Quentin Chabran, président-directeur général de l’agence Côté Immo et associé de Rhône Immobilier, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Après deux années marquées par un net ralentissement, le marché immobilier lyonnais semble entrer dans une phase de stabilisation. "On est encore dans une phase de stabilisation et de rééquilibrage du marché immobilier, après une forte baisse entre 2023 et le premier trimestre 2025", explique Quentin Chabran. La fin de la hausse des taux d’intérêt, désormais compris entre 2,8 % et 3,4 % sur 25 ans, redonne de l’air au secteur. "Les taux sont revenus dans une norme historique", rappelle-t-il, soulignant leur rôle central dans la reprise progressive de l’activité.
Des prix stables et le retour des primo-accédants
À Lyon, les prix se stabilisent autour de 4 600 à 4 700 euros le mètre carré dans l’ancien, en deçà des sommets dépassant parfois les 5 000 euros il y a deux ans. Une accalmie qui profite notamment aux primo-accédants. "Ils sont de retour, et c’est une bonne nouvelle", assure le dirigeant. Ces ménages s’orientent toutefois davantage vers la périphérie, attirés par des surfaces plus grandes et par le développement des transports en commun. La performance énergétique des logements devient aussi un critère déterminant : "Un appartement rénové avec un bon DPE part plus rapidement", note-t-il, alors qu’environ un tiers des logements lyonnais restent classés E, F ou G.
Investisseurs prudents et perspectives pour 2026
Côté investisseurs, l’immobilier lyonnais conserve un attrait avant tout patrimonial. "La rentabilité reste relative, mais Lyon demeure une ville très attractive", souligne Quentin Chabran. Pour 2026, deux scénarios se dessinent : une hausse modérée de 1 à 3 % ou une reprise plus marquée pouvant atteindre 6 %, sous réserve de l’évolution des taux et du contexte politique et géopolitique. "Quand le climat est incertain, les ménages sont moins confiants et bougent moins", résume-t-il.
Plus de détails dans la vidéo :
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la retranscription complète de l'émission avec Quentin Chabran :
Bonjour à tous, bienvenue dans l’émission 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, on va parler d’immobilier et des dernières tendances à Lyon et, pour en parler, nous recevons Quentin Chabran, président-directeur général de l’agence Côté Immo, située à la Croix-Rousse, dans le 4e arrondissement de Lyon. Il est aussi associé de Rhône Immobilier. Bonjour Quentin Chabran.
Bonjour Éloi.
Merci d’être venu sur notre plateau. On va rentrer dans le vif du sujet. Comment se caractérise la période, la séquence que nous vivons actuellement ? On le rappelle, depuis 2022-2023, il y a eu une baisse de l’activité, avec une baisse des prix et des volumes. Est-ce qu’on est encore dans une période de stabilisation, comme c’est le cas depuis à peu près un an ?
Alors très clairement oui, on est encore dans une phase de stabilisation et de rééquilibrage du marché immobilier, qui a vraiment subi une forte baisse entre 2023 et le premier trimestre 2025. Aujourd’hui, on est vraiment sur une phase de stabilisation et de rééquilibrage du marché. On a des acquéreurs qui sont là et qui sont toujours présents, mais on est dans une phase de restructuration.
Ça s’explique beaucoup par les taux. On en parlait avant l’émission : c’est parce que les taux se sont finalement arrêtés d’augmenter, voire même ont un petit peu baissé, je crois.
C’est ça, tout à fait. Les taux ont un impact majeur sur le marché, et sur les prix de l’immobilier aussi. Aujourd’hui, on est sur des taux, alors tout dépend un petit peu, mais on est entre 2,8 % et 3,4 % sur 25 ans. Voilà, on est sur des taux qui sont revenus, on va dire, dans la norme, sans oublier que nos parents empruntaient à 10 ou 15 %. Donc voilà, on est vraiment sur des taux bas aujourd’hui.
Et alors, en termes de volume de vente, pour votre activité et aussi pour l’évolution des prix, quelles sont les dernières évolutions ?
On est sur des volumes de vente qui sont intéressants. Pour faire un comparatif entre 2024 et 2025, on est à +11 % sur Lyon et sur le Rhône. Donc on est sur un volume de ventes qui revient, on va dire, à la normale, ce qui est plutôt encourageant pour 2026.
Et les prix, pareil, ils arrêtent de baisser ou est-ce qu’ils augmentent ? Comment est-ce qu’ils évoluent ?
