Grégory Doucet a conservé son siège à la mairie de Lyon pour seulement 2 762 voix face à Jean-Michel Aulas. Une victoire plus qu'étriquée pour le maire sortant qui pourrait avoir payé auprès de certains électeurs de gauche son alliance avec LFI.
Si Grégory Doucet a officiellement conservé son siège à l'Hôtel de Ville de Lyon, le maire sortant est passé tout proche d’être renversé par son principal concurrent, Jean-Michel Aulas. Une victoire étriquée, pour seulement 2 762 voix sur les quelques 321 176 personnes inscrites à Lyon sur les listes électorales. Au lendemain du second tour, Lyon Capitale a fait les comptes, calculette à la main.
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Aulas fait plus que le plein
Premier enseignement de ce deuxième tour : Jean-Michel Aulas a nettement amélioré son score du premier tour. En nombre de voix déjà, l’ancien patron de l’Olympique Lyonnais est passé de 75 134 bulletins en sa faveur à plus de 101 940 voix ce dimanche soit 26 806 voix de plus (+35%). En additionnant ses propres voix au premier tour avec celles d’Alexandre Dupalais, un électorat d’extrême droite qui a sans doute voté massivement pour JMA, on obtient 89 585 voix. Si on considère que la totalité des 7 214 voix de Georges Képénékian se sont reportées sur le candidat Aulas, ce qui est peu probable, le chiffre monte à 96 799.
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Soit encore 5 141 voix d’écart avec le score du candidat Cœur Lyonnais au second tour. Autrement dit, Aulas a plus que fait le plein entre le premier et le second tour et a réussi à mobiliser une grosse partie des Lyonnaises et des Lyonnais qui s’étaient abstenus au premier tour. Le taux d'abstention à Lyon est d’ailleurs passé de 35,48% le 15 mars à 33,9% ce dimanche. A moins que certains électeurs de Grégory Doucet aient préféré voter pour Jean-Michel Aulas après son alliance d’entre-deux-tours avec la France Insoumise.
Doucet victime d’évaporation des voix de gauche
Du côté du maire sortant, les calculs sont également intéressants. En additionnant ses voix récoltées au premier tour (76 318) avec celles d'Anaïs Belouassa-Cherifi (21 273), celles de Nathalie Perrin-Gilbert (1 041) ou encore celles de la liste Lutte ouvrière (1 082) et de Lyon pour les travailleurs (320), le constat est sans appel pour Grégory Doucet : il a perdu une partie de ses électeurs de gauche entre le premier et le second tour.
2 758 voix de ces cinq listes de gauche citées plus haut se sont évaporées en une semaine. Soit l'abstention d'une partie des électeurs de gauche ou d’extrême gauche, rebutée à l’idée de glisser un bulletin Doucet dans l’urne, soit vers Jean-Michel Aulas. Certains électeurs de Grégory Doucet sont-ils allés jusqu’à voter pour son concurrent après l’accord "technique" passé entre les écologistes et les Insoumis ? Impossible à dire.
Mais si sans cette alliance la victoire de Doucet aurait sûrement été encore plus difficile à aller chercher face à Jean-Michel Aulas, ce rapprochement avec le parti de Jean-Luc Mélenchon a sans doute fait perdre quelques voix à l’édile écologiste dans la dernière ligne droite. Dans une élection aussi serrée, chaque voix compte. Et à Lyon, l’entre-deux-tours aura une nouvelle fois démontré que les alliances politiques sont toujours un pari à double tranchant.

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