Cyberattaque, contamination NRBC et blessés en masse : immersion dans l’exercice ORION à l’hôpital Édouard Herriot à Lyon, mobilisant 500 étudiants face à une crise fictive hors norme.
"Campagne de fake-news, contaminations des écosystèmes, cyberattaques, afflux massif de blessés, accident nucléaire, prise en charge des traumatismes psychologiques… Les pouvoirs publics doivent faire face à une attaque hybride menée par une puissance ennemie. A Lyon, l’hôpital Edouard Herriot est au cœur de cette gestion de crise." : voici le scénario imaginé par les Hospices Civils de Lyon pour cet exercice grandeur nature. Près de 500 étudiants lyonnais de trois universités lyonnaises y participent. Pour l’encadrer, une cinquantaine de professionnels se mobilisent.
Système informatique en panne : l’hôpital face à la cyberattaque
Il est un peu plus de 14 h. Dans un service de l'hôpital Edouard Herriot, la tension grimpe. Les soignants s’activent, les cas s’enchaînent, les patients ont besoin de soins. Puis, sans prévenir, les écrans lâchent : "You have been hacked".
Plus d’ordinateurs. Plus de dossiers. Juste des patients (parfois impatients) et des décisions à prendre. Les étudiants passent de chambre en chambre, gérant les crises de façon sereine. Malgré les systèmes défaillants, ils doivent s'organiser, coûte que coûte pour remplir leurs objectifs : remettre en route le système informatique tout en prenant en charge des patients en réanimation
Certains gèrent des cas lourds en réanimation. D’autres tentent de comprendre la panne. Dans une salle voisine, des élèves ingénieurs s’activent également et traquent la cyberattaque, ligne par ligne.
Très vite, une évidence s’impose : sans numérique, tout ralentit. Mais rien ne doit s’arrêter. Alors, ils improvisent, ils communiquent, ils priorisent. Et surtout, ils tiennent bon.

Opération décontamination : urgence NRBC à l’hôpital
À 15 h, rendez-vous à l’extérieur du bâtiment pour une autre urgence : la décontamination de patients victimes d’une attaque NRBC (menaces nucléaire, radiologique, biologique et chimique). Les objectifs pour les étudiants : installer une chaine de décontamination et déterminer les substances incriminées à l’aide d’un spectromètre.
Nous avons tout d'abord assisté à un processus de décontamination avec des contrôles approfondis. Le but étant de retirer la tenue de la personne pouvant présenter des risques d'attaque NRBC.

Puis, des victimes arrivent et sont potentiellement contaminées. Les équipes montent une chaîne de décontamination. Les gestes deviennent mécaniques. Retirer, laver, isoler. Mais un doute persiste : quelle substance circule ? Pour répondre, un spectromètre et une unité mobile de décontamination entrent en jeu. Autour, des étudiants en santé, des pharmaciens, des militaires et des professionnels du SAMU croisent leurs analyses.

Un troisième volet complète l’exercice. Il concerne la prise en charge de patients psycho-traumatisés au sein de la faculté de médecine, à Laënnec. Les objectifs pour les étudiants : prendre en charge, en urgence, une cinquantaine de patients psycho-traumatisés.
Une cinquantaine de patients sont pris en charge. Ils y sont évalués, triés puis orientés par une douzaine d’étudiants en psychologie, épaulés par leurs homologues en médecine et en soins infirmiers.
Une simulation au service de la réalité du terrain
"Ce qui est assez original, c'est de mettre en synergie les différents enseignements supérieurs pour qu'ils travaillent ensemble, ce qui se passera en réalité. On aura besoin de tout le monde et c'est ça l'enjeu" explique le général Alain Lardet, officier général de la Zone de Défense sud-est. Il ajoute : "Notre métier, c'est de nous entraîner en permanence vis-à-vis des différentes menaces, (...) d'où l'intérêt de cet exercice majeur ORION. Le but, c'était de sensibiliser les étudiants dans leur cursus universitaire, dans leur spécialité, pour pouvoir mettre en pratique ce qu'ils apprennent, dans le cadre d'un exercice qui serait réel."
Au total, près de 500 étudiants ont participé à cet exercice national, piloté par le ministère des Armées. À leurs côtés, des professionnels hospitaliers et des militaires encadrent chaque étape. Tous poursuivent le même objectif : se préparer.

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