Les prix aujourd’hui sont stables. Sur Lyon, alors tout dépend des quartiers, etc. Attention, c’est à prendre avec des pincettes. C’est une moyenne. Je parle de l’ancien, pas du neuf, puisqu’on est sur d’autres prix. On est en moyenne entre 4 600 et 4 700 euros le mètre carré.
Voilà, donc ça veut dire que ça a perdu effectivement par rapport à il y a deux ans. On était parfois au-delà des 5 000 euros le mètre carré.
Tout à fait.
Ce qui fait que la période est quand même intéressante, notamment pour les primo-accédants. J’aimerais bien qu’on en parle un petit peu. Est-ce qu’ils sont de retour ? On avait annoncé leur disparition il y a un an. On a terminé 2025, on est début 2026 : est-ce qu’ils sont à Lyon, et à quoi ressemblent-ils aussi ?
Oui, ils sont de retour, et c’est vrai que c’est une bonne chose. C’est dû notamment, comme je vous le disais avant, aux taux d’intérêt. On observe une évolution : ils vont avoir tendance à sortir de Lyon et à acheter en périphérie, puisqu’on a des prix au mètre carré qui sont plus intéressants. Et donc, pour un même prix, on va avoir une surface plus importante. Au-delà de ça, les transports en commun se sont énormément développés sur la région lyonnaise, ce qui permet d’accéder facilement à Lyon. Donc ça, c’est vrai que c’est intéressant pour eux.
Pour en revenir aussi au DPE, il joue un rôle important, puisque sur une petite surface, avec un DPE intéressant et un appartement rénové, le bien va partir plus rapidement.
D’accord, les passoires thermiques ont du mal à partir, autrement dit ?
Aujourd’hui, oui, c’est difficile, puisque tout ce qui concerne les travaux de rénovation peut faire peur, avec des prix au mètre carré des travaux qui sont plus élevés.
Et MaPrimeRénov’, je crois qu’en plus ça a du mal. On ne sait pas trop où on en est, le gouvernement entretient le flou. On ne va pas développer davantage. Combien d’appartements sont impactés, sont touchés par les lettres ? Je le rappelle, donc c’est…
E, F et G. Sur le marché lyonnais, environ 33 %, donc un tiers des appartements, est classé E, F ou G.
Voilà, donc potentiellement, ces appartements, s’ils ne sont pas rénovés d’ici 2034, devront sortir du marché locatif et ne pourront plus être mis en location. Sachant qu’ils sont parfois occupés par leurs propriétaires, des propriétaires occupants. Est-ce qu’on peut parler un petit peu aussi des investisseurs ? Pareillement, on disait que Lyon n’était pas forcément intéressante pour eux. Est-ce qu’il y a de la rentabilité à Lyon sur la location ?
La rentabilité reste relative. Aujourd’hui, les investisseurs qui viennent à Lyon le font surtout pour du patrimonial, très souvent, puisqu’on est quand même sur une ville très attractive en France. Donc voilà, la baisse de l’immobilier est terminée, entre guillemets. Aujourd’hui, les investisseurs viennent pour faire du patrimonial.
D’accord. J’ai une dernière question, on arrive à la fin de l’émission. Sans faire la boule de cristal, comment est-ce que vous voyez 2026 ? Qu’est-ce qui pourrait se passer pour l’immobilier ?
On a deux scénarios. Un scénario un peu plus prudent, où on serait sur une stabilisation, voire une hausse de 1, 2, peut-être 3 %. Et un scénario avec une reprise un peu plus marquée, où là on serait sur des chiffres de 4, 5, voire 6 %. Tout ça est à prendre avec des pincettes, en fonction des taux d’intérêt et de leur évolution. On a également les élections qui arrivent au mois de mars, et aussi le contexte européen et mondial.
Avec les enjeux géopolitiques, ça a un impact sur la consommation des ménages, oui ? Ils ont moins confiance, ils sont prudents ?
Moins confiance, c’est mathématique, entre guillemets. Quand on est dans un contexte peu rassurant, on se dit qu’on est bien chez soi et qu’on reste chez soi.
Moins de mobilité.
Tout à fait.
Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Quentin Chabran, de nous avoir donné les dernières tendances de l’immobilier lyonnais. Quant à vous, je vous remercie d’avoir suivi cette émission. Vous pouvez retrouver plus de détails et aller plus en profondeur : nous avons publié de nombreux articles et dossiers sur l’immobilier à Lyon ces derniers mois, sur le site lyoncapitale.fr. Je vous dis à très bientôt.
