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Carte scolaire dans le Rhône : le rectorat de Lyon répond aux syndicats

Dans le Rhône, la carte scolaire 2026 prévoit la suppression de 221 classes nettes. Face à la mobilisation des syndicats enseignants, le rectorat de Lyon répond en exclusivité à Lyon Capitale.


Le 7 avril 2026, l'Académie de Lyon publiait un communiqué de presse au ton résolument optimiste : dans le Rhône, la rentrée 2026 serait synonyme de "classes moins chargées" et d' "accompagnement renforcé" pour les élèves. Une communication soignée, chiffrée, rassurante : 20,8 élèves par classe en moyenne, 33 nouveaux pôles d'appui à la scolarité, une ruralité "globalement préservée".

Sauf que sur le terrain, le tableau est tout autre. Les syndicats enseignants, SNUDI-FO en tête, dénoncent la suppression nette de 221 classes dans le département, 13 postes en moins dans les établissements spécialisés, et une concertation qu'ils jugent purement formelle. Un préavis de grève, des blocages d'écoles, une intersyndicale mobilisée : la colère est réelle.

Entre le récit institutionnel et la réalité vécue par les personnels, Lyon Capitale a voulu comprendre. Nous avons posé les questions qui fâchent aux services du rectorat de Lyon. Leurs réponses, en exclusivité.


Lyon Capitale : Le communiqué du rectorat de Lyon présente la rentrée 2026 comme une amélioration des conditions d'apprentissage avec 20,8 élèves par classe en moyenne. Pourtant, les syndicats pointent la suppression de 221 classes nettes dans le Rhône. Comment expliquez-vous cet écart entre le récit positif du rectorat et la réalité vécue par les enseignants sur le terrain ?

Le rectorat de Lyon : Le taux d'encadrement poursuit son amélioration. Le nombre de suppression de postes est moins important que ce que la forte baisse des effectifs d'élèves laissait présager. 

Les syndicats dénoncent la suppression de 13 postes dans les établissements spécialisés alors que plus de 1 000 élèves sont en attente de places. Le rectorat met en avant la création de 33 pôles d'appui à la scolarité (PAS). Mais pour les syndicats, ces pôles ne visent pas à répondre aux besoins des élèves handicapés : ils serviraient surtout à réduire le recours aux notifications MDPH. Ces pôles sont-ils une vraie réponse ou un moyen de contourner les droits de ces élèves ?

Les 33 pôles d'appui à la scolarité (PAS) visent à permettre une action concertée et plus intense entre l'éducation nationale et l'ARS. Cette dynamique sera au profit des élèves et de leur famille, ains que des équipes chargées de les accompagner. Ainsi, des moyens conséquents sont consacrés à la création des PAS, avec la création d'un poste de coordinateur sur chaque PAS, chargé de coordonner l'action au service des élèves et les relations avec les familles, complété par un moyen de l'ARS pour chaque PAS.

En deux ans (rentrées 2024 et 2025), 143 postes ont disparu dans le Rhône selon le SNUDI-FO. Comment justifiez-vous ces suppressions dans un département qui affiche déjà l'un des taux les plus faibles de professeurs pour 100 élèves en France ?

Depuis la rentrée 2024, le département du Rhône a enregistré une forte baisse de ses effectifs d'élèves : plus de 12 300 élèves. Malgré cela, le taux d'encadrement s'améliore chaque année car les suppressions de postes ne se font pas à la hauteur des baisses d'effectifs d'élèves.

Le communiqué du rectorat affirme que la ruralité a été "globalement préservée". Les syndicats contestent cette affirmation et s'inquiètent pour les écoles en zone rurale comme en éducation prioritaire. Quels engagements concrets pouvez-vous prendre pour que ces territoires ne soient pas les premières victimes des fermetures de classes ?

Toutes les opérations de carte scolaire dans les zones rurales sont réalisées en concertation avec les maires des communes, avec une prévision des évolutions sur trois ans. Cela permet ainsi de prendre en compte les particularités et la dynamique de chaque territoire. Aucune fermeture ne peut donc s'effectuer sans l'accord du maire. Pour les zones en éducation prioritaire, le dédoublement des grandes sections, CP et CE1 comme les taux d'encadrement sont garants du maintien des conditions d'enseignement. 

Face à un mouvement syndical qui parle de situation "inacceptable", de blocages d'écoles et de grèves et qui dénonce des décisions prises avant même la fin des concertations, pensez-vous que le dialogue avec les personnels enseignants a été suffisant dans l'élaboration de cette carte scolaire ?

Le dialogue avec les représentants des personnels est permanent. La situation n'est pas figée, quelques modifications peuvent encore être apportées. Les instances et le calendrier de la carte scolaire a été parfaitement respecté.

Lire aussi : "Inacceptable" : les syndicats enseignants alertent sur la suppression de 221 classes dans le Rhône

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