Dans un courrier daté du 20 octobre, Régis Juanico demande au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de muscler les effectifs de police et de gendarmerie samedi 24 octobre, jour de match de l’ASSE au stade Geoffroy-Guichard.
Mardi 20 octobre, trois jours après la journée de mobilisation contre la vie chère, le maire (PS) de Saint-Étienne a écrit à Beauvau. Dans sa lettre, Régis Juanico évoque des "violences