rigoureux et très exigeant avec nous. Mais c'est une bonne chose, on en avait besoin. Sur le terrain, l'équipe est plus solidaire, plus compacte.

Etes-vous d'accord avec Juninho lorsqu'il dit que l'ambiance dans le vestaire n'est pas primordiale, que le plus important, c'est d'être des frères sur le terrain ?
Bien sûr, il a totalement raison. Le plus important c'est d'être unis sur le terrain. Je ne dis pas qu'il faut faire la tête en dehors mais que voulez-vous, ce n'est pas évident lorsque vous êtes un groupe de vingt-cinq joueurs, d'être tous amis dans la vie. Chacun a sa façon de penser, des centres d'intérêts différents. C'est pour cela, que de temps en temps, il peut y avoir des petites frictions mais c'est normal, ça fait partie de la vie d'un vestiaire. Je vous rassure de suite, depuis le début de saison, tout va bien. L'ambiance est meilleure que l'année dernière.

Propos recueillis par Razik Brikh

Photo : Fabrice Caterini
*Nombre de buts en championnat et en Ligue des Champions

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