Fleury Di Nallo, légende et meilleur buteur de l'Olympique Lyonnais est décédé ce mercredi à l'âge de 83 ans. Portrait d'un Lyonnais qui aura marqué l'histoire de son club et plus généralement du football français.
Une légende tire sa révérence. Fleury Di Nallo, surnommé par tous les amoureux de l'Olympique Lyonnais "le petite prince de Gerland", du nom du stade qui l'a fait roi et du quartier qui l'a vu grandir, est décédé ce mercredi à l'âge de 83 ans.
Joueur rusé, habile sur les déviations et bon dribbleur avec son N.10, il aura été, dans les années 60, le premier joueur emblématique de l'OL. 80 ans plus tard il demeure le meilleur buteur du club rhodanien avec 222 buts, dont un seul marqué de l'extérieur de la surface de réparation et aucun sur penalty, en 489 matches disputés entre 1960 et 1974.
"Je suis heureux de savoir que je ferai toujours partie de l'histoire du club, que je resterai le prince de ce stade et le meilleur buteur de l'OL", avait-il déclaré au journal So Foot en 2015 peu avant que l'Olympique lyonnais ne quitte Gerland et son stade pour Décines-Charpieu et le Groupama Stadium. "Je ne pense pas que mon record sera un jour battu. Donc, je peux mourir tranquille, même si cette histoire se termine", disait-il alors. Jusqu'à sa mort en ce mois de mai 2026 seul Alexandre Lacazette, autre joueur emblématique du club des années 2010 et 2020 s'est rapproché de son record, terminant sa carrière à l'OL avec 201 buts.
Avec l'OL, Fleury Di Nallo remporta trois coupes de France (1964, 1967, 1973) et disputa deux finales (1963, 1971). Il avait également atteint la demi-finale de la Coupe des coupes (1964). Il aurait certainement dû obtenir plus de dix sélections en équipe de France entre 1962 et 1971 (8 buts) mais son élan fut brisé à 25 ans par une fracture de la jambe gauche en septembre 1968 qui l'écarta des terrains pendant dix mois. Il reconnaissait lui-même n'être "jamais revenu à son niveau malgré de très bons matchs" après ce coup d'arrêt.
Des débuts à 17 ans à l'OL
Dernier d'une fratrie de quatre garçons d'une famille d'immigrés italiens, Fleury, né à Lyon le 20 avril 1943, se forma à l'école de la rue. Repéré au Rhône-Sportif, club basé à Gerland où il signa sa première licence à quatorze ans, il débuta en professionnels dès l'âge de 17 ans, le 20 août 1960 à Reims. Son surnom dont il se disait très fier - "le petit prince de Gerland, ce n'est pas rien" - lui avait été attribué par un journaliste de l’Équipe mais ses amis l'appelaient "la Fleur".
A l'Olympique lyonnais, en début de carrière, il forma un premier trio, redoutable, avec Angel Rambert et Nestor Combin jusqu'en 1965 puis de 1969 à 1974 celui des lutins (il mesurait lui-même 1,67 m) avec Serge Chiesa et Bernard Lacombe avec lequel il resta très lié. Ce dernier, décédé en juin dernier, considérait Fleury Di Nallo comme un grand frère à l'OL. En novembre 1974, en baisse de forme, il commit ce qu'il qualifia "d'erreur de sa vie" en signant au Red Star, pour retrouver Combin, sans pouvoir empêcher la relégation du club en D2.
En 1975, à seulement 32 ans, il signa en division d'Honneur à La Paillade Montpellier présidée par le jeune Louis Nicollin, rencontré à Lyon, et contribua à l'accession du club en D3 (1975-1977).
Il devint ensuite recruteur puis directeur sportif à Lyon (1977-1983) où il dénicha entre autres Laurent Fournier, Rémi Garde ou encore Jean Tigana. Après quelques ennuis judiciaires en 1987, il s'occupa des jeunes pour Montpellier avant de rentrer définitivement à Lyon, sa ville, pour passer sa retraite, en étant assidu aux matches de l'OL, son équipe de toujours.
