LA SELECTION CINEMA DE LYONCAPITALE.FR

Plus encore qu'un petit film d'auteur magnifique : une grande oeuvre politique.

De Jia ZhangKe
Avec Han Sanming, Zho Tao, Shen Hong... Chine. 1h48

L'histoire : Chine, vallée des Trois Gorges, en amont du plus grand barrage du monde. Un homme recherche sa femme et sa fille qu'il n'a plus vu depuis seize ans. Une femme parcourt le chantier pour retrouver son mari, disparu il y a deux ans...

N'ayez pas peur de vous risquer à ce petit film chinois. Des travellings tournés en caméra néoréaliste aux plans-séquences laiteux et picturaux, le long ballet mélancolique filmé par ZhangKe enivre et bluffe. Au centre : une homme cherche sa femme, expulsée par la construction du barrage des Trois Gorges et sacrifiée par la modernité. Une femme cherche son mari, engagé dans le chantier et sacrifié pour la modernité. Sans trop en dire ni trop en montrer, ces deux destins croisés, ces deux histoires parallèles en disent long sur les cicatrices qui entaillent au plus profond la Chine et ses traditions.
Le cinéaste ZhangKe, dont les films ont été longtemps interdits par les autorités chinoises, ne courbe pas l'échine et sans violence ni excès, continue de dénoncer les contradictions de la société. Tandis que ses personnages errent dans les ruines, l'eau ne cesse de monter et le pognon de tourner. Les immeubles des années 80 sont déjà rasés et leurs habitants n'ont pas même le temps d'assimiler la modernité qu'il faut déjà en construire une autre. Tout s'effondre, tout se rebâtit dans cette atmosphère amère, impressionniste et poétique qui rappelle que le réalisateur a commencé l'art en tenant un pinceau. Et c'est l'ironie qu'on retient venant de cette génération de cinéast

ZOOM EXPRESS - Clercks II ***

De Kevin Smith. Etats-Unis, 1h38.

Quand Kevin Smith a débarqué en 1994 sur la Croisette avec Clerks, un ovni en noir et blanc qui suivait une bande d'employés glandeurs dans une épicerie et un vidéo-club, la prude amérique laborieuse avait grincé des dents. 13 ans plus tard, le cynique réalisateur de Dogma reprend les mêmes et recommence, histoire de savoir "si l'on peut être éternellement un petit malin j'menfoutiste après trente ans"... Manifestement, à voir cet hilarant second volet, subversif et potache à souhait, il n'y aucun doute : branleur un jour, branleur toujours !

LA SELECTION DE LYONCAPITALE.FR

J'veux pas que tu t'en ailles ***
Une énième comédie romantique sur le couple qui ne révolutionne pas le genre, mais qui reste trop bien interprétée pour être snobée. Mention spéciale à la belle Judith Godrèche, blonde parmi les blondes...

A Casa Nostra ***
Une chronique milanaise sur l'argent, la corruption et le malheur populaire signée par la fille du grand Luigi Comencini qui se paye le luxe de dénoncer le système berlusconien qui a perverti l'Italie moderne. Un film franchement couillu dont on aimerait voir l'équivalent français.

We feed the world ***
Un documentaire très juste et implacable sur les grands groupes alimentaires et les liens qu'ils entretiennent avec les Etats dans la responsabilité immonde du gaspillage écologique et humain. Accablant.

Anna M. ***
Un thriller psychologique malsain et dérangeant, mené de main de maître par Isabelle Carré dans le rôle d'une érotomane complètement barrée.

La tête de maman ***
Karin Viard et Kad Mérad s'en donnent à cœur joie dans cette comédie dramatique pleine de bonnes idées de cinéma. Le premier film d'une jeune réalisatrice à surveiller.

Ne touchez pas à la hache ***
Adaptation de La duchesse de Langeais de Balzac, le dernier Rivette offre à Guillaume Depardieu et Jeanne Balibar un écrin d'or et de spiritualité pour exprimer leurs talents de comédiens. Etourdissant.

Alpha Dog ***
Drogue, sexe & violence. Nick Cassavetes fait du Larry Clark et filme la jeunesse US blanche dans un drame funeste et subversif. Difficile à croire mais entre Sharon Stone et Bruce Willis, Justin Timberlake est plutôt surprenant.

Les témoins ***
Les années sida vues par Téchiné : un drame solaire et pudique sur l'amour menacé d'une génération plombée. Magnifique.

Le candidat **
Pour sa première réalisation, le comédien Niels Arestrup signe une farce politique tissée d'humour, de tensions et de faux semblants qui laisse une grande place à la théâtralité. Attal y est excellent.

Nocturnes **
Les souvenirs d'un gamin à la fin des années 50 filmés en noir et blanc et en neuf séquences. Un film nourri de grande Histoire (la guerre d'Algérie) mais tellement ésthétique qu'il oublie l'émotion et la cohérence du récit.

Nos amis les terriens *
Une adaptation d'un bouquin excellent par son auteur, Bernard Weber qui en passant à la réalisation convainc moins qu'à l'écriture. Au final, les procédés répétitifs ennuient plus qu'ils ne séduisent.

LES AUTRES SORTIES

Loin d'elle (de Sarah Polley) - Miss Montigny (de Miel van Hoogenbemt) - L'ami de la famille (de Paolo Sorrentino) - Si le vent soulève les sables (de Marion Hänsel) - Amer beton (de Michael Arias) - Le cercle des noyés (de Pierre-Yves Vendeweerd)

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