Médecin en grève à Lyon
Les médecins généralistes en grève à Lyon le 1er décembre. @ Martin Gaboriau

Grève des médecins à Lyon: "Nous ne sommes pas des secrétaires"

Plus de 350 médecins de la région Auvergne-Rhône-Alpes, se sont retrouvés à Lyon pour exprimer leur mécontentement "sur les dérives de la profession". 

Ce n'est ni le froid ni le vent qui en ce premier jour de décembre va arrêter le mouvement de grève des médecins. À l'initiative de ce rassemblement , le docteur lyonnais Christelle Audigier, a monté le groupe "Médecins pour demain" voulant montrer "la dureté du métier de médecin généraliste."

Un aide financière pour mieux "aider les patients"

Dans les rues de Lyon avec l'ensemble des grévistes, deux médecins venus de Saint-Etienne s'indignent, "on adore ce que l'on fait mais aujourd'hui il y a une trop grosse charge physique et émotionnelle". 

Chantant en boucle " médecins maltraités, patients mal soignés", les deux amis venus de la ville voisine veulent "avoir une aide pour tout ce qui est administratif, entraînant plus de temps libre pour nos patients". Pour faciliter cette prise en charge, la profession demande une modification du prix de la consultation passant de 25 à 50 euros, "on  pourra se débarrasser de la paperasse en embauchant une secrétaire et ne plus dire non à des malades". 

Regardant son homologue, elle s'exprime attristée, "je suis de la vieille génération et voici la nouvelle et j'ai peur pour elle". Effectivement, cette jeune médecin après un an de médecine libérale à décider de se désinstaller, "du fait des mauvaises conditions de travail, je n'ai pas pu continuer" en ajoutant "je ne sais pas comment va évoluer mon métier d'ici 5 ans". 

Le futur de la médecine s'inquiète

En remontant la chaîne, passant par les médecins, puis les jeunes médecins, il y aussi les étudiants. Yannis Tabouche, en dernière année de médecine est inquiet, mais il prépare "son projet d'installation". Bien conscient du problème, il sait que l'on "forme 2 fois moins de médecins qu'en 1990 et que moins de 8% veulent aujourd'hui s'installer en libéral". 

Même constat pour le futur médecin, "avec ces 50 euros, on pourrait se décharger des tâches administratives qui prennent du temps sur le temps médical".  Son aîné, venu de Grenoble, François Martel, médecin généraliste a "besoin de cette certaine reconnaissance perdue". Les médecins libéraux ne se sont jamais réunis sur une cause, "mais cette grève montre bien le ras-le-bol de l'ensemble de la profession", appuie le Grenoblois.

D'un point de vue salaire à l'échelle européenne, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), montre que le salaire est aux alentours de 90 000 euros, se plaçant bien en dessous de l'Allemagne ( 148 000 euros ) et l'Angleterre (125 000 euros). Pour l'étudiant en dernière année d'étude, il fait mention de "70 000 à 90 000 euros", mais " un salaire qui fluctue en fonction de la zone d'où travaille le médecin". 

Un non catégorique pour déléguer aux infirmiers 

Actuellement pour répondre à la pénurie des médecins, "on délègue des tâches aux infirmiers avancés", appuie l'étudiant Yannis Tabouche. Pour lui et l'ensemble de la profession, ce mode opératoire n'est "en aucun cas acceptable, ce sont des infirmiers qui ont deux années en plus qu'un simple infirmiers, mais il n'ont pas nos 9 ou 10 ans d'études". 

Même si les médecins ont tous un planning très chargé, ils refusent de "déléguer des patients à des gens qui n'ont pas les compétences". Une décharge du travail pour les médecins qui selon l'étudiant " pourrait nuire à l'intégrité des patients".  C'est donc un retour à la case départ, l'ensemble des médecins, ne voit pas d'autre issue possible et appuie sur une "volonté d'aide sur le côté administratif pour se consacrer à leur vrai métier". 

Lire aussi : Grève des médecins : un rassemblement organisé à Lyon

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