Une œuvre exigeante et subtile qui vous poursuit bien au-delà de la projection et qui sous-entend bien plus qu’elle ne montre.
La question humaine ***
De Nicolas Klotz. D’après le roman de François Emmanuel. Avec Mathieu Amalric, Michael Lonsdale... Drame. Français. 2h21
Résumé : Simon, psychologue au département des ressources humaines d’une grosse entreprise, se voit confier, par sa direction, une enquête sur un de ses dirigeants. Une expérience qui remet en question sa propre existence.
Tout commence comme un nouveau pamphlet sur le monde cruel de l’entreprise et ses jeunes cadres dynamiques. Puis, insidieusement, l’ombre du nazisme s’immisce dans le récit au fil des investigations d’un Simon qui perd peu à peu pied. On sort finalement du cinéma un peu abattu par les 2h20 d’un film exigeant dont on craint d’abord les raccourcis. Ceux qui consisteraient à comparer naïvement les mécanismes de la « Solution finale » à l’entreprise libérale qui restructure comme d’autres exterminent. Mais on comprend bien vite que l’œuvre ne se résume pas à une simple analogie. Car La question humaine en pose belle et bien, elle, des questions. On quitte la salle et on s’interroge alors sur l’inhumanité de l’entreprise, sur l’influence du passé qui pourrait se répéter, sur le rôle de la langue, des mots dans le processus de manipulation, d’acceptation... Simon est un rouage de cette machine qui sera confronté à sa propre humanité. Un être sans cesse rattrapé par son métier, manipulé par celui-ci, presque digéré, mais qui aura cependant l’opportunité de faire un choix. Un choix que l’on retrouve également dans Violence des échanges en milieu tempéré, de Jean-Marc Moutout avec un autre traitement et une autre issue pour le héros. Pour Nicolas Klotz le réalisateur et Elizabeth Perceval sa scénariste, «la Shoah n’est pas la solution du film, la réponse à l’enquête de Simon. L’histoire hante le film. L’histoire est quelque chose qui traverse et travaille notre présent. A partir du moment où la shoah constitue un tournant radical par l’ampleur de la tragédie, on ne peut pas le déconnecter de notre présent ». Avec La question humaine, ils ne proposent ni une critique du monde de l’entreprise ni un certain regard sur la Shoah. Ils s’intéressent aux effets de l’holocauste sur la société occidentale contemporaine.
Les autre sorties de la semaine
La vengeance dans la peau ***
de Paul Greengrass
Après La mémoire dans la peau et La Mort dans la peau, Matt Damon renfile le costume de l’espion Jason Bourne. Devant le succès critique et public, un quatrième volet est envisagé et devrait se situer 15 ans après les faits décrits dans cet épisode. Il pourrait s’intituler L’arthrite dans la peau.
Et aussi
Charly, de Isild Le Besco
Kaïdan, de Hideo Nakata
King of California, de Mike Cahill
Le goût de la vie, de Scott Hicks
L’Age d’homme... maintenant ou jamais, de Raphael Fejtö
Mon frère est fils