Neuf requêtes, une plainte pour favoritisme présumé et un signalement à l'Anticorruption : un habitant de la Guillotière mène une guérilla judiciaire solitaire contre l'exécutif écologiste de Lyon. Non sans contradictions.
"Ma détermination reste intacte afin de dénoncer les dérives, manquements, copinages et censures en cours depuis 2020." C'est par ces mots qu'un auto-revendiqué "micro candidat punk et progressiste" aux dernières élections municipales résume son engagement, "face à l'opacité maintenue par le silence et ou la censure par les deux exécutifs EELV locaux (NdlR, Grégory Doucet et Bruno Bernard, battu à la Métropole en mars dernier, NdlR)".
Baptiste Jacquet, qui n'a pu déposer sa liste ENVIEDELYON en préfecture pour les dernières élections municipales "faute d'avoir pu réunir un nombre de colistières et colistiers suffisant", a choisi les tribunaux pour se faire entendre. Des tribunaux qu'il connaît déjà pour avoir été condamné, en septembre 2025, à six mois de prison avec sursis pour avoir publié l'adresse personnelle de la députée écologiste du Rhône Marie-Charlotte Garin. Une protection fonctionnelle a récemment été accordée à un élu de la Ville de Lyon suite à des menaces proférées à son encontre par Baptiste Jacquet.
Ce qui n'a, semble-t-il, pas calmé ce dernier.
Le bilan affiché est sans appel : neuf requêtes déposées au tribunal administratif de Lyon contre les exécutifs de Grégory Doucet et Bruno Bernard, une plainte pour délit de favoritisme présumé auprès du procureur de la République. Et un signalement à l'Agence française anticorruption pour l'attribution d'un marché public sur le projet de l'îlot Mazagran par le bailleur social GrandLyon Habitat, au cœur du quartier de la Guillotière. La plainte vise plusieurs élus et responsables, dont des membres de l'ancien exécutif métropolitain et le directeur général de GrandLyon Habitat.
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La Guillotière, terrain de toutes les batailles
Au fond, c'est bien la question de la transparence qui est centrale pour Baptiste Jacquet. Malgré plusieurs avis favorables rendus par la CADA (la Commission d'accès aux documents administratifs, un organisme indépendant chargé de garantir le droit des citoyens à consulter les documents produits par les administrations publiques), les deux exécutifs auraient, selon Baptiste Jacquet, tardé ou refusé de communiquer certains documents administratifs. D'où les recours devant les tribunaux, assortis de demandes de pénalités financières.
Pendant ce temps, place Mazagran, la situation reste tendue. Squatteurs et dealers occupent les lieux nuit après nuit, depuis huit ans selon les riverains. Une promesse de caméra de vidéosurveillance faite en décembre 2024 par Grégory Doucet et son adjoint à la sécurité Mohamed Chihi ne serait, à ce jour, toujours pas concrétisée. Et 6 500 euros versés à l'association Robins des Villes pour rédiger un code de bonne conduite n'auraient, selon lui, produit aucun résultat tangible sur le terrain.
Quant à Fanny Dubot, maire écologiste réélue du 7e arrondissement, elle a choisi de ne pas siéger au conseil municipal, une situation que dénonce Baptiste car, dit-il cette situation "de facto, la met à l'abri de toute interpellation par les oppositions municipales sur ses choix politiques". Et d'ajouter, que la maire du 7e arrondissement "n'aura jamais de compte à rendre sur sa politique obscure et clientéliste en arrondissement". Le genre de formulation qui, vu le passif judiciaire de cet "empêcheur de tourner en rond", pourrait bien ne pas en rester là.
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