Lyon Capitale poursuit son tour d’horizon des 14 circonscriptions métropolitaines. Au sud de la métropole, la circonscription Lônes et Coteaux pourrait être décisive, comme en 2020, pour l’élection à la présidence du conseil métropolitain. Mais les écologistes s’avancent sans certitudes.
Les communes : Charly, Oullins-Pierre-Bénite, Saint-Genis-Laval, La Mulatière, Givors, Grigny-sur-Rhône, Irigny, Vernaison
114 270 habitants
12 sièges à pourvoir
Les résultats de 2020
1er tour
Jean-Charles Kohlhaas (EÉLV) : 20,37 %
François-Noël Buffet (LR) : 19,28 %
Jean-Luc Da Passano (DVC) : 19,17 %
Roland Crimier (En marche) : 16,98 %
Christiane Charnay (PC-PS) : 10,64 %
Antoine Mellies (RN) : 9,72 %
2e tour
Jean-Charles Kohlhaas (EÉLV) : 36,61 %
François-Noël Buffet (LR-EM) : 36,07 %
Jean-Luc Da Passano (DVC) : 27,32 %
Les enjeux
Plus d’excuses pour un RER en rive droite du Rhône ?
L’identité du président de la Métropole s’était en partie décidée en 2020 dans la circonscription Lônes et Coteaux qui s’étend d’Oullins à Givors en suivant le cours du Rhône. Pour une centaine de voix, les écologistes avaient été élus. Ils avaient à l’époque profité des divisions de la droite et du centre. Six ans plus tard, une nouvelle triangulaire pourrait avoir lieu, avec le RN, mais serait moins favorable aux écologistes et à leurs alliés de gauche. Sans victoire à Oullins-Pierre-Bénite, la circonscription devrait basculer à droite suivant une logique arithmétique. Sur ce territoire, la gauche ne dirige que Givors et ne rêve pas vraiment de conquête à l’exception d’Oullins.
La campagne se jouera localement en partie sur un terrain qui pourrait être favorable aux écologistes : l’alternative à la voiture. Même si dans cette circonscription, leurs homologues de droite tiennent à peu près le même discours. Le rêve d’un RER à la lyonnaise est né en rive droite du Rhône sur la ligne Givors-Perrache. Si tous les acteurs partagent une ambition commune, le projet n’a guère avancé depuis six ans. “C’est d’abord une compétence de la Région. Depuis cinq ans, je leur dis que nous sommes prêts à mettre beaucoup d’argent sur la table mais ils continuent d’avancer à reculons”, peste Jean-Charles Kohlhaas, vice-président écologiste de la Métropole chargé des mobilités. “La commune de Givors est traversée par 100 000 véhicules par jour. Renforcer le ferroviaire, c’est aussi un enjeu de cadre de vie et de santé pour nos concitoyens. La qualité de la desserte s’est dégradée”, abonde Foued Rahmouni, porte-parole de Voix commune et adjoint à Givors. “Nous avons quand même fait la tarification unique. Sur le cadencement, nous ne sommes plus si loin. Il faut encore plus de trains en soirée. Les choses avancent plutôt positivement”, préfère retenir Jérôme Moroge, maire LR d’Oullins-Pierre-Bénite et conseiller régional. Le retard pris sur le projet était imputé aux divergences politiques entre les élus métropolitains et la majorité régionale, l’argument pourrait ne plus tenir très longtemps dans cette circonscription.
La ville à suivre
Oullins-Pierre-Bénite
À Oullins, les mêmes chiffres créent des lectures très différentes entre le maire de la ville, Jérôme Moroge (LR) et son principal opposant, l’écologiste Jean-Charles Kohlhaas. Ce dernier s’inquiète pour une collectivité qu’il juge au bord de la faillite : “Lors du dernier conseil municipal, nous avons voté un nouvel emprunt qui n’était pas prévu en début d’année. La fusion entre Oullins et Pierre-Bénite devait créer des économies et capter des aides de l’État. Elles arrivent à échéance l’an prochain. Je suis inquiet de la santé budgétaire de la Ville.” Oullins était au début du mandat l’une des villes les plus endettées de la métropole de Lyon en raison du douloureux épisode des emprunts toxiques. “Comme toutes les villes, nous devons faire face aux baisses des dotations de l’État. La fusion qui a permis de réunir nos moyens nous a permis d’encaisser ces mauvaises nouvelles et de continuer à avoir des plans d’investissements ambitieux. Sur le mandat, nous avons lancé une piscine à 12 millions d’euros et un gymnase à 6 millions d’euros. Peu de communes investissent autant que nous”, balaie Jérôme Moroge, maire de Pierre-Bénite puis d’Oullins-Pierre-Bénite.
Plus que la fusion, c’est le débat de la Grande-Rue que va surtout rouvrir la campagne des municipales. Jérôme Moroge promet d’en finir avec “Oullinsbyrinthe” et d’annuler tous les changements impulsés par la Métropole depuis 2020. L’écologiste Jean-Charles Kohlhaas rappelle de son côté que le centre-ville était plus “apaisé” lors de l’expérimentation de la mise en sens unique de la Grande-Rue d’Oullins : “C’est l’embouteillage permanent en ce moment. Il faut trouver une solution.” Les élections municipales trancheront également la question de la sociologie des nouveaux habitants d’Oullins-Pierre-Bénite amenés par le prolongement vers le sud du métro B. En 2020, la liste LR avait gagné Oullins avec 150 voix d’avance. Le phénomène de gentrification se poursuit depuis mais est atténué par la fusion avec Pierre-Bénite.
La personne à suivre
Mohamed Boudjellaba
Pour 29 voix, Mohamed Boudjellaba (DVG soutenu par EÉLV) a déboulonné le bastion communiste en 2020. Le second tour avait arbitré une quadrangulaire incertaine. Six ans plus tard, le climat politique reste toujours instable à Givors. La gauche s’apprête à partir en ordre très dispersé. Si les communistes ont scellé une alliance avec les écologistes et les socialistes pour le scrutin métropolitain, aux municipales, ils entendent bien reprendre leur fief des mains de Mohamed Boudjellaba. Les Insoumis sont aussi en train de boucler leur liste. Si le mandat n’a pas été un long fleuve tranquille, le maire écologiste ayant été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour s’être bagarré avec un administré, celui-ci apparaît tout de même en position de force à gauche. L’héritage communiste est encore plus émaillé d’affaires judiciaires. Les deux anciens maires ont été condamnés pour délit de favoritisme ou prise illégale d’intérêts.

“Le premier enjeu est celui de la décarbonation des activités de logistique urbaine”