Christophe Castaner, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale et ancien ministre de l'Intérieur
Christophe Castaner, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale et ancien ministre de l’Intérieur de passage à Lyon, mardi 7 juin 2022. @Lyon Capitale

"Le parti de Jean-Luc Mélenchon est anti-policiers" (Christophe castaner)

Christophe Castaner, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale et ancien ministre de l'Intérieur, était à Lyon mardi soir. L'occasion de le faire réagir sur l'actualité.

Lyon Capitale : En répétant à l'envi depuis plusieurs semaines qu'il sera Premier ministre, Jean-Luc Mélenchon installe l'idée que c'est possible. C'est tout l'art de la communication politique. Le chef de file du parti Nupes a-t-il gagné la bataille de la communication ?

Je reconnais un certain art de la communication de Jean-Luc Mélenchon. Mais à l'art de la communication, je préfère celui de l'action. Une chose est sûre : aucune étude d'opinion ne montre que Jean-Luc Mélenchon peut gagner les élections législatives, d'ailleurs lui-même n'est pas candidat. Et aucune étude non plus ne porte crédit à son propos. Donc, effectivement, je pense qu'à votre question, il est temps de dire "halte à la supercherie !". Jean-Luc Mélenchon ne sera pas Premier ministre. On a vu son obsession de troisième tour. En réalité, il cherche je ne sais quel combientième élection. Il a perdu trois élections présidentielles et maintenant, il est toujours dans une quête de revanche permanente.

Dans un tweet daté du 6 juin, en écho aux tirs de policiers sur une voiture suite à un refus d'obtempérer et après - c'est en cours de vérification - qu'elle ait foncé sur les policiers, Jean-Luc Mélenchon a écrit que "la police tue et le groupe factieux Alliance (syndicat policier, NdlR)  justifie les tirs et la mort pour "refus d'obtempérer". La honte c'est quand ?" Comment un ministre de l'Intérieur réagit-il ?

Je pense que l'excès nuit et que les Français sont attachés à leurs forces de sécurité intérieure. Vouloir réduire la police à la caricature et à la violence de ces mots est injuste et ne reflète pas la réalité. J'ai été ministre de l'Intérieur, j'ai vu des femmes et des hommes qui prennent des risques, au quotidien, pour protéger les Français. Cela appelle a minima le respect. On a bien vu que Jean-Luc Mélenchon n'a jamais respecté ni la police ni la justice. Le parti de Jean-Luc Mélenchon est un parti anti-policiers. Il suffit de regarder ses candidats : une candidate de la Nupes a annoncé la tenue d’une réunion publique à travers une vidéo où on entend une chanson de rap anti police, mentionnant le leader LFI. De toute façon, Jean-Luc Mélenchon découvre tout. Il y a quelques jours, il a fait un média sur les intempéries. Il en tire un enseignement, que je partage, et dit qu'il faut créer une force de sécurité civile. On va pouvoir lui annoncer une bonne nouvelle : elle existe déjà. Ce sont les pompiers. Jean-Luc Mélenchon a de la haine en lui. Il justifie tout au nom de ses haines. Je pense qu'il porte en lui une graine de violence.

Assiste-t-on à banalisation de la violence verbale envers les politiques ? 

Ces propos sont politiquement condamnables. Quand vous semez la graine du désordre, y compris sur ceux qui sont les forces de l'ordre, les forces de sécurité intérieure, vous faites mal à la République. Mais Jean-Luc Mélenchon prétend être lui-même la République, donc, de cette façon, il ne supporte rien. On voit la violence des ses mots ou celle de ses protégés. Il y a quelques jours, M. Bompard (ancien directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, NdlR) s'est adressé au président de la République en le tutoyant et en l'appelant "bonhomme" (écouter ici); la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée fait un tweet pour dire "LaRem recycle ses déchets" en parlant de moi.  Il ne faut pas s'étonner de voir Jean-Michel Blanquer ou Mme Le Pen se faire agresser. La violence, verbale ou physique, est une mauvaise graine qu'il faut fermement condamner.  Jean-Luc Mélenchon est un populiste. Or, chez les populistes, le fait de sabrer les fondations de la République est une façon d'accéder au pouvoir. Jean-Luc Mélenchon veut sabrer l'ordre, le respect. Ce sont des valeurs que lui et ceux qui l'entourent à la Nupes ne pratiquent pas. Nous avons un devoir d'exemplarité et de responsabilité que manifestement, Jean-Luc Mélenchnon et son entourage n'ont pas.

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