Givors : l'école Picard-Liauthaud, pionnière dans l'éducation à la vie affective et relationnelle

Alors que les cours d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) sont obligatoires depuis la rentrée scolaire 2025, l’école élémentaire Picard-Liauthaud de Givors s’impose comme une pionnière. L’établissement propose en effet déjà ces cours depuis cinq ans. 

Depuis la loi du 4 juillet 2001, une information et une éducation à la sexualité doivent être dispensées de manière progressive, mais elles ne sont entrées qu’officiellement dans les programmes scolaires depuis la rentrée 2025. Dans les faits, le programme d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) prévoit un minimum de trois séances annuelles et peuvent aborder le thème des violences, la connaissance de son corps ou encore l'identification des différents types de sentiments. D'autres séances peuvent aussi s’imbriquer avec d’autres axes du projet éducatif.

À Givors, l’école élémentaire Picard-Liauthaud est l’une des premières à avoir instauré ces thématiques dans ses cours il y a cinq ans. C’est à l’occasion de la quatrième séance de l’année que la rectrice de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Anne Bisagni-Faure, s’est rendue dans l’établissement scolaire du sud lyonnais ce mardi 12 mai pour faire un point d’étape.

Un cours sur le thème des violences

Le thème des violences a ainsi été exploré avec les 21 élèves de CM1 et CM2, ces derniers participant activement à l’identification des différentes formes de violence. Tour à tour, les élèves évoquent la violence sous toutes ses formes : violences physiques, violences psychologiques, violences sexuelles. Magali Tell, enseignante, insiste : "Tout acte de violence est puni par la loi."

L'enseignante et la directrice de l'établissement, Laure Clerc, rassurent et déculpabilisent les enfants, les assurant qu'ils sont toujours les victimes. "C’est le cerveau qui fonctionne comme ça, ce n’est pas la faute de l’enfant, jamais", affirme Magali Tell lors d’un exercice où l’on voit un enfant choqué suite a une violence sexuelle. Elle explique qu’il est normal de ne pas être capable de réagir tout de suite.

Elle demande alors quelles sont les choses que l’on peut faire si on a vécu une violence. Les mains se précipitent en l’air, les réponses fusent : appeler le 119 (le numéro national d’appel de l’enfance en danger), ou encore en parler à un adulte de confiance sont des solutions proposées. Ici, ces sujets sont habituels des enfants, en pleine confiance pour en parler.

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"Ça nous donne confiance dans la suite du déploiement du programme EVAR"

Après avoir assisté à cette séance, la rectrice confie : "Ça nous donne confiance dans la suite du déploiement du programme EVAR". La participation active et sans complexe des élèves a semblé convaincre de l'efficacité du programme. Instaurer un cadre sécurisant permet aux élèves de s'exprimer avec aisance. Selon les mots de Céline Gascoin, enseignante du pôle ressource de la circonscription, au moins un élève confie chaque année avoir été victime de violences.

Avec cette confiance nouée entre professeurs et élèves, l’école élémentaire Picard-Liauthaud pourrait bien dessiner le futur possible dans toutes les écoles de France d'ici quelques années.

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