Sweat baby sweat, de Jan Martens © Klaartje Lambrechts

Festival de danse "Sens Dessus Dessous" : dix ans de danse engagée

Le festival de danse Sens Dessus Dessous fête sa dixième édition et propose, comme à son habitude, des écritures chorégraphiques multiples et audacieuses.

Hasard du calendrier, le festival Sens Dessus Dessous, imaginé par Dominique Hervieu lors de son arrivée à Lyon, fête ses dix ans au moment même où elle quitte la direction de la Maison de la danse.

On sait cependant qu’elle a concocté l’édition 2023, en attendant de voir ce qu’il deviendra par la suite. Dans la même lignée que la précédente, cette édition comporte néanmoins une rencontre au sommet entre une jeune prodige de la danse contemporaine Kaori Ito et Yoshi Oïda – acteur fétiche de Peter Brook, âgé de 87 ans – qui déploient un duo magistral inspiré d’une pièce du théâtre Nô Aya no Tsuzumi et de son adaptation par Yukio Mishima.

Au total, huit compagnies sont à découvrir, notamment deux chorégraphes masculins dont l’écriture illustre ce que l’on aime dans la danse : une pensée sociale et politique portée par l’intensité et l’engagement des corps.


Corps à corps puissants, parfois au bord de la transe


Le premier, Youness Aboulakoul, est un artiste marocain qui explore, à travers un travail scénique plastique, la notion de frontières à la fois géographiques et entre les hommes, les conflits et la violence qu’elles engendrent dans nos sociétés mais aussi dans nos corps ; le deuxième, Adi Boutrous, jeune figure de la danse israélienne, propose une pièce avec quatre hommes en lutte – dans des corps à corps puissants, parfois au bord de la transe – contre les codes de la domination masculine.

Adi Boutrous © Ariel Tagar

On retrouve Jan Martens, représentant de la nouvelle vague belge, avec un duo qui déjoue les clichés de l’amour et durant lequel les deux interprètes restent collés l’un à l’autre, et Alan Lucien Øyen, un chorégraphe norvégien ayant travaillé pour le Tanztheater Wuppertal Pina Bausch, qui décrit avec une remarquable théâtralité les méandres des relations humaines.

À chaque édition, le public est invité à découvrir des talents de la région, ainsi deux jeunes chorégraphes présenteront au studio Jorge Donn leur pièce en cours de création : Jeanne Brouaye avec À voix et à mains nues, conçu comme un rite chorégraphique, plastique et musical sur la réappropriation des savoirs et de nos imaginaires et Maëlle Reymond avec Éclats, un solo où elle joue sur les oppositions et les contraires, rendant la performance incertaine.


Festival Sens Dessus Dessous – Du 1er au 12 mars à la Maison de la danse, Lyon 8e


 

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