Gros pic de pollution à Lyon : vigilance rouge, environ 30% des véhicules interdits à Lyon ce jeudi, et bientôt plus ? Le point complet

Un épisode de pollution aux particules fines (combustion polluant PM10) est en cours depuis le lundi 24 janvier 2022 à Lyon. La qualité de l'air s'est considérablement dégradée à Lyon cette semaine, ce qui a conduit la Préfecture à prendre des mesures importantes. Et les prévisions ne sont pas bonnes pour les heures à venir...

"La situation se dégrade. Cet épisode de pollution continue et s'inscrit dans la durée. Il ne pleut pas, il fait froid, il y a une stagnation des masses d'air", alerte Ivan Bouchier préfet délégué pour la défense et la sécurité de la zone sud-est, notamment sur la Métropole de Lyon et le Rhône.

Un épisode de pollution aux particules fines (combustion polluant PM10) est en cours depuis le lundi 24 janvier 2022 à Lyon. Tous les seuils de vigilance ont été dépassés mercredi. Le bassin lyonnais est désormais en alerte rouge. Depuis ce jeudi matin, 5h, la circulation différenciée est renforcée à l'intérieur du périmètre ZFE (Lyon, Villeurbanne, Caluire) avec l'interdiction notamment des véhicules Crit'Air 3. En tout, environ 30% des véhicules du parc automobile lyonnais sont interdits à la circulation, à l'intérieur de la ZFE, ce jeudi.

Environ 30% des véhicules interdits dans la ZFE ce jeudi

"Nous avons pris dès lundi une première mesure d'alerte et d'information des populations. Ca s'est suivi mardi comme la situation ne s'améliorait pas, voir se dégradait, d'un premier arrêté préfectoral, passant au niveau 1, avec notamment la limitation de vitesse automobile (et l'instauration de la circulation différenciée) puis nous sommes passés mercredi au niveau 2, parce que le niveau de micro-polluants dans l'air a encore augmenté", résume le préfet délégué pour la défense et la sécurité.

Plus d'informations sur la qualité de l'air à Lyon sur le site d'Atmo-Auvergne-Rhône-Alpes, spécialiste de la qualité de l'air dans la région (à retrouver ICI)

Outre l'instauration de la circulation différenciée, un abaissement temporaire de la vitesse de 20 km/h est également instauré sur tous les axes routiers du département où la vitesse limite autorisée est normalement supérieure ou égale à 90 km/h, pour tous véhicules à moteur. Les axes dont la vitesse est limitée à 80 km/h sont limités à 70 km/h. "Si on peut éviter de prendre la voiture, on l'évite", ajoute Ivan Bouchier. "Les personnes en situation du difficulté respiratoire doivent faire particulièrement attention", poursuit-il.

Les véhicules Crit'Air 2 peuvent-ils eux aussi être interdits ?

Les prévisions pour les prochains jours ne sont pas bonnes. Pourrait-on aller jusqu'à une interdiction des véhicules Crit'Air 2 à l'intérieur du périmètre ZFE ? Cette catégorie représente à elle seule environ 40% des véhicules qui circulent. "Atmosphériquement, on ne nous annonce pas d'amélioration. Il n'y a pas de vent, pas de pluie annoncée dans les quelques jours qui viennent. Jusqu'à vendredi, samedi, nous sommes dans cette situation de niveau 2. Avec plus que de la vigilance. Des mesures additionnelles pour que chacun fasse attention. Si la situation était amenée à perdurer et à s'aggraver, il n'est pas impossible que nous soyons amenés à envisager la possibilité de renforcer telle ou telle mesure. Pour l'instant, (l'interdiction des Crit'Air 2) c'est une mesure examinée mais elle n'est pas envisagée dans les 48 heures qui sont devant nous (jeudi et vendredi)", expliquait Ivan Bouchier, préfet délégué pour la défense et la sécurité, mercredi soir.

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"Nous envisagerons, si la situation perdure, de regarder pour les catégories 2"

"Les mesures déjà prises excluent les catégories 5-4-3, c'est le parc des voitures qui sont les polluantes. Cela représente entre 25 et 30% du parc automobile. Cela représente donc une diminution si c'est appliqué, et cela doit être appliqué, une diminution sensible du nombre de véhicules et donc les plus polluants. Ces véhicules doivent impérativement cesser de rouler à partir de jeudi matin", affirme-t-il. "C'est déjà une mesure assez forte que de passer à l'interdiction de circulation pour les catégories 3. Nous envisagerons, si la situation perdure, de regarder pour les catégories 2. Cela représente un parc important vu le nombre de véhicules (environ 40%), cela entraîne de conséquences lourdes pour beaucoup de personnes. Nous regardons si nous devons aller jusqu'à cette mesure additionnelle", explique encore Ivan Bouchier, qui n'exclut donc rien.

Chauffage à la maison : "Nous recommandons de s'en tenir à 19 degrés"

Le préfet délégué pour la défense et la sécurité insiste aussi sur le chauffage, qui a une "part importante dans la production de micro-particules". "Sur le chauffage des appartements, nous recommandons vivement de limiter autant que possible la température. On ne vit pas confortablement à 24 degrés. Nous recommandons de s'en tenir à 19 degrés qui permet avec un pull de rester parfaitement au chaud, notamment quand les températures externes sont froides", explique encore Ivan Bouchier.

Enfin, en ce qui concerne les contrôles, "il y a un certain nombre de contrôles qui seront faits" Sur la vitesse et sur l'application effective des règles de circulation différenciée. Les véhicules qui ne doivent pas rentrer dans la ZFE ne doivent pas rentrer, sinon ils s'exposent à une contravention. Nous faisons ça pour un motif essentiel : celui de la santé. L'objectif n'est pas de dresser des contraventions, l'objectif est de dire clairement à tous ceux qui ont des véhicules qui sont particulièrement polluants : ils doivent cesser de les utiliser", conclut le préfet délégué à la défense et à la sécurité.

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