Littérature : Anne Berest, au nom du père…

On se souvient du grand succès rencontré par Anne Berest avec son sixième roman, La Carte postale (prix Renaudot des lycéens en 2021). Elle y retraçait la trajectoire tragique de sa branche maternelle, les Rabinovitch, juifs de Russie exilés en France pour fuir l’antisémitisme. Qui périrent tous à Auschwitz, en 1942, à l’exception de sa grand-mère Myriam. 

La démarche est sensiblement la même pour son nouveau roman, Finistère. C’est aussi une enquête familiale, mais cette fois l’écrivaine se penche sur sa branche paternelle. Ce qui l’amène dans le Finistère, au cœur des terres toujours sauvages du côté de Saint-Pol-de-Léon. 

Elle remonte la lignée familiale jusqu’à son grand-père Eugène, forte tête et créateur d’une des toutes premières coopératives, au début du siècle dernier, pour défendre les paysans bretons, cultivateurs d’artichauts. 

Elle se penche aussi sur son fils (son grand-père donc) également prénommé Eugène. Étudiant en classe préparatoire au lycée Henri-IV (à Paris) qui ratera son examen mais fera partie d’un mouvement de résistance aux occupants nazis. 

Mais l’homme qui l’intéresse encore davantage, c’est son père, Pierre. Qui fut un grand scientifique, ancien chercheur du Laboratoire de mécanique des solides qu’il dirigea de 1990 à 2001. Mais aussi, dans sa jeunesse, militant de la Ligue communiste révolutionnaire, notamment durant les événements de Mai 1968. Leur relation est tissée de silences, de non-dits difficilement brisés par les entretiens qu’elle a avec lui dans la perspective d’écrire son livre. Il est atteint d’un cancer dont il ne réchappera pas. Le roman, qu’il ne lira pas, lui est adressé.

Finistère – Anne Berest, éditions Albin Michel, 432 p., 23,90 €.

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