A quoi va ressembler l’Hôtel-Dieu dans 4 ans ?

Les travaux de l’Hôtel-Dieu ne devraient pas être achevés avant 2016. Ce symbole du patrimoine immobilier lyonnais accueillera un hôtel, des bureaux et commerces, ainsi qu’un centre de conférence. En plus de la réhabilitation des vielles pierres, le site sera agrémenté de bâtiments flambant neufs. Tour d’horizon des aménagements à venir.

"Un lieu en perpétuel renouvellement, qui ne doit pas se momifier dans le XIXe siècle", c’est ainsi que Didier Repellin, architecte en chef des Monuments Historiques, parle de l’Hôtel-Dieu. Ou plutôt du Grand Hôtel-Dieu, car c’est le nom du projet qui concerne l’édifice de la presqu’île lyonnaise. Si du XIIIe siècle à aujourd’hui, l’Hôtel-Dieu a subi des modifications en tant qu’hôpital, c’est bien à présent qu’il devrait connaître sa plus profonde transformation, avec un changement total d’orientation, puisque sur les 2,2 hectares du site, se côtoieront bientôt : un hôtel, des bureaux et des commerces et un ensemble centre de convention/musée.

L’hôtel : il s’agira d’un établissement 5* luxe, géré par le groupe hôtelier Intercontinental. S’étalant sur 17 000 m², il devrait compter 147 chambres. Il occupera les trois quarts de l’aile Soufflot, la partie la plus connue de l’Hôtel-Dieu, dont les 385 m² de façade longent le Rhône sur le quai Jules Courmont. La réception devrait se trouver dans le Grand Dôme, qui restera cependant un espace ouvert aux Lyonnais.

Les bureaux occuperont sur 16 000 m², le premier étage de l’Hôtel-Dieu et des nouveaux bâtiments.

14 000 m² de commerces s’étaleront en rez-de-chaussée de l’Hôtel-Dieu et des nouveaux bâtis, avec une densité plus importante rue Bellecordière. Selon Bernard Vitiello, directeur adjoint d'Eiffage Immobilier, investisseur du projet, il devrait y avoir autant de magasins d’équipement de la maison que de boutiques dédiées à l’équipement de la personne, avec des enseignes plutôt haut de gamme. "Nous ne nous positionnons pas dans le luxe comme à Grolée, mais il ne s’agira pas non plus de mass-market comme rue de la République", a-t-il précisé. Sept restaurants devraient apparaitre dans l’ensemble, dont une brasserie qui occupera le Grand réfectoire de l’Hôtel-Dieu. Un commerce alimentaire devrait voir le jour en sous-sol.

L’ensemble salle de convention/musée devrait se retrouver logé dans la partie la plus ancienne de l’édifice, sous le petit Dôme. La partie convention, prévue pour accueillir et restaurer 350 personnes sera placée sous une verrière. Le projet de Grand musée de la santé (lire par ailleurs) qui réunirait les musées lyonnais de ce secteur occuperait, quant à lui, 4000 m². Sa création est cependant conditionnée à une levée de fonds. Les Lyonnais pourront se réapproprier les 8000 m² de cour de l’Hôtel-Dieu, certaines retrouvant même leur fonction d’antan, de jardin d’apothicaire.

Des bâtiments neufs
Mais pour réaliser cet ambitieux projet, hors de question de dénaturer l’Hôtel-Dieu, qui bénéficie depuis fin 2011, d’un classement, dans son ensemble, aux bâtiments historiques. Ne seront démolis, que les "rajouts fonctionnels" des années 1970, type cage d’ascenseurs en béton et autres "verrues". 42 000 m² bénéficieront d’une réhabilitation, tandis que 12 000 m² seront totalement construits, notamment du côté de la rue Bellecordière. Mais déjà, les projets de façades totalement vitrées qui avaient été imaginées à l’origine, pour ces nouveaux bâtis, ne sont plus d’actualité, jugés pas assez en adéquation avec le lieu.

Plusieurs ouvertures devraient être créées, dont une rue de la barre et deux rue Bellecordière, donnant sur la place Bonnet, qui fera son apparition. Coté Rhône, un embarcadère pourrait voir le jour, mais l’aisance d’accès entre l’hôtel et le quai reste encore problématique. Les places de stationnement en épi disparaissant, un parking sous-terrain accessible par le quai Jules Courmont verra le jour, mais avec une capacité relativement restreinte, de l’ordre de 150 à 250 places.

L'Hôtel-Dieu, un demi Millau
L’échéancier pour la réalisation de ce projet, paraît ambitieux. Après obtention des autorisations administratives par la DRAC, Eiffage espère voir débuter les travaux au premier semestre 2013, pour une livraison d’une première tranche fin 2015 et la fin totale des travaux un an plus tard. A bâtiment exceptionnel, enveloppe exceptionnelle. Pour réaliser la totalité du projet, Eiffage débourse 150 millions d’euros, soit la moitié du budget investi pour réaliser le viaduc de Millau.

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L’Hôtel-Dieu n’est pas vendu

Dans le cadre du bail à construction, Eiffage s’engage à réhabiliter et exploiter les lieux pendant 90 ans, avant que le bien ne revienne dans le giron des Hospices Civils de Lyon.

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