Des Nuits de Fourvière sous le signe de la danse

Pourtant, cette année, au milieu de spectacles grand public comme West Side Story et Maliphant/Guillem, on a enfin le bonheur de voir Sasha Waltz, chorégraphe allemande peu programmée à Lyon, sans oublier les vibrants et puissants tambours japonais de Kodo, dans une mise en scène très chorégraphiée !

Et ça commence fort, avec la célèbre comédie musicale West Side Story qui fête ses 50 ans, avec 65 artistes, danseurs, chanteurs, musiciens réunis pour une recréation spéciale "anniversaire", fidèle au génie du chorégraphe Jerome Robbins, sur une musique signée Bernstein. Monument inspiré de Roméo et Juliette, avec ses airs tels America, Maria ou I feel pretty, ce spectacle était le fruit d'une rencontre inédite entre deux artistes qui, à l'époque, avaient introduit une grande modernité dans l'histoire du théâtre musical. Tous deux souhaitaient, notamment, que la danse et la musique portent la narration au même titre que les dialogues, une occasion d'accroître la force de la dramaturgie dont on imagine déjà la résonance dans ce magnifique lieu qu'est Fourvière. Le deuxième spectacle sera celui des tambours japonais de Kodo (qui signifie "battement de cœur" et "enfant du tambour"), une troupe qui, depuis 20 ans, préserve et réinvente l'art des percussions traditionnelles du Japon. Ekkyo, leur nouvelle pièce, s'annonce impressionnante par l'utilisation de toute la richesse des "Taiko", les plus petits instruments à percussions qui vont jusqu'à l'apothéose, avec l'autre l'instrument "l'O-Daiko", roi du tambour. On entend déjà leur puissance souffler sur le théâtre de Fourvière.
Engagement et passion
On découvrira par la suite Didon et Enée, opéra de Purcell qui marque les retrouvailles avec le public lyonnais de Sasha Waltz, chorégraphe sans doute trop incorrecte pour être programmée plus souvent à Lyon. Sa manière brute et parfois douloureuse de mettre les corps au service d'une réflexion politique peut heurter, et ce fut le cas notamment pour Korper, évoquant la shoah ou Zweiland, inspiré de la réunification allemande. C'est la première fois qu'elle crée un spectacle musical dansé par sa compagnie, avec sur scène l'Orchestre de l'Akademie Für Alte Musik et les Chœurs du Vocalconsort de Berlin. Pour cet opéra baroque et mythique qui retrace l'amour de Didon et Enée et sa fin tragique, la chorégraphe a fait le pari d'une mise en scène où l'eau et le feu portent leur passion et où les chanteurs auront un engagement physique égal à celui des danseurs. Le dernier spectacle, quant à lui, reflète l'histoire d'amour installée entre le public, Sylvie Guillem et Russel Maliphant que l'on retrouve à nouveau, aux côtés cette fois-ci, du metteur en scène Robert Lepage. A eux trois, ils interprètent Eonnagata, titre dont l'origine se trouve dans l'alliance du nom du Chevalier Eon, célèbre espion de Louis XV travesti en femme et de l'Onnagata, qui désigne la qualité de l'acteur jouant un rôle de femme dans le théâtre japonais Kabuki. Conçue en trois actes, cette pièce évoque les trois âges du personnage et sera l'occasion d'aimer à nouveau la grâce de Guillem et la masse corporelle de Maliphant. Dans cette atmosphère où se mêlent arts martiaux japonais et chinois, textes et danse, on attend avec impatience de découvrir le travail d'orfèvre de Michael Hulls sur les lumières et à qui son fidèle compagnon de scène, Russel Maliphant, doit en partie sa réussite.

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