Personnalité sulfureuse pour l’unique raison qu’elle est une femme qui aspire à vivre de son art dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, Ann Ford aime chanter en s’accompagnant elle-même aux verres musicaux, à la viole de gambe ou encore à la guitare anglaise.
Ayant bénéficié d’une éducation supérieure à la moyenne, cette grande lectrice maîtrisant cinq langues étrangères et jouant de plusieurs instruments à cordes pincées ou frottées se lie naturellement aux grands musiciens de son époque, Carl Friedrich Abel et Johann Christian Bach mais également au peintre Thomas Gainsborough – à qui l’on doit un portrait polémique d’elle croisant les jambes “comme un homme”).
Si ce parfum de scandale ainsi qu’une attirance pour les instruments curieux et non conventionnels lui valent le succès un temps, celui-ci sera bref et, remplacée par d’autres adoptant son style, Ann Ford tombe dans l’oubli.
C’est autour de ses compositions ainsi que celles de ses contemporains (Abel, Arne, Haendel, J.-C. Bach) que l’ensemble La Rêveuse a bâti ce très beau programme qui contribuera à réhabiliter l’une de ces nombreuses musiciennes injustement oubliées par la postérité.
Ann Ford – La Rêveuse – Jeudi 2 avril à 20 h à la chapelle de la Trinité

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