Florence Gaudin (à gauche) et Peggy Leplat (à droite), participent à cette seconde phase d’OSE 2050

Les HCL dans la rue pour une consultation citoyenne inédite sur l'IA et la santé de 2050

Alors que le numérique et l'IA s'imposent dans les soins, comment préparer le système de santé de demain ? C'est l'ambition du programme OSE 2050, porté par les Hospices Civils de Lyon et plusieurs acteurs nationaux, qui consulte directement les citoyens pour bâtir les politiques de santé de 2050.

Après Saint-Symphorien-sur-Coise et Saint-Martin-en-Haut (Rhône) hier, puis le 8e arrondissement ce jeudi matin, les équipes du programme OSE 2050 (Oeuvrons, Santé, Evolutions) poursuivaient leur deuxième phase de consultation citoyenne cet après-midi sur le parvis de la Gare Part-Dieu (Lyon 3e).

Ce programme est initié par la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS), l’Agence de l’Innovation en Santé (AIS) et les Hospices Civils de Lyon (HCL). Il vise à explorer les futurs possibles de l’offre de santé, en abordant notamment la question de l'hyper-personnalisation des soins, ainsi que l'intervention du numérique et de l'IA dans le domaine de la santé. Objectif pour 2050, "être prêt pour encadrer l’utilisation du numérique dans le domaine des soins" explique l'une de ses porte-parole, Florence Gaudin.

Aller directement à la rencontre des citoyens, un pas de plus après la première phase de ce dispositif, réalisée fin mars uniquement en ligne. Cette dernière consistait en "un questionnaire sur des questions clivantes autour du domaine de la santé" relate Peggy Leplat, directrice de l'innovation aux HCL. "Nous avons reçu 1 100 sollicitations". Concernant les conclusions de cette première enquête, "les gens ne sont pas contre l'intervention de l'intelligence artificielle et du numérique dans leurs soins. Par contre, ils souhaitent un encadrement, une éthique, ainsi qu'une collaboration avec l'aspect humain, qu'ils jugent importants" complète-t-elle.

"Construire le raisonnement qui aurait mené à ce monde"

Lors de la deuxième phase, place désormais à des questions plus concrètes sous forme de QCM. Les sondés expliquent notamment leur vision du monde pour 2050 et la place qu'occupent le numérique et l'intelligence artificielle dans le milieu de la santé.

Ambition finale, créer des nouvelles d'anticipations inspirées des réponses. Pour ce faire, les organisations ont fait appel à l'autrice française de science-fiction Ketty Steward. "L’intérêt de travailler avec des auteurs, c’est qu’ils n’aient pas de barrières", se félicite Florence Gaudin. Ce projet, qui fera l'objet d'une immersion au sein des HCL le 15 octobre prochain, se place comme point de départ d'un travail destiné à établir des recommandations stratégiques et ainsi les insérer dans les politiques publiques."Nous allons essayer de scientifiquement construire le raisonnement qui aurait mené à ce monde imaginaire" poursuit Florence Gaudin. "Le défi est de se questionner sur les solutions pour pallier aux risques que met en avant cette fiction", ajoute Peggy Leplat.

Un dispositif bien reçu

En partant directement à la rencontre des habitants du territoire, les équipes d'OSE 2050 font d'une pierre deux coups. "Cela nous permet d'interroger plus de personnes, de débattre avec eux, et puis, on montre qu'ils peuvent être mis à contribution dans des projets", argumente Peggy Leplat.

Justement, les principaux concernés sont-ils intéressés par ce programme ? La plupart se disent satisfaits d'être sollicités. "Il faut agir dès maintenant pour être prêt pour 2050", expose Lina. Bruno, lui,"n'arrive pas à se projeter. Je ne sais déjà pas ce que je ferai le mois prochain (rires)". Il salue tout de même l'initiative : "Je suis surpris que l'on demande son avis à la population, ce n'est pas tous les jours." Pour d'autres, l'intérêt n'est pas présent, c'est le cas de Gérard. "En 2050, je ne serais plus là, je ne me sens pas légitime de donner mon avis."

Globalement, les organisateurs du programme sont plutôt satisfaits des retours de leur expérience sur le terrain, et espèrent recevoir plus de réponses que lors de la première phase. "Se projeter ainsi dans le domaine de la santé c’est inédit", souligne Florence Gaudin, insistant sur le facteur citoyen de cette étude. À noter que cette concertation citoyenne en est uniquement à sa phase pilote, elle devrait être reconduite l'année prochaine. D'autres concertations, cette fois avec des experts, sont mises en place dans le même temps.



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