Petit voyage forcément pittoresque à Sarkoland et Ségoland.
Pourquoi le bureau de vote 108 est-il le plus ségoliste de Lyon? Le 2 rue des Tables Claudiennes, dans le 1er arrondissement de Lyon, paraît tranquille ; en dehors des élections, c'est une école primaire. Au Fournil de Yaké, un client attaque direct : "Personne ne veut de la France de Sarko. Moi ici je suis un gone, en bas, je suis juste un nègre!". En face, Murielle tient une boutique équitable. Elle dénonce des méthodes violentes de "ces gens autoritaires qui veulent nous mener vers l'extrême-droite". Philosophe, le sculpteur Denis Rousseau : "La Croix Rousse vote toujours à gauche, comme Fourvière vote à droite". Au Brindezingue, on sonne le tocsin: "s'il passe, beaucoup de gens vont déménager !". Mais tout le monde paraît d'accord : c'est davantage un vote contre Sarko qu'un vote pour Ségo. "Ouaip", soupire Mireille la patronne, "beaucoup n'ont jamais voté et ils se réveillent d'un coup avec des idées politiques !". En tous cas quelque chose ne passe pas : le rendez-vous manqué du 5 avril. Sarko devait venir à la Croix Rousse, "il s'est défilé devant trente mômes qui manifestaient!". A la Maison d'Education Populaire, Catherine en rajoute une louche : "beaucoup de gens ici sont gauchistes, ils ont voté Royal pour ne pas revivre le 21 avril 2002". Sans enthousiasme donc. Mais comme un acte de résistance. On parle beaucoup des luttes récentes, des mobilisations contre les expulsions d'enfants sans papier. Des collectifs d'enseignants, des réseaux de militants très actifs dans lesquels les informations circulent et les idées s'échangent. Un vote de traboules.
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