L'institut Paul-Bocuse (Ecully), l’une des plus prestigieuses écoles hôtelières et culinaires du monde.
L’institut Paul-Bocuse (Ecully), l’une des plus prestigieuses écoles hôtelières et culinaires du monde @Antoine Merlet

Remue-ménage à l'institut Paul-Bocuse : les Halles de Lyon prennent le parti de Jérôme Bocuse

Les commerçants des Halles de Lyon apportent leur soutien à Jérôme Bocuse dans le conflit qui l'oppose à l'institut Paul-Bocuse, l’une des plus prestigieuses écoles hôtelières et culinaires du monde.

Ça sent le gaz dans les cuisines de l'institut Paul-Bocuse. En bisbille avec Jérôme Bocuse, le fils et légataire universel du "pape de la gastronomie" pour usage abusif du nom Bocuse, la prestigieuse école hôtelière est sous la menace d'un procès (lire ici).

Plus les marmites bouillent et plus l'institut Paul-Bocuse semble esseulé. Jusque là, il s'agissait d'un bain-marie privé entre l'école d'Ecully, présidée par le Lyonnais Gilles Pélisson (ex-PDG de TF1) et Jérôme Bocuse. Pédagogie "vacillante", modèle économique "douteux", gouvernance "pas saine"… Les critiques, en interne, de l’une des plus grandes écoles hôtelières et culinaires du monde, se sont invitées au banquet populaire.

Les statues de Paul Bocuse et de Gérard Pélisson. Tous deux sont à l’origine de l’École nationale des arts culinaires devenue l’institut Paul-Bocuse
Les statues de Paul Bocuse et de Gérard Pélisson. Tous deux sont à l’origine de l’École nationale des arts culinaires devenue l’institut Paul-Bocuse
@Antoine Merlet

La "petite soupe" interne a effet pris une dimension grand public avec la création, le 16 septembre dernier, de l’Association de défense des valeurs de l’IPB (ADVIPB), dont l’objectif est de soutenir les personnes lésées en litige avec l’école, et de médiatiser la "divergence importante entre les formations vendues actuellement par l’institut Paul-Bocuse et la réalité". Cerise sur le gâteau, l'association a été créée à l’initiative de Frédéric Bout, alumni 1993 et ancien enseignant de l'école, de Stéphan Demaeght de Montalay, ancien directeur académique et enseignant et de Loic Boudot, étudiant en 4e année entrepreneuriat promotion 2022.

"Bocuse, c'est le plus grand vecteur de communication et de visibilité qu'on puisse avoir."

Dans la foulée, à l'occasion du lancement de sa fondation Bocuse d'Or devant une impressionnante brochette de chefs de la région, et Pierre Hermé, président de la coupe du monde de la pâtisserie, Olivier Ginon, président fondateur du groupe lyonnais GL events, leader mondial de l’événementiel, a sorti les couteaux, façon "moi quand on m'en fait trop, je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile…" : "la famille Bocuse défend le nom et la marque Bocuse, et on y est attaché. Je la défendrai personnellement si elle est attaquée !"

Selon le clan Bocuse, les grands chefs Guy Savoy (*** Michelin), Thierry Marx (**), Daniel Boulud (**) - Lyonnais de coeur, installé à New York depuis 1993 et à la tête d'un empire de de 22 restaurants aux quatre coin le monde - ont également apporté leur soutien à Jérôme Bocuse.

Halles de Lyon Paul Bocuse de Lyon
Halles de Lyon Paul Bocuse de Lyon © Romane Thevenot

C'est désormais au tour des 56 commerçants des Halles de Lyon qui, depuis 2006 portent le nom de Paul Bocuse, grand habitué des lieux où il venait s'approvisionner, de prendre parti pour l'héritier du "Maître de la gastronomie française". Dans un communiqué envoyé à la presse, l'association des commerçants apporte "son soutien" à Jérôme Bocuse, "inquiète" du "dénigrement du nom "Paul Bocuse" par le représentant de l'institut Paul-Bocuse".

Claude Polidori, son président, circonstancie pour Lyon Capitale la prise de position de l'association : "Il ne faut pas galvauder le nom Bocuse. Il nous semblait donc légitime de dire publiquement qu'on soutenait Jérôme Bocuse. Ce nom, c'est le plus grand vecteur de communication et de visibilité qu'on puisse jamais avoir. Ainsi, les halles contribuent en bonne partie au rayonnement de la ville." Avec 1 million de visiteurs par an, les Halles sont le 3e site le plus visité de Lyon, après Fourvière (2 millions), le Vieux-Lyon (1,5 million).



Petit mémo sur la tourmente à l'institut Paul-Bocuse

Projet du nouveau château de l'institut Paul BocuseLes ennuis commencent à l’automne 2015, dans la foulée de l’arrivée d’une nouvelle gouvernance de l’école, incarnée par Dominique Giraudier, ancien patron du groupe Flo (brasseries Flo, Hippopotamus, Taverne de Maître Kanter…) qui prend quelques libertés avec l’usage du nom Bocuse. Affaibli par la maladie de Parkinson, Paul Bocuse alerte son fils. Domicilié en Floride, ce dernier ne passe que quelques semaines en France. Moins démonstratif que son père, les administrateurs de l’institut ne le connaissent pas très bien. Et malgré les avertissements, rien ne bouge. C’est au décès du patriarche que tout s’accélère. L’école engage une collaboration avec Air France pour le service en cabines business, conclut un partenariat avec Elior et l’Institut de cancérologie de l’Ouest, signe des recettes pour Taureau Ailé et la clinique du Val-d’Ouest dans les services de chirurgie et de maternité, organise un challenge culinaire avec Tefal. Jérôme Bocuse explique même avoir récemment découvert le dépôt de son nom en Chine.

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