Gaël Perdriau, le maire de Saint-Étienne. (Photo de OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

Chantage à la sextape : en cas de mise en examen le maire de Saint-Étienne ne démissionnera pas

Les déboires judiciaires du maire Gaël Perdriau se sont invités à la table du conseil municipal de Saint-Étienne lundi 28 novembre. L’ex-élu LR a annoncé qu’il ne comptait pas démissionner s'il était mis en examen dans le cadre de l'enquête judiciaire où il est cité depuis le mois d’août.

"Si demain ou dans quelques mois, vous êtes mis en examen, que ferez-vous ?", lâche le chef de file de l’opposition municipale de gauche, Pierrick Courbon, en s’adressant au maire de Saint-Étienne. Une phrase qui donne le ton du conseil municipal du 28 novembre lors duquel les élus stéphanois n’ont rien laissé passer à Gaël Perdriau, empêtré dans une affaire judiciaire qui le fragilise de plus en plus. 

La présomption d'innocence

Acculé par son opposition l’ex-élu LR ne s’est pour autant pas démonté, maintenant sa ligne de conduite adoptée lors de  l’ouverture de l'enquête judiciaire où il est cité depuis le mois d’août dans le cadre d’un chantage à la sextape exercé sur son ex-premier adjoint Gilles Artigues. "Un mis en examen est toujours présumé innocent et donc si ce statut devait arriver, il ne changerait absolument rien à la façon que j’ai aujourd’hui de conduire le travail que les Stéphanois m’ont confié", a-t-il déclaré dans l’hémicycle en réponse à la question lancée par l’opposition.

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"Ne vous fiez pas à ce que vous voyez ou à ce que vous entendez (....). Attendez de connaître l’histoire dans son entièreté avant de porter un jugement", a insisté le maire, qui clame toujours son innocence après avoir été nommément accusé par Gilles  Artigues, placé en garde à vue mi-septembre et cité dans des enregistrements audio accablants publiés par Mediapart. Le scandale l'a cependant poussé à limoger son directeur de cabinet puis à renoncer à ses fonctions représentatives à la ville et à la Métropole de Saint-Étienne, tandis que l'adjoint municipal nommément accusé d'avoir tourné les images compromettantes démissionnait.

Quid de la censure de Médiapart ?

Questionné également sur son action judiciaire pour bloquer la publication de nouvelles révélations par Mediapart, ce que le site d'information considère comme une "censure préalable" qu'il conteste en justice, Gaël Perdriau a de nouveau été obligé de se justifier. "Comment pouvez-vous, accepter d’associer Saint-Étienne à une telle infamie ?", lui a ainsi demandé Olivier Longeon, le président du groupe écologiste.

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"Ne vous associez pas aux charognards qui veulent de me faire tomber", lui a alors rétorqué le maire, selon des propos rapportés par l’AFP. Selon lui, il s'agirait "de nouvelles accusations fondées sur des conversations privées, des excès de langage, des colères", sur la base d'"enregistrements illégaux" faits par Gilles Artigues. L’édile a néanmoins concédé qu’il s’agissait là de propos "grossiers et sans fondement mais tenus dans le cadre privé et restreint de mon bureau, dans un moment d’extrême tension avec mon premier adjoint", dans cet enregistrement datant de novembre 2017.

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