La promesse du salon de Francfort 2009, de fournir dès 2012 une gamme de véhicules tout électriques prend forme dès cette fin d’année avec la mise sur le marché des Kangoo et Fluence Z.E. (comme Zéro Émission).
Contrairement à nombre de ses concurrents, Renault a su contenir ses prix au même niveau que les modèles thermiques équivalents. D’une part grâce à l’incitation fiscale de 5000 euros, d’autre part en décidant de louer les batteries. Le procédé a pour avantage de garantir au client d’avoir en permanence une batterie en forme optimale et de ne pas grever le coût de revente d’un véhicule à la batterie usagée.
Non seulement le prix d’achat se trouve fortement diminué mais le procédé garantit au client d’avoir en permanence une batterie en forme optimale. Bien sûr il y a un coût à cette location qui varie selon le terme du bail et le kilométrage effectué mais avec un premier prix à 72 euros mensuels pour 10000 km annuels, rouler électrique revient moins cher que de rouler à l’essence ou au diesel. Le contrat inclut une assistance 24h/24 qui pourra vous dépanner en toute circonstance, et ce même si un étourdi oubliait de recharger la batterie.
Un entretien moins cher
Qui dit moteur électrique, dit absence de courroies, de vidanges, et une usure mécanique minimale. Renault promet ainsi des économies annuelles de 20% sur le coût d’entretien du véhicule. Autre économie substantielle, la prime d’assurance serait réduite de 20% également.
Autre caractéristique du moteur électrique, un couple important disponible dès que l’on accélère. Il faudra s’habituer à manier la pédale de droite avec délicatesse pour ne pas faire patiner les roues avant. Il faudra de même s’habituer au frein moteur. Dès que l’on lève le pied de cette fameuse pédale, le système de récupération d’énergie s’enclenche avec un fort ralentissement du véhicule. Les réglages du Kangoo renforcent ce ralentissement au point qu’il faut parfois accélérer en descente pour ne pas s’arrêter complètement.
Enfin, et ce n’est pas le moins surprenant, le silence d’utilisation est total. Le moteur démarre sans que le conducteur ne s’en rende compte, seul un voyant vert « GO » s’illumine au milieu du tableau de bord pour indiquer qu’il est temps de prendre la route.
Le problème de l'autonomie
La question de l’autonomie demeure le problème majeur de la technologie électrique. Renault annonce entre 80 et 180 kilomètres possibles avec une batterie en pleine charge. Tout dépend de la fluidité de la circulation, des conditions atmosphériques et du type de conduite. Il faudra aussi apprendre à conduire « électrique », tout en douceur et en sachant user du frein moteur. Sachant que, quotidiennement, la majorité des véhicules en ville roulent en moyenne moins de 80 kilomètres, il ne devrait pas avoir de problèmes pour rentrer chez soi.
L’installation d’une borne de recharge est fortement recommandée pour gérer au mieux le temps de recharge qui varie entre 6 et 8 heures. Renault fournit un câble permettant de se brancher sur n’importe quelle prise domestique, allongeant ainsi la recharge de quelques heures. Dans les mois à venir, un système de recharge rapide (30à 40 minutes) sera proposé en attendant que les stations d’échange de batteries type Quick Drop ne se généralisent. Il ne faudra alors guère plus de temps pour repartir à pleine charge qu’il n’en faut aujourd’hui pour faire un plein d’essence.
Leader européen du véhicule utilitaire Renault inaugure donc sa gamme Z.E. avec un Kangoo 100% électrique décliné en trois versions. Le classique deux places se voit adjoindre le maxi deux places et un cinq places. La batterie se logeant sous le châssis en position centrale, le volume de chargement est rigoureusement identique à leurs confères thermiques et le comportement routier s’en trouve amélioré.
Dans le même temps Renault lance la première berline tricorps tout électrique au monde avec la Fluence ZE. Un empattement un peu plus long que le modèle thermique permet de loger la batterie en position verticale entre les places arrières et le coffre. Ce dernier se trouve cependant amputé de près d’un tiers. Suffisant cependant pour un usage courant. L’implantation de la batterie a permis d’obtenir une répartition des masses parfaitement répartie entre les trains avant et arrière à 50-50, produisant un comportement routier quasiment irréprochable. Confortable et spacieuse voilà un véhicule qui en étonnera plus d’un.
L’autonomie est donc, en l’état actuel, fortement réduite en comparaison de ce que nous a habitué l’automobile à propulsion thermique. Renault a négocié avec certains loueurs des tarifs préférentiels pour les propriétaires de véhicules Z.E. qui voudraient prendre la route pour de plus grandes distances.