Coline Rogé, cheffe de projet culture à la ferme du Vinatier, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
La ferme du Vinatier, service culturel de l'hôpital psychiatrique du même nom situé dans le sud-est de Lyon, dévoile une partie de ses collections à travers l'exposition "Lumière sur l'artothèque", visible jusqu'au 27 février. Cette rétrospective permet au grand public de découvrir des œuvres habituellement réservées aux services hospitaliers et aux partenaires culturels. "On a principalement des photographies mais on a également des gravures originales, on peut avoir des dessins, des peintures. On a aussi des peintures réalisées par des personnes qui les ont léguées à l'hôpital", explique Coline Rogé.
L'exposition rassemble des créations issues de nombreux projets développés au fil des années. Parmi les coups de cœur de la responsable, une photographie grandeur nature issue du projet Festum, réalisé avec la compagnie Les Transformateurs : "C'est une personne qui porte un masque de monstre [...]. J'aime beaucoup cette œuvre parce qu'elle peut faire peur et en même temps elle est étrangement familière."
Correspondances imaginaires : la prochaine exposition
À partir du 11 mars, la ferme du Vinatier accueillera l'artiste franco-italienne Mariangela Capossela pour l'exposition "Correspondances imaginaires". Le projet, déjà mené en Italie, propose de répondre à des lettres de patients datant d'il y a une centaine d'années et restées dans les archives. "On va proposer dès la semaine prochaine des ateliers d'écriture pour proposer des réponses à ces lettres", annonce Coline Rogé. Un travail sensible qui fait écho au passé psychiatrique du Vinatier tout en créant un dialogue contemporain.
Plus de détails dans la vidéo :
La retranscritpion complète de l'émission avec Coline Rogé :
Bonjour à tous, bienvenue dans l'émission 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, on va parler de culture, on va parler d'une exposition. Elle s'appelle Lumière sur l'artothèque, se tient du 15 au 27 février à la ferme du Vinatier et pour en parler nous recevons Coline Rogé qui est cheffe de projet culture à la ferme du Vinatier. Bonjour Coline Rogé.
Bonjour Éloi.
Merci d'être venue sur notre plateau. On va commencer d'abord par présenter ce qu'est la ferme du Vinatier. Est-ce que vous pouvez nous dire en quelques mots quel est ce lieu ?
Alors la ferme du Vinatier, c'est le service culturel de l'hôpital psychiatrique du Vinatier qui se trouve dans le sud-est de Lyon et c'est un lieu culturel qui est ouvert à tous et à toutes toute l'année.
Et alors merci pour cette précision. On vous invite pour parler de votre dernière exposition Lumière sur l'artothèque. Les dates, c'est jusqu'au 27 février à découvrir. Voilà, jusqu'au 27 février. Est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous montrez, quelle est l'idée, le principe de cette exposition ?
Alors le principe de cette exposition, c'est que depuis de nombreuses années on développe des projets qui souvent font l'objet d'expositions, donc de tirages photographiques notamment, et au fur et à mesure on a constitué une collection d'œuvres. On a décidé d'en sélectionner une partie pour les intégrer à notre artothèque. Donc cette Lumière sur l'artothèque, ça permet de découvrir une partie de tous les projets qui ont été développés depuis maintenant quelques années.
Voilà. Ça va être quel type d'objet ? Ça peut être des photos, ça peut être des peintures. Qu'est-ce que vous montrez, qu'est-ce que vous donnez à voir ?
Alors on a principalement des photographies mais on a également des gravures originales, on peut avoir des dessins, des peintures. On a aussi des peintures réalisées par des personnes qui les ont léguées à l'hôpital. On a vraiment une diversité de propositions, donc il n'y a pas de fil conducteur.
Oui, j'allais vous demander, mais comment est-ce que vous assurez une cohérence ? J'imagine que votre fonds, voilà, ça fait un certain nombre d'années qu'existe la ferme du Vinatier. Comment est-ce qu'on choisit ce qui vous semble pertinent et comment est-ce qu'on assure aussi une cohérence entre tout ce qui est donné à voir ?
