Une terrasse près du Gros Caillou de la Croix-Rousse. @WilliamPham

"Nous ne voulons pas d'une Presqu'île désertée" : le projet d'apaisement fait jaser à la Métropole

La Métropole de Lyon, en lien avec la ville de Lyon, lance une concertation sur l'apaisement de la Presqu'île de Lyon entre juin et octobre 2022. L'opposition critique un projet beaucoup trop flou pour l'instant, selon elle.

Vendredi, Lyon Cap' évoquait ce projet d'apaisement de la Presqu'île de Lyon (un décryptage à retrouver ici). "C'est un projet très attendu", explique Fabien Bagnon, vice-président de la Métropole de Lyon en charge de la voirie et des mobilités actives. Très attendu depuis l'arrivée à la tête de la mairie de Lyon et de la Métropole de Lyon des écologistes : l'apaisement (pour ne pas dire la piétonisation) de la Presqu'île de Lyon, du coeur de la Capitale des Gaules. "Lyon est en retard" prévient Fabien Bagnon, en comparaison aux autres grandes villes européennes. "La question centrale : c'est quelle Presqu'île veut-on ?", explique le vice-président de la Métropole.

Pourquoi apaisement et pas piétonisation de la Presqu'île ?

Une grande concertation va être lancée de juin à octobre 2022 autour de cet apaisement de la Presqu'île de Lyon. Apaisement. Et pourquoi pas piétonisation d'ailleurs ? "C'est un apaisement car on ne veut pas interdire la circulation automobile dans la totalité de la Presqu'île. On en a besoin pour les commerçants - pour accéder aux commerces -, on en a besoin pour les riverains, et il faudra bien passer du Rhône à la Saône et inversement. Naturellement, il y aura encore des véhicules. C'est mieux de parler d'apaisement : l'idée générale, c'est diminuer tout le transit qui n'a pas à passer par là", insiste Bruno Bernard, le président écologiste de la Métropole de Lyon.

Fabien Bagnon, vice-président en charge de la voirie et des mobilités actives, poursuit : "Piétonisation, ce n'est pas le bon terme. On est sur la question de réduire la place de la voiture, de limiter fortement les trafics de transit qui pénalise les habitants, ceux qui résident sur la Presqu'île. Piétoniser, ce n'est pas le bon terme, ça n'a jamais été notre volonté de piétonniser l'ensemble du périmètre". La Métropole de Lyon rappelle qu'1 grand-lyonnais sur 2 (Il y a 1 400 000 habitants dans la Métropole de Lyon / Grand Lyon) vient au moins une fois par mois sur la Presqu'île de Lyon.

Le périmètre soumis à la concertation s'étend du boulevard de la Croix-Rousse au nord (limite 4e-1er arrondissement) à la place Carnot au sud (2e arrondissement). Le périmètre sera décliné en trois zones : une zone "Pentes de la Croix-Rousse", une autre "Hôtel de Ville - Bellecour" et une autre "Bellecour - Perrache".


"10 millions d'euros… C’est ça le grand projet de la Presqu’île ? De qui se moque-t-on ?  »

Gérard Collomb, ancien maire de Lyon


Lundi, le 14 mars, au conseil de la Métropole, les débats ont été animés. L'opposition a notamment critiqué la date de la concertation "au coeur de l'été". Pas une bonne période, selon elle, pour se rendre bien compte des usages.

Aussi, quand des sujets "lyonnais" arrivent en débat à la Métropole, Gérard Collomb ne rate pas une occasion de tancer la majorité écologiste actuelle. L'ancien maire de Lyon et ancien président de la Métropole a notamment raillé la faible enveloppe budgétaire destinée selon lui à ce projet d'apaisement "10 millions d'euros… C’est ça le grand projet de la Presqu’île ? De qui se moque-t-on ?  », a-t-il lâché. Le budget destiné à ce projet est en effet de 10 millions d'euros. Collomb a notamment critiqué l'abandon du projet de la rénovation de la place Louis-Pradel, devant l'Hôtel de Ville et l'Opéra.

L'opposition a surtout critiqué le flou d'un projet encore à ses prémisses. "On ne sait toujours pas ce que vous voulez vraiment réaliser. Nous voulons une Presqu'île apaisée, pas une Presqu'île désertée", a ajouté Collomb. "Ce n'est pas sérieux", a ajouté Laurence Croizier, pour le groupe de la droite, du centre, et de la société civile. "Une piétonisation mal étudiée, ça peut être la mort du centre-ville", a ajouté celle qui est aussi conseillère municipale de Lyon.


"Le maire de Lyon voulait être le maire des piétons, il va être le maire du piétinement"

Michel Le Faou, ancien vice-président de la Métropole de Lyon en charge de l'urbanisme


"Cette piétonisation manque de beaucoup de détails. C'est symbolique du manque de vision", a raillé de son côté Michel Le Faou, du groupe Progressistes et Républicains, celui présidé par David Kimelfeld. L'élu a critiqué la lenteur de la mise à l'ordre du jour de ce projet d'apaisement. Près de deux ans après l'arrivée des écologistes à la tête de la ville de Lyon et de la Métropole de Lyon. "Le maire de Lyon, Grégory Doucet, voulait être le maire des piétons, il va être le maire du piétinement", a martelé Le Faou, ancien vice-président de la Métropole de Lyon en charge de l’urbanisme et du logement. "Que de critiques, elles sont nombreuses", a répliqué Fabien Bagnon, avant des nouveaux échanges animés entre Bagnon et Collomb sur l'abandon de l'Anneau des Sciences et les jardinières de la rue Edouard-Herriot.

Quid du calendrier maintenant ? Quid des possibles réalisations ? A l'intérieur du périmètre, certaines rues seront piétonnes à terme. "On travaille avec la ville de Lyon à ce sujet", explique Bernard. "La piétonisation sur certaines voiries pourra être anticipée le temps de réfléchir à la réorganisation complète des flux de circulation", poursuit Bagnon.

Plusieurs secteurs sont notamment scrutés de près. Notamment celui de Cordeliers, avec l'angle rue de la République - rue Grenette, fort peu agréable pour les piétons. Mais aussi le secteur de la rue Joseph Serlin, le long de l'Hôtel de Ville.

Un système de zone à trafic limité avec des bornes envisagé, des vélorues aussi

Un système de Zone à trafic limité avec des bornes est envisagé. "Le système est assez facile à mettre en oeuvre mais extrêmement coûteux" souligne Bagnon. Des vélorues sont aussi envisagées. "Il y aussi un vrai sujet de végétalisation, on est sur un secteur extrêmement minéral", insiste le vice-président de la Métropole de Lyon.

Des premiers aménagements pourront être réalisés lors des années 2023 et 2024. "Ensuite, fin 2024, on pourra s'engager sur une refonte plus large du plan de circulation car ça demande plus de réflexion", explique encore Fabien Bagnon. En résumé, des actions ponctuelles dans un premier temps, puis une réorganisation des circulations plus complète dans un second temps.

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