LA SELECTION CINEMA DE LYONCAPITALE.FR

Présenté à la quinzaine des réalisateurs à Cannes, Après lui, le quatrième film de Gaël Morel, tourné à Lyon, le place définitivement parmi les cinéastes sur lesquels il va falloir compter.

Après lui HHH
De Gaël Morel
Avec Catherine Deneuve, Thomas Dumerchez, Guy Marchand...
Drame. France. 1h30

L'histoire : Un soir, Mathieu, la vingtaine, décède dans un accident de voiture. Désespérée, sa mère se prend d'affection pour Frank le meilleur ami de son fils, qui était au volant le soir du drame.
Quand un fait divers est ausculté par un cinéaste humaniste et pointilleux comme Gaël Morel, ça donne un film dur, froid et émotionnellement traumatisant. A peine le temps de sourire devant une scène légère d'amitié virile qu'on plonge dans un drame terrible vécu par le spectre de Deneuve, mater dolorosa brisée après la mort du fils. Certes l'actrice en fait des tonnes, obsédée par une maternité inachevée qu'elle reporte sur le meilleur ami de l'enfant disparu, désigné par la société comme "l'assassin officiel", mais il suffit de dépasser son côté tragédienne jusqu'au boutiste pour avoir du mal à retenir ses larmes.
Car Après lui ne laisse transparaître aucun optimisme. Le fait divers, la mort violente, ce hasard malheureux qui peut survenir dans la vie de chacun est traité sans complaisance, ni aucun pathos racoleur. Comme Morel navigue dans des sphères proche d'un Téchiné ou d'un Truffaut, il s'attache à décrire avec respect et finesse tous les détails du manque : une odeur sur un oreiller, une marque d'impact sur un platane, une chanson qu'on réécoute après...
Tourné dans une ville de Lyon rendue excessivement grise et morbide, le côté osbscur du quotidien post-fait divers prend dans ce cadre une envergure acerbe, glauque et terrassante qui se dénoue (heureusement) dans une scène finale solaire et un peu magique à Lisbonne. Dans cette Lyon portugaise, irradiée par le soleil et l'espoir du renouveau, maman pose un très long regard sur un homme-enfant endormi, fantôme de son propre fils qui cristallise toutes ses vélléités maternelles, charnelles et sensuelles.

ZOOM EXPRESS : LE COUP DE BOULET DE PIRATE DES CARAIBES

Après Angélique, Stars Wars ou Indiania Jones, c'est au tour des Pirates des Caraïbes de s'éléver au rang de saga mythique et lucrative du 7e Art. Et ce n'était pas gagné. Aujourd'hui encore, le producteur Jerry Bruckheimer docteur ès blockbusters le confirme "Personne ne pouvait prévoir qu'un film de pirates inspiré par une attraction allait rencontrer un tel écho dans le public". Plus encore qu'un écho, c'est un abordage de flibustiers qui s'est abbattu sur la planète ciné au point que le second volet de la saga a dépassé le milliard de dollars de recettes à travers le monde. Il aurait été donc dommage de ne pas lancer une suite. Avec 200 millions de dollars de budget, 8000 costumes, un nouveau méchant, une reconstitution bluffante de Singapour au XVIIe et cerise sur le bateau : le grand Keith Richards, guitariste des Rolling Stones, dans le rôle du père de Jack Sparrow, ce troisième numéro de la saga promet d'être le plus spectaculaire de tous. Seul bémol, sa durée (2h48) qui devrait refroidir un grand nombre de familles...
> Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du monde (de Gore Verbinski).
Etats-Unis . 2h48
LA SELECTON DE LYONCAPITALE.FR
(* : bof / ** : à voir / *** : à ne pas rater / **** : excellent)

Zodiac ****
Un thriller qui fascine du début à la fin. Le portrait quasi-documentaire d'une époque sur 30 ans, après Se7en ou Fight Club David Fincher ajoute un nouveau grand classique à sa filmographie.
A ne surtout pas manquer.
Still Life ****
Petit chef d'œuvre chinois, lion d'or à la Mostra de Venise, Still Life est un grand film réaliste, puissant et politique qui montre le vrai visage de la Chine.
Irina Palm ***
Vous avez aimez Billy Elliot ou The Full Monthy ? Alors ne ratez pas cette délicieuse tragi-comédie british qui offre enfin à la mythique Marianne Faithffull son premier rôle en tête d'affiche.

Clerks II ***
Comment faire d'une comédie subversive et potache, une réflexion pas si drôle sur les non-sens de la génération X. Hilarant et beaucoup plus fin qu'il n'y paraît.
We feed the world ***
Un docu juste et accablant sur le système qui lie les grands groupes alimentaires et les Etats dans la responsabilité du gaspillage écologique et humain.

Tout ira bien **
Ce miraculeux petit film allemand tourné en 17 jours, avec 3000 euros seulement, raconte un drôle de sauvetage d'un père à la dérive par son propre fils. Le retour du cinéma spontané.
LES AUTRES SORTIES :
Le scaphandre et le papillon (de Julian Schnabel) - La disparue de Deauville (de Sophie Marceau) - Les chansons d'amour (de Christophe Honoré) - Komma (de Martine Doyen)

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