TCL
Photo d’illustration © Romane Thevenot
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TCL : après les pannes, la révolution à Lyon ?

Le réseau TCL est confronté à une série de pannes inédite alors qu’en coulisses se prépare une révolution de palais. Le Sytral, bras armé de la Métropole sur les transports en commun, va découper le réseau en deux pour mettre en concurrence Keolis, l’opérateur qui gère le marché depuis près de trente ans.



La série noire des transports en commun lyonnais se poursuit. Après un mois d’octobre ponctué par des perturbations presque un jour sur trois dans le métro, celui de novembre n’a pas marqué un retour à la normale. Au contraire, les pannes ont continué, même si leur fréquence s’espace. Le réseau métro lyonnais, si fiable pendant des années, illustre désormais la loi de Murphy : “Tout ce qui est susceptible d’aller mal ira mal.” La guigne a commencé avec le métro B, automatisé durant l’été, et qui essuie les plâtres depuis. Les pannes ont gagné, comme par contagion, les autres lignes. “Un tiers des heures d’arrêt est dû au déverminage de l’automatisation du métro. Le deuxième tiers concerne le vieillissement du métro. En octobre, nous avons eu un black-out sur le centre de contrôle du métro et nous n’en avons pas de secours. Nous avons lancé la construction d’un PC de crise, mais il ne sera pas opérationnel avant six ou sept ans. C’est dommage que nos prédécesseurs ne l’aient pas fait. Je rappelle aussi que le dernier tiers des pannes vient d’incidents dus aux usagers”, décrypte Jean-Charles Kohlhaas, vice-président de la Métropole chargé des transports.



Ce tant pour tant mitonne une recette bien indigeste pour les usagers des TCL régulièrement bloqués dans une rame de métro, en retard au boulot ou en cours. Le timing de cette série d’incidents est d’autant plus fâcheux que la majorité écologiste de la Métropole de Lyon invite les Grands Lyonnais à laisser leur voiture au garage au profit des lignes de transport en commun. Ces avaries raturent le contrat de confiance sur la ponctualité des modes collectifs de déplacement. Et c’est un caillou dans le jardin de la majorité verte. Leur agacement se mesure d’ailleurs à l’aune de leur réaction. “La non-concurrence des TCL depuis trente ans fait que le délégataire, Keolis, s’est endormi. Il fait des choses plus molles notamment en matière de maintenance”, tance Jean-Charles Kohlhaas. À l’heure de pointer les responsables, Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon et du Sytral (le syndicat qui organise l’offre de transports en commun dans l’aire urbaine du Grand Lyon), se défausse sur l’opérateur du réseau Keolis. “Nous n’avons pas grand-chose à dire. La Métropole n’a aucune responsabilité. C’est vers Keolis qu’il faut se tourner”, glisse-t-on dans son entourage.


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