Renaud Payre, directeur de la campagne métropolitaine de Bruno Bernard, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
"Nous avons tenu bon", se défend Renaud Payre, vice-président de la Métropole de Lyon en charge du logement, à l'heure du bilan. "On peut sourire ou railler l’action qui a été la nôtre, mais si nous n’avions pas tenu bon sur la construction, si nous n’avions pas mis en place un plan d’urgence de 10 millions d’euros, si nous n’avions pas débloqué 7 000 logements et engagé toute une série d’opérations, je me demande ce que l’on pourrait nous reprocher. Oui, il y a eu une crise sans précédent. Aujourd’hui, il faut absolument trouver tous les moyens pour débloquer la construction", assure-t-il. Directeur de campagne du président écologiste sortant, Bruno Bernard, il veut amplifier l'action initiée depuis 2020 dans un prochain mandat : extension de l'encadrement des loyers et massification des BRS. "C’est une de nos grandes propositions : devenir propriétaire avec un remboursement mensuel équivalent à un loyer", promet Renaud Payre.
Le vice-président de la Métropole égratigne aussi la proposition du binôme Sarselli-Aulas de créer un deuxième tunnel routier sous Fourvière : "l’expression “faire sauter le bouchon” remonte à Michel Noir en 1989. Elle est toujours d’actualité, bien sûr, mais on voit bien que nous sommes dans un débat d’un autre temps. Ce n’est pas cela qu’il faut mettre en avant. D’abord, cela ne pourra pas fonctionner. Pourquoi ? Parce que seuls 15 % des usagers du tunnel de Fourvière l’empruntent pour du transit d’une ville à une autre. 85 % l’utilisent pour se rendre à Lyon. Ce n’est pas en sortant à Saint-Fons que cela répondra à leurs besoins".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Renaud Payre
Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Renaud Payre. Bonjour. Vous êtes vice-président de la Métropole en charge du logement, mais aussi directeur de la campagne de réélection de Bruno Bernard, candidat à la présidence de la Métropole de Lyon. C’est plutôt en cette qualité que nous vous avons invité, même si nous allons parler logement. Des annonces ont été faites avant les vacances sur le logement en vue d’un éventuel second mandat. Vous souhaitez élargir l’encadrement des loyers, là où la liste de Jean-Michel Aulas et de Véronique Sarselli souhaite le réduire, voire le supprimer. Pourquoi pensez-vous que l’encadrement des loyers peut être une bonne solution pour répondre aux problèmes du logement, qui apparaissent comme le problème numéro un à Lyon, ou en tout cas dans la Métropole ?
Non, ce n’est pas la bonne solution, c’est une des solutions. C’est une solution qui répond à la question du pouvoir d’achat. 80 % des Françaises et des Français, selon la Fondation pour le Logement, y sont favorables parce qu’ils savent très bien que c’est une mesure de pouvoir d’achat. Oui, nous voulons l’étendre aux communes de la première couronne, là où il y aura demain une tension liée à l’arrivée de lignes de transport en commun importantes. C’est une de nos propositions, au terme de cinq ans de fonctionnement de l’encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne.
Vous voulez aussi construire davantage, alors que c’était déjà une promesse faite il y a six ans. Vous aviez fixé un cap de 6 000 logements, qui est devenu un objectif, puis un cap, avant d’être oublié. Qu’est-ce qui fait que cette fois vous y arriverez ?
On peut sourire ou railler l’action qui a été la nôtre, mais si nous n’avions pas tenu bon sur la construction, si nous n’avions pas mis en place un plan d’urgence de 10 millions d’euros, si nous n’avions pas débloqué 7 000 logements et engagé toute une série d’opérations, je me demande ce que l’on pourrait nous reprocher. Oui, nous avons tenu bon. Oui, il y a eu une crise sans précédent. Aujourd’hui, il faut absolument trouver tous les moyens pour débloquer la construction.
Qu’est-ce qui fait que cette fois vous y arriverez davantage ?
D’abord, la conjoncture va redevenir plus favorable. Nous savons que la situation nationale évolue et que l’action engagée depuis 2020 commence à porter ses fruits. Je vous donne un exemple : en matière de logements sociaux, nous n’avons jamais autant financé et programmé qu’en 2025, avec plus de 4 300 logements sociaux, ce qui correspond à peu près à la trajectoire fixée en 2020. Nous avons des signes encourageants. Mais il faut se demander pour qui nous voulons construire. Nous voulons construire pour que tous les Grands Lyonnais aient des perspectives. C’est pour cela que nous faisons une proposition en matière d’accession à la propriété. Il nous semble important qu’une grande partie des Grands Lyonnais, et pas seulement trois sur dix comme aujourd’hui, puisse accéder à la propriété et bénéficier d’une forme de sérénité et de sécurité par le logement. C’est une de nos grandes propositions : devenir propriétaire avec un remboursement mensuel équivalent à un loyer. C’est le bail réel solidaire, le BRS, qui sera amplifié. Il concernera l’existant, notamment dans les immeubles du cœur de Lyon, mais aussi le neuf, avec des opérations 100 % en accession à la propriété. C’est l’ensemble de ces mesures que nous allons mettre en œuvre. Je crois que les promoteurs y sont favorables et je sais surtout que les Grands Lyonnais l’attendent. Le logement est une des priorités.
Des priorités de cette campagne des élections métropolitaines. L’autre priorité, sans les classer, ce sont les mobilités. Vos rivaux Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli ont annoncé vouloir faire sauter le bouchon de Fourvière en construisant un tunnel sous le tunnel existant. Est-ce pour vous une bonne nouvelle ? Allez-vous revivre une campagne similaire à celle de 2020, pour ou contre l’Anneau des sciences ? Une partie de l’entourage de Bruno Bernard et de Grégory Doucet disait : “S’ils vont sur le thème de la voiture, c’est formidable pour nous, on peut gagner l’élection.” Est-ce que vous accueillez cela comme une bonne nouvelle ?
Vous évoquez la campagne de 2020 et l’expression “faire sauter le bouchon”, qui remonte à Michel Noir en 1989. Elle est toujours d’actualité, bien sûr, mais on voit bien que nous sommes dans un débat d’un autre temps. Ce n’est pas cela qu’il faut mettre en avant. D’abord, cela ne pourra pas fonctionner. Pourquoi ? Parce que seuls 15 % des usagers du tunnel de Fourvière l’empruntent pour du transit d’une ville à une autre. 85 % l’utilisent pour se rendre à Lyon. Ce n’est pas en sortant à Saint-Fons que cela répondra à leurs besoins.
Ils passent par Lyon, mais certains veulent peut-être aller, par exemple, de Brignais… Cela ne répondrait pas à leur attente.
Pour les 85 % qui empruntent aujourd’hui le tunnel de Fourvière, deuxièmement, il faut parler du coût et du temps de livraison. On part sur 15 à 20 ans de travaux et sur 2 milliards d’euros d’investissement, évalués en 2026, et encore de manière approximative. Si vous ajoutez les 2 milliards du projet de métro ressorti des cartons, ainsi que les 2 milliards de la ligne portée par Jean-Michel Aulas, celle qui irait jusqu’à Meyzieu, cela fait 6 milliards d’euros d’investissements avant même le premier jour de mandat. Il faut donc qu’ils expliquent sur quoi ils comptent revenir : la réhabilitation des collèges, d’autres politiques de mobilité, ou encore la politique du logement, pourtant très attendue par les Grands Lyonnais.
C’est là la vraie question. J’en ai une autre. Puisque vous évoquiez Michel Noir en 1989, cela signifie que le problème est toujours là. Dans cette campagne, que proposez-vous pour régler ce problème, ou est-ce que ce n’est pas un problème pour vous ?
Il ne faut pas dire que ce n’est pas un problème. Il y a deux écoles. Celle qui dit qu’il faut absolument développer les transports en commun et trouver des solutions de mobilité pour l’Ouest, avec le projet de tram express, mais aussi pour le Nord, et pour l’ensemble de l’Est, notamment avec les lignes circulaires. Il faut aussi permettre à chacun, en fonction de son budget et sans grever son pouvoir d’achat, d’utiliser les transports en commun. Nous avons fait une proposition : la gratuité de l’abonnement pour les moins de 18 ans. C’est une vraie mesure de pouvoir d’achat pour les familles. À côté de cela, vous avez une mesure portée par la droite qui consiste à investir plus de 2 milliards d’euros, mais surtout à faire payer les Grands Lyonnais, puisqu’il y aurait un péage dans ce tunnel. Ce sont deux écoles totalement différentes. Ce sera aux électeurs de trancher. Nous sommes face à deux projets très distincts. Heureusement, car jusqu’à présent la campagne prenait une autre tournure, marquée par de fausses informations et des attaques ad hominem contre la majorité sortante. Aujourd’hui, on commence à voir apparaître des propositions, même si elles rappellent celles des années 1980.

De Greg ou Bruno qui sera le 1° sur la selle éjectable. Faudra chosir en 2026 !