Marie Rigaud, fondatrice et directrice du festival Le Printemps de Pérouges, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
"On a eu une révélation : cet artiste est vraiment à son top, à son apogée." Marie Rigaud, fondatrice et directrice du Printemps de Pérouges, décrit le moment où la décision s'est imposée : faire venir Lenny Kravitz pour ouvrir la 29e édition du festival, le 23 juin prochain.
Une venue qui s'est construite sur un an de négociations, après que l'équipe l'a vu en concert à la LDLC Arena lors de sa tournée Blue Electric. La clé du succès ? Une relation de confiance de longue date avec son tourneur français, Mathieu Drouot. "Il y a une histoire de relations de confiance où lui-même peut ensuite convaincre son artiste assez facilement", explique Marie Rigaud.

Lire aussi : Lenny Kravitz, forever Young
97% d'autofinancement
Le reste de la programmation, du 23 au 28 juin à Saint-Maurice-de-Rémens, confirme l'ambition éclectique du festival. Magma donnera son dernier concert en formation complète avant sa tournée finale, en co-plateau avec The Australian Pink Floyd Show. Jean-Louis Aubert, lui, célèbre 50 ans de carrière avec un concentré de tubes, entre catalogue de Téléphone et succès solos. Louane complète une affiche résolument intergénérationnelle.
Derrière ce foisonnement artistique, un modèle solide : 97 % d'autofinancement, 250 entreprises partenaires, 520 bénévoles. Un festival rural, les pieds dans l'herbe, à 45 minutes de Lyon. Et pour les 30 ans l'an prochain, Marie Rigaud promet déjà "un grand feu d'artifice".
La retranscription intégrale de l'article avec Marie Rigaud
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau rendez-vous de 6 minutes chrono. Nous accueillons aujourd’hui Marie Rigaud. Bonjour. Marie Rigaud, vous êtes la fondatrice et la directrice du Printemps de Pérouges, qui fête cette année ses 29 ans, bientôt 30, du 23 au 28 juin à Saint-Maurice-de-Rémens, à côté de Pérouges, dans le superbe parc de l’ancienne maison de Saint-Exupéry. Alors, une édition 2026 qui n’est pas encore anniversaire, mais quand même, il y a des artistes au top : Lenny Kravitz, le Lenny Kravitz, Magma pour ceux qui connaissent, Jean-Louis Aubert ou encore Louane. Comment construisez-vous cette ligne artistique ? Qu’est-ce qui vous guide dans votre programmation ?
Les coups de cœur que l’on peut avoir depuis des décennies. Quand je vous parlais de Lenny Kravitz, c’est typiquement une tête d’affiche sur laquelle on travaille de longue haleine depuis un certain temps. Et là, tous les voyants se sont mis au vert cette année. Il était disponible pour nous, donc il sera bien là, en chair et en os, le 23 juin.
Lenny Kravitz, cela veut dire qu’on s’y met combien de temps pour essayer de le faire venir ?
Cela fait un an. Cela fait vraiment un an qu’on était en discussion avant de faire la mise en vente. On l’a vu à la LDLC Arena, pour tout vous dire, l’hiver dernier, lors de sa tournée Blue Electric. Et là, franchement, on a eu une révélation : cet artiste est vraiment à son top, à son apogée.
Alors qu’il fait de la musique depuis des décennies.
Tant mieux, parce que du coup, il a un vrai répertoire, un vrai catalogue. Mais il est à une maturité extrême, on va dire, et il est à son meilleur niveau. C’était donc le bon moment.
Et Pérouges, il a accepté parce que vous lui avez expliqué ce qui lui a plu ?
Ce qui fait la différence, ce sont les bonnes relations avec son tourneur, son producteur français, Mathieu Drouot, avec qui on travaille depuis longtemps sur beaucoup d’artistes. Il y a une histoire de relations de confiance où lui-même peut ensuite convaincre son artiste assez facilement.
Donc Lenny Kravitz, ça, tout le monde connaît, même les plus jeunes. Il y a un autre groupe qu’on connaît moins, c’est Magma. Magma, c’est quand même un groupe mythique qui arrive.
Je vois que vous connaissez, en tout cas.
Magma, oui, j’ai écouté.
