Le maire de Caluire-et-Cuire Bastien Joint a salué la décision de l'Assemblée nationale de supprimer les ZFE. L'élu évoque "un tournant majeur."
Après la déclaration de Véronique Sarselli sur la suppression des zones à faibles émissions qui saluait "la fin d'un dispositif injuste", c'est au tour de Bastien Joint de féliciter la décision prise par l'Assemblée nationale. Le maire réélu de Caluire-et-Cuire, a parlé "d'un tournant majeur" qui "vient clore un combat que nous avons été parmi les premiers à mener." Il rappelle que sa commune a été parmi les premières de l’agglomération à entrer dans le dispositif ZFE pour les professionnels, afin d'éviter les phénomènes de trafic de transit. L'occasion pour lui d'adresser un tacle à ses adversaires insoumis et écologistes qui avancent "à marche forcée, sans prendre en compte les réalités vécues par nos habitants."
"Nous n'avons jamais été contre l'écologie"
Tout en défendant son point de vue sur les ZFE qu'il juge comme étant une "zone de forte exclusion", instaurant un "délit de pauvreté pour celles et ceux qui n’avaient tout simplement pas les moyens de changer de véhicule", Bastien Joint a mesuré ses propos en rappelant que son camp n'avait "jamais été contre l'écologie." Celui qui est également vice-président de la Métropole de Lyon délégué à l'agriculture assure tout de même avoir "toujours refusé une écologie punitive, qui stigmatise, qui exclut, et qui fait peser l’effort presque exclusivement sur les plus modestes."
L'élu qualifie ce projet de ZFE de "non-sens environnemental" en argumentant sur le fait que le parc automobile "s'est déjà transformé." Il s'appuie sur des chiffres : "en une quinzaine d’années, les véhicules les plus polluants ont chuté de plus de 60 %, tandis que les véhicules les moins polluants ont été multipliés par cinq." Selon Bastien Joint, la transition écologique fonctionne donc déjà, constatant que "la ZFE n’a, jusqu’à présent, jamais fait l’objet de véritables moyens de contrôle ni de verbalisation à grande échelle. Dès lors, il est objectivement impossible d’isoler et de mesurer son efficacité réelle sur l’amélioration de la qualité de l’air." Une amélioration qui serait liée "à un travail collectif" entre les agriculteurs, l'industrie, l'économie et les mobilités.
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"L'écologie doit rassembler, pas exclure"
Alors que cette décision de l'Assemblée nationale pourrait être contestée, notamment en cas de saisie du Conseil constitutionnel, Bastien Joint a appelé à ne pas contester cette décision et dans le même temps "fragiliser davantage la confiance des Français dans la décision publique." Dans le même temps, le maire de Caluire-et-Cuire a déclaré qu'il ne fallait pas voir la suppression des ZFE comme "un recul de l'ambition écologique". Mais elle doit "être l’occasion de refonder une politique environnementale plus juste, plus efficace, et plus rassembleuse."

et puis on est pas à qqs milliers de morts dûs à la pollution en plus...