Notre sélection dans les galeries et musées lyonnais.

Le CHRD Lyon (Centre d’histoire de la résistance et de la déportation) pose, à travers le prisme du jeu et du jouet, un regard sur la manière dont la Deuxième Guerre mondiale a fait irruption dans la vie des enfants. Et trouve ici un moyen délicat d’aborder cette période auprès du jeune public !
L’exposition révèle au travers de jeux, dessins et peluches qu’ils ont malgré tout continué à jouer, à en inventer même, faute de moyens pour en acheter.
Ces objets du quotidien sont aujourd’hui la mémoire d’un contexte historique, on découvre ainsi que certains étaient fabriqués en détention ou en déportation tandis que les enfants les serraient dans leurs bras lors d’exodes tragiques pour trouver du réconfort. Également que le régime de Vichy faisait la promotion de certains jeux à des fins de propagande alors que Philippe Dehan, le cuisinier de la colonie des enfants d’Izieu exterminés à Auschwitz en 1944, utilisant le principe de la lanterne magique, créait des spectacles joyeux et cinématographiques avec eux. À ne pas rater ! (La Guerre en jeux, jusqu’au 7 juin).

Le Goethe-Institut Lyon accueille l’artiste allemande Susanne Kriemann avec Lupin, fougère, genêt - Paysages post-nucléaires : une radiographie qui traite des conséquences de l’exploitation minière de l’uranium, ici dans le Limousin dont les anciennes zones minières sont aujourd’hui parsemées de lacs artificiels, abritant de nombreuses plantes comme les lupins, fougères et genêts. L’artiste a prélevé des échantillons de plantes et de sols contaminés, posés ensuite sur du papier photo et éclairés au flash d’un smartphone pour révéler les effets de la radiation et les métamorphoser en une mémoire vive de la dégradation des paysages par l’homme (jusqu’au 28 avril).

La galerie Autour de l’image propose Hommage à Francis Bacon conçu comme un dialogue entre huit artistes et Bacon. Figure majeure de l’art du XXe siècle, peintre de la tension et de la chair, il a créé une œuvre marquée notamment par l’usage de la couleur qui, sans jamais être décorative, structure l’image, contraint l’espace, enferme les corps et intensifie la violence émotionnelle. Avec la couleur comme fil conducteur et au travers de dessins, peintures et gravures, les artistes témoignent de la vitalité d’un héritage toujours vivant (jusqu’au 28 mars).

Peintre lyonnais, Robert Baret est à l’honneur à la galerie Mémoire des arts avec Série noire, une série de soixante-quatre portraits réalisés à la peinture acrylique sur papier kraft dans un style très réaliste à dominante noire : “Robert Baret tape dans le dur. Il peint ‘à l’os’, dit la commissaire Paule Martigny. C’est brut. Ses coups de pinceau sont posés avec vivacité. Sa facture est rapide en larges touches. L’impact fort de l’expression est traduit sans concession, accentué par des noirs puissants, la lumière blanche donnant un relief cru aux formes. Et dans le même temps, son empathie naturelle habille ses sujets.” Autant de portraits qui montrent des personnages de la Croix-Rousse, du Brésil, de Russie, de Villeurbanne, du Maroc, comédiens, danseuses, barman, infirmière, kiné… des modèles à temps plein ou de passage (jusqu’au 21 mars).
