Sur la base des résultats du premier tour, Lyon Capitale a testé plusieurs projections en nombre de sièges et le scénario d’une Métropole de Lyon sans majorité absolue paraît le plus probable.
Si Grégory Doucet jubilait, ce dimanche soir, après le premier tour des élections municipales, Bruno Bernard, président écologiste de la Métropole de Lyon, a vécu une soirée beaucoup plus compliquée. La circonscription Porte des Alpes a été conservée dès le premier tour par Les Républicains. Lônes et Coteaux, gagnée en 2020, devrait être perdue dimanche prochain.
A ce stade, la droite menée par Véronique Sarselli a déjà gagné quatre circonscriptions et est en position de force dans trois autres. Au soir du second tour, les camps Grand Cœur lyonnais et écologistes pourraient se partager sept circonscriptions chacun. Sans atteindre la barre des huit territoires gagnés, aucune majorité absolue ne sortira du second tour. Pour être majoritaire, un camp doit obtenir 76 des 150 sièges en jeu.
D’après nos projections, il manquerait trois sièges à Véronique Sarselli (73) et cinq à Bruno Bernard. Le probable groupe de six conseillers métropolitains RN pourrait faire et défaire des majorités. L’identité du prochain président ou présidente de la Métropole de Lyon devrait se décider, en grande partie, dans la circonscription Rhône Amont. Si la socialiste Hélène Geoffroy venait à faire alliance avec les Insoumis, scénario qui ne ravit aucun des deux camps, Bruno Bernard pourrait espérer rempiler. Si la gauche ne parvient pas à s’unir, Grand Cœur lyonnais pourrait remporter la circonscription et obtenir la majorité absolue au conseil métropolitain.
Les écologistes pour obtenir la majorité doivent eux conserver Rhône Amont et gagner cinq circonscriptions à Lyon. Quatre victoires lyonnaises semblent assurés. A Lyon Ouest et Lyon Nord, les candidats de Bruno Bernard sont en ballottage défavorable même en cas d’alliance avec les Insoumis. Dans ces deux circonscriptions, ce sont les électeurs du RN et de Reconquête qui ont les clés du scrutin. Une union des droites dans le secret de l’isoloir validerait les victoires des candidats Grand Cœur lyonnais, alors même que les têtes de liste dans ces deux circonscriptions sont issus des rangs Collomb : Yann Cucherat et Sarah Peillon.
Les quatre scénarios
Lyon Capitale sur la base des résultats du premier tour a réalisé des projections de siège dans quatre scénarios.

Il s’appuie sur une union de la gauche dans la circonscription Rhône Amont qui donnerait la victoire aux écologistes de Bruno Bernard. Ce dernier n’aborderait toutefois pas le troisième tour avec une majorité absolue, pas plus que Véronique Sarselli. Cette hypothèse induit la possibilité d’une Métropole de Lyon paralysée pendant la durée du mandat. Toutes les délibérations devront faire l’objet de compromis. A moins que des alliances de troisième tour, comme en 2001 et en 2014 au bénéfice de Gérard Collomb, ne permettent de trouver une majorité de compromis avec une poignée d’élus de gauche scellant un accord de gouvernance avec la galaxie Coeur lyonnais.

Ce scénario teste une défaite de la gauche dans la circonscription Rhône Amont où Hélène Geoffroy et les Insoumis n’auraient pas scellé d’alliance. Il intègre, en revanche, une victoire de Sandrine Runel dans la circonscription Lyon Nord qui paraît plus favorable à l’union de la gauche que la circsonscription Lyon Ouest. Véronique Sarselli et Grand Coeur lyonnais gagnerait un siège dans l’affaire, sans toutefois être majoritaire. Il manquerait alors deux sièges.

Cette troisième hypothèse permet de dégager une majorité absolue pour les listes Grand Coeur lyonnais (79 sièges). Elle repose sur une victoire dans la circonscription Rhône Amont profitant d’une désunion de la gauche et dans deux circonscriptions lyonnaises.

Pour obtenir une majorité absolue à la Métropole de Lyon, Bruno Bernard doit gagner huit circonscriptions. C’est l’objet de ce quatrième cas de figure. Il inclut en plus de quatre circonscriptions lyonnaises, de Villeurbanne et de Portes du sud des victoires à Lyon Nord et Rhône Amont, avec ou sans alliance avec les Insoumis. Ce scénario inclut aussi qu’à Villeurbanne, le probable futur conseiller métropolitain de centre-gauche Didier Vuillerme intègre le bloc gauche. Toutes les planètes seraient alors alignés pour le président sortant. Mais dans cet hypothétique second mandat de Bruno Bernard, il devrait composer avec une majorité insoumise à tous les sens du terme. Là où il peut aujourd’hui compter avec ses alliés socialistes et communistes d’une majorité absolue, il devrait pendant sept ans composer avec un groupe Insoumis qui aurait une minorité de blocage. Sa majorité absolue serait donc très relative.
