Bruno Bernard lors du 1er tour des Municipales 2026 à Lyon . @William Pham

Sénatoriales dans le Rhône : après la défaite de la gauche, Hélène Geoffroy règle ses comptes avec Bruno Bernard

Avec un seul sénateur élu, la gauche et les écologistes perdent un siège par rapport à 2020. Plusieurs responsables socialistes dénoncent la candidature dissidente de Bruno Bernard, qui n’a pas obtenu de siège.

Dans le Rhône, les grands perdants des élections sénatoriales sont, sans aucun doute, à gauche. Si Thomas Dossus conserve son siège au Sénat, Hélène Geoffroy, deuxième sur la liste d’union "Agir pour le Rhône" n’a pas été élue. La liste a recueilli 625 voix, soit 16,86 % des suffrages exprimés. Dans le même temps, l’ancien président écologiste de la Métropole de Lyon Bruno Bernard, candidat sur une liste dissidente, a obtenu 299 voix mais aucun siège. La gauche recule en comptant un sénateur de moins qu’en 2020.

Hélène Geoffroy lance une pique à Bruno Bernard

Hélène Geoffroy n'a pas mâché ses mots concernant Bruno Bernard : "un homme leader politique qui refuse d'accepter une défaite électorale et qui remet la faute sur deux femmes". Des mots forts, prononcés pendant le conseil métropolitain de ce lundi 28 septembre, qui illustrent parfaitement les tensions autour des élections à gauche.

La Fédération socialiste du Rhône s’en prend également à l'ancien président. Dans un communiqué intitulé "Les caprices de Bruno Bernard coûtent deux sièges à l’union de la Gauche et des écologistes", le PS estime que sa candidature a contribué à empêcher l’élection d’Hélène Geoffroy. "La candidature écologiste dissidente de Bruno Bernard a affecté le rassemblement de la Gauche", dénonce la fédération, qui affirme que celle-ci a "capté des voix qui auraient pu permettre l’élection d’Hélène Geoffroy". "En politique, la rancœur n’est jamais bonne conseillère", conclut la fédération socialiste.

Un avis partagé par les élus de Lyon Humaniste Sociale et Écologique (LHSE). Dans leur communiqué, ils mettent en avant les 625 voix obtenues par la liste d’union et les 299 voix de la liste menée par Bruno Bernard. "Réunies, ces voix auraient suffi à envoyer deux sénateurs de gauche au Palais du Luxembourg !". Ils estiment que Bruno Bernard "porte toute la responsabilité" de cette situation.

"La division affaiblit la représentation de la gauche"

Pour Cédric Van Styvendael, maire socialiste de Villeurbanne, le goût est aussi amer. "La division des candidatures a pesé sur le résultat de ce scrutin. Elle affaiblit la représentation de la gauche au Sénat", estime-t-il. L’élu villeurbannais estime que ce résultat doit pousser les différentes formations de gauche et écologistes à tirer les conséquences de cette séquence. "Ce résultat illustre une nouvelle fois l’impasse que représentent les divisions et les stratégies solitaires", affirme-t-il.

De son côté, LHSE assure vouloir continuer à défendre une union de la gauche dans le Rhône. "L’union n’est pas une posture de campagne. C’est une discipline, et elle vaut surtout quand elle coûte", écrivent les élus, en référence à la Présidentielle de 2027. Ambiance.

À noter que le scrutin a également été marqué par l’entrée historique de LFI au Sénat, avec l’élection de Gabriel Amard dans le Rhône.

Les sept nouveaux sénateurs du Rhône : Sébastien Michel, Catherine Di Folco, Christophe Guilloteau, Bernard Fialaire, Serge Bérard, Thomas Dossus et Gabriel Amard.

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