Banderole en hommage à Quentin Deranque à Lyon. (@Guillaume Lamy)

"Il y aura un avant et un après" : À Lyon, 3 200 personnes défilent dans le calme avec l’ultra-droite en hommage à Quentin Deranque

La marche organisée en hommage à Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans décédé le 14 février, s’est finalement déroulée dans le calme ce samedi 21 février. 3 200 personnes étaient présentes à Lyon pour demander "justice".

La tension était palpable depuis plusieurs jours. Une semaine après la mort de Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans roué de coups le 12 février en marge d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po et décédé deux jours plus tard, Lyon était au centre de l’attention ce samedi, tant le contexte était explosif.

À l’appel d'Aliette Espieux, militante anti-IVG et de plusieurs groupuscules d'ultra-droite, la marche organisée en hommage au jeune homme s’est finalement tenue dans le calme en présence de 3 200 manifestants. Tous l’affirment : "Il y aura un avant et un après Quentin".

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La France Insoumise "complice"

Un hommage a d’abord été rendu à Quentin, fervent catholique, devant 300 fidèles au sein de l’église Saint-Georges, dans le 5e arrondissement, lors duquel le prête a appelé à "résister à la tentation de la colère et de la haine". "Nous prions pour que les juges et les responsables politiques ne soient pas comme Pilate et que justice soit rendue en vérité", a-t-il prêché. Les fidèles avaient ensuite rendez-vous à 15 heures dans le 7e arrondissement, où la sécurité était maximale, pour rejoindre le cortège avenue Jean-Jaurès.

Parmi les manifestants, des jeunes, des retraités, parfois des familles. "Ils nous qualifient tous de fascistes, mettent tout le monde "dans les mêmes draps"… C’est un peu facile. Regardez autour de vous les profils. Oui, il y a des nervis cagoulés qui n’ont rien dans la tête et tout dans les muscles. Ils défendent des idéologies qui ne sont pas les miennes, ni celles de la majorité des gens présents à cette marche", déclare ainsi un homme présent ce samedi.

Partis peu après 16 heures, les manifestants se sont lancés en direction de la rue Pré-Gaudry et de la rue Crépet, puis du boulevard Yves Farge, avant d’arriver rue Victor Lagrange, là où Quentin a été agressé. Si la colère n’a laissé place à aucun débordement, elle était présente dans chaque slogan scandé : "Antifas assassins", "LFI complice", "Jeune Garde en prison" ou "Arnault au cachot", en référence au député d’extrême gauche (LFI) Raphaël Arnault, ont par exemple été entendus.

Banderole lors de la marche pour Quentin Deranque à Lyon. (@Guillaume Lamy)

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Plusieurs groupes néofascistes présents, des flambeaux allumés

Bien que la famille de Quentin n’a pas participé à cette marche, ne souhaitant "aucune récupération", la présence de plusieurs groupuscules d’ultra-droite, néofascistes, et de militantes du collectif féministe identitaire Némésis, contraste avec leur volonté. Habillés de noir, masqués ou cagoulés pour la grande majorité, parfois hostiles à la presse, ces derniers n’ont pas hésité à afficher une grande banderole noire et blanche sur laquelle était lisible "Adieu camarade". Des flambeaux, symbole des mouvements d'ultra-droite, ont aussi été allumés à l’arrivée du cortège sur les lieux du drame.

Banderole de l'ultra-droite en hommage à Quentin Deranque à Lyon. (@Guillaume Lamy)

Un rassemblement éminemment politique donc, avec des manifestants martelant "il n’y a pas un centimètre carré de la France qui ne nous appartient pas. Nous sommes la France et nous la reprendrons à ceux qui essaient de nous la confisquer" ou encore "on est chez nous". Un autre assurant : "On va faire perdre la France Insoumise. On va reprendre ce pays". Les marcheurs se sont ensuite recueillis, genou à terre, sur les paroles de La Ligue noire, chant des fantassins lyonnais qui ont combattu la Convention à l’époque de la Révolution française. L'hommage a officiellement pris fin dans un recueillement quasi religieux peu après 18 heures.

Si les rares accrochages de l'après-midi ont été très rapidement maîtrisés, la préfecture du Rhône a annoncé ce soir avoir déposé trois signalements pour des saluts nazis et des propos racistes comme "sales bougnoules" et "sale race". Une personne a été interpellée en fin de cortège pour port d’arme.

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