Chloé Cruchaudet  © Chloé Vollmer

Chloé Cruchaudet : des récits historiques qui ouvrent la voie à l’imaginaire

Des studios d’animation au succès en bande dessinée, à travers notamment des récits historiques et d’exploration, l'autrice lyonnaise revient avec Home Sweet Home, une réflexion sur l'habitat, révélateur de notre monde intérieur. Portrait.

Née à la Croix-Rousse, Chloé Cruchaudet, après des études d’architecture avortées, s’inscrit à l’école Émile-Cohl, où elle enseigne aujourd’hui. Elle travaille d’abord, pendant dix-huit années, dans des studios d’animation parisiens, sur des projets comme Ernest et Célestine ou la série Avez-vous déjà vu.. ? d’Alain Chabat.

Puis en 2008, elle concrétise son rêve et sort sa première BD qui décroche le prix Goscinny. Groenland Manhattan est basée sur l’histoire vraie de l’Esquimau Minik et sa famille, ramenés de force aux États-Unis. “Cette histoire pleine de zones d’ombre s’apparentait à mener une enquête comme un détective et m’a beaucoup amusée”, explique Chloé Cruchaudet.

En 2016, à la naissance de sa fille, elle retourne vivre à Saint-Didier-au-Mont-d’Or, le village de son enfance, même si elle avoue garder un grand attachement pour la Croix-Rousse où elle pratique le modèle vivant mais également la céramique dans le Vieux-Lyon.

Vient ensuite le travail sur la série Ida qui conte, en trois tomes, l’histoire d’une aventurière voyageant en Afrique à la fin du XIXe siècle, puis la Croisade des innocents, récit, inspiré de faits réels au Moyen Âge, d’une troupe d’enfants partis délivrer le tombeau du Christ et se transformant en une bande de voyous.

Home Sweet Home : un nouvel opus pour la rentrée littéraire

Mais, Mauvais Genre, qui lui permet de remporter de nombreux prix critiques, reste son best-seller. Le point de départ est aussi un fait historique : la BD retrace les péripéties d’un couple dont l’homme, Paul Grappe, pendant la Première Guerre mondiale, se travestit en femme pour se cacher des autorités et contre toute attente prend goût à ce nouveau statut. “J’aime faire des livres qui explorent les paradoxes, la complexité et apportent des bribes de réponse. Mauvais Genre est basé sur un essai historique La Garçonne et l’Assassin”, commente Chloé Cruchaudet. “Le diptyque sur Céleste Albaret m’a aussi beaucoup amusée”, continue l’autrice. Il conte les dix dernières années et la drôle d’intimité qui se crée entre Marcel Proust et sa servante.

Home Sweet Home relate l’histoire de trois personnes, avec leur fragilité immobilière © Futuropolis

Pour cette rentrée, c’est un ouvrage un peu différent que livre Chloé Cruchaudet : Home Sweet Home relate l’histoire de trois personnes, avec leur fragilité immobilière. “C’est une réflexion sur l’architecture, sur ce que c’est que de se sentir chez soi. Ce livre fait l’apologie de ce qui est manuel, je suis naturellement revenue à des techniques traditionnelles, comme le fusain et des traits au stylo-bille, avec peu de retouches numériques. Je viens d’une famille de gros bricoleurs qui a mis la main à la pâte pour améliorer ses conditions de logement. Ce livre est aussi un beau sujet philosophique, sur la psychologie de l’habitat et comment le penser autrement. J’adore aller chez les gens et découvrir comment ils vivent, voir comment on peut s’accaparer l’espace de manière différente”, conclut Chloé Cruchaudet.

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut