Dans cette épopée intime, peuplée de personnages typiques, l’écriture de Serge Valletti révèle une humanité pleine de pudeur, de secret et de bienveillance.
“Fallait au moins qu’on soit deux. J’ai une excuse, l’autre c’était mon père. Son fils.
– Tu es sûr, papa ? – Oui, elle m’a dit : “Cette ville que j’ai tant aimée !”
Alors, un jour d’août, au soleil, d’un bateau, avec mon père on a jeté ma grand-mère dans l’eau du Vieux- Port.”
Cet extrait tiré de la nouvelle de Serge Valletti, Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port, résume bien sa nature.
Histoires marseillaises
C’est un texte plein d’humour et de tendresse où l’auteur raconte le dernier hommage qu’il rendit à sa grand-mère avant de balancer ses cendres dans le Vieux-Port de Marseille.
Comme Marcel Pagnol à son époque, Robert Guédiguian dans ses films, Serge Valletti a ce don de nous faire vivre des histoires incroyables, et marseillaises. Drôles parfois tristes, toujours avec tendresse et émotion, mais jamais avec sérieux.
Nostalgie
À propos de ce texte souvent porté à la scène, Serge Valletti affirmait : “Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port est paru pour la première fois en 1995, il m’a conféré le titre honorifique d’auteur marseillais. Avant j’étais un Marseillais qui écrivait, après je suis devenu un écrivain qui était de Marseille.”
C’est aussi l’un des rares textes autobiographiques de Serge Valletti. Il y raconte l’histoire de sa famille, qui vécut pendant plus d’un siècle à Marseille, ville monde, populaire, multiculturelle depuis ses origines.
À travers ce récit familial, ce sont les souvenirs de chacun d’entre nous qui ressurgissent avec bonheur et nostalgie.
Mis en scène par Jordan Topenas, interprété par Louy Valy et Paul Valy, le texte a déjà été joué l’année dernière à la Comédie-Odéon. Il y est repris cette année. Une excellente occasion de voir (ou revoir) ce spectacle à la fois truculent et touchant.
Pourquoi j’ai jeté ma grand-mère dans le Vieux-Port – Du 27 mai au 6 juin à la Comédie-Odéon