C’est même un groupe de niche qui va d’ailleurs faire son dernier concert en formation complète chez nous avant sa dernière tournée. Ce sera le 24 juin, en co-plateau avec The Australian Pink Floyd Show.
The Australian Pink Floyd Show, qu’on a vu à Lyon Capitale. C’est vrai que c’est le groupe de reprise de Pink Floyd, à tel point que David Gilmour les a invités à leurs 50 ans et a dit : “Il y a des morceaux que vous jouez mieux que nous.”
Exactement.
Donc voilà, ça c’est bien. Et puis il y a Jean-Louis Aubert qui fête ses 50 ans de carrière à Pérouges.
50 ans de carrière à Pérouges, avec là aussi un répertoire à ne pas manquer. Il reprend tout le catalogue de Téléphone, tous ses hits à lui. C’est un concentré d’une heure trente de tubes et de bonne humeur, parce que c’est un artiste qui aime être sur scène. On voit qu’il y prend vraiment du plaisir et qu’il a ce sens du partage avec son public. C’est forcément un grand moment à ne pas manquer.
Oui, pardon ?
Avec Sam Sauvage en première partie, et Pépite également.
C’est marrant parce que cette programmation est complètement éclectique et intergénérationnelle. On passe d’un univers à l’autre.
Oui, c’est vrai. Mais c’est un festival populaire, un festival familial, un festival qui aime toutes les musiques.
C’est ça. Vous dites que c’est un festival à taille humaine, profondément ancré dans son territoire. Cela recouvre quoi, justement, cet ancrage ?
C’est un festival rural. J’aime bien utiliser ce mot.
Ce n’est pas un gros mot ?
Non. On est dans un village de 600 habitants, à 45 minutes du centre de Lyon, et tant mieux, avec tout le charme que peut avoir un événement à la campagne. On est les pieds dans l’herbe, on peut se garer dans les champs, juste à côté du site. On est accueilli par un festival associatif où il y a 520 bénévoles inscrits cette année. On n’arrête pas de grossir sur ce modèle associatif et cela respire la convivialité, le champêtre.
Il y a aussi le fooding, puisque vous savez qu’on a développé notre offre fooding. C’est une sorte de Lyon Street Food Festival à la campagne. Donc oui, c’est un festival ancré sur son territoire, avec la plupart de nos entreprises partenaires qui viennent de la plaine de l’Ain ou du département de l’Ain. Les stands qui exposent chez nous, ainsi que l’offre fooding, privilégient le circuit court. Il y a beaucoup de prestataires et d’acteurs locaux.
Et puis une question quand même sur l’équilibre économique, parce qu’on sait très bien — et ce n’est pas nouveau — qu’on est dans un contexte de fragilisation des festivals. Comment faites-vous pour trouver votre équilibre ? Quels sont les leviers qui vous permettent d’avoir cet équilibre économique ?
On a un bel équilibre économique, en effet, et par les temps qui courent, dans l’écosystème actuel, je pense que c’est assez rare. On est en train d’atteindre 97 % d’autofinancement cette année grâce à notre socle de partenariat privé. On a près de 250 entreprises — PME, TPE, beaucoup d’artisans, quelques grands groupes — qui viennent chez nous pour inviter soit leurs clients, soit beaucoup leurs collaborateurs, afin de faire profiter l’ensemble de leurs équipes de ce moment festif et champêtre. Nous sommes donc plutôt en bonne santé.
En deux mots, Marie : les 30 ans, c’est l’année prochaine. Il va y avoir quoi ? Quelles surprises ?
Grand feu d’artifice.
Grand feu d’artifice pour les 30 ans.
Oui, et puis on espère évidemment à nouveau de superbes têtes d’affiche. On y travaille. On ne veut pas rater ce rendez-vous et on veut surtout le célébrer avec nos équipes, parce que la réussite de ce festival, c’est aussi le modèle associatif, l’équipe, les bénévoles. Venez, vous verrez, ils sont incroyables.
En tout cas, venez. Du 23 au 28 juin, il reste des places au festival de Pérouges, 29e édition. Pour plus d’infos, rendez-vous sur Lyon Capitale. À très bientôt et merci beaucoup.
Merci à vous. Au revoir.