Alors, dans l'artothèque, on va sélectionner des œuvres qui font sens en dehors du contexte, parce que dans une exposition, parfois on peut avoir des œuvres, mais bon, s'il n'y a pas l'explication à côté, on ne va pas comprendre de quoi il s'agit. Donc pour l'artothèque, on va sélectionner des œuvres qui font sens toutes seules, c'est-à-dire si on les regarde, on se dit « Ah, j'aimerais bien l'emprunter ». Et pour cette exposition, on va sélectionner des œuvres qui nous paraissent cohérentes et qui dialoguent les unes avec les autres, malgré le fait qu'elles soient issues de collections différentes.
D'accord. Et sur la genèse du projet, pourquoi est-ce que maintenant aussi, pourquoi est-ce que ça arrive maintenant, cette rétrospective, parce que ça l'est quand même, où vous revenez sur vos œuvres passées ? Il y a eu un moment, un déclic, un anniversaire ?
Alors, pas vraiment un anniversaire, mais plutôt la volonté de faire connaître tout ce travail qui s'est tissé. Il faut savoir que ces œuvres, elles sont empruntables. Elles sont empruntables en priorité par les services de l'hôpital pour égayer les murs des services qui souvent sont quand même un petit peu tristes. Elles peuvent être empruntées aussi par des partenaires culturels avec lesquels on travaille et l'idée c'était de donner à voir au grand public ces œuvres parce que généralement ce n'est pas le grand public qui peut les voir, c'est plutôt les partenaires ou les services.
D'accord, écoutez, on a une autre question quand même aussi qui est sur le coup de cœur. Est-ce que vous avez un coup de cœur personnel en toute subjectivité ? Je sais que c'est une question parfois difficile pour les personnes qui présentent des expositions, mais est-ce que pour vous il y a quand même un objet, un endroit dans votre exposition qui vous semble important à voir ?
Alors, il y a une œuvre que j'ai choisie, que j'aime beaucoup, qui est grandeur humaine, donc qui fait 1 mètre 80 par 90 centimètres de large, donc vraiment taille humaine. C'est une personne qui porte un masque de monstre et c'est une photographie qui est issue d'un projet qui s'appelle Festum, qui a été développé avec la compagnie Les Transformateurs il y a quelques années. J'aime beaucoup cette œuvre parce qu'elle peut faire peur et en même temps elle est étrangement familière. Ce monstre et la personne qui se cache derrière, ce sont des personnes qui ont participé, qui ont fabriqué cette réalisation.
Très bien, on arrive vers la fin de l'émission. Je crois que vous avez d'autres expositions qui vont bientôt démarrer. J'ai noté Correspondances imaginaires du 11 mars au 30 avril. Est-ce que vous pouvez nous en toucher un mot, bien que l'exposition n'ait pas encore commencé ?
Tout à fait, alors c'est notre prochaine exposition et c'est aussi un coup de cœur. On a rencontré une artiste franco-italienne qui s'appelle Mariangela Capossela, qui a travaillé pendant de nombreuses années en Italie sur les lettres qui étaient restées dans les dossiers de patients. Elle a fait tout un travail d'inventaire pour sortir ces lettres et proposer à des personnes d'aujourd'hui d'écrire des réponses. Ce sont des correspondances imaginaires puisque ce sont des lettres qui datent d'il y a une centaine d'années. Elle a fait ça dans toute l'Italie et aujourd'hui elle démarre ce travail en France. Elle commence par les archives départementales du Rhône qui conservent les archives du Vinatier, donc avec des courriers qui sont restés dans des dossiers patients du Vinatier. On va proposer dès la semaine prochaine des ateliers d'écriture pour proposer des réponses à ces lettres. Donc un travail qui s'entame en France et qui va faire écho à une exposition dont on a parlé, Correspondances imaginaires, dans laquelle on pourra retrouver des lettres, toutes les productions qui ont pu être faites en Italie et du coup en France.
Très bien, ça sera le mot de la fin. Merci beaucoup Coline Rogé d'être venue sur notre plateau.
Merci à vous.
Quant à vous, merci d'avoir suivi cette émission. Donc on le rappelle, Lumière sur l'artothèque jusqu'au 27 février et Correspondances imaginaires du 11 mars au 30 avril. Ça se passe à la ferme du Vinatier. Toutes les informations sur le site Lyon Capitale. Je vous dis à très bientôt.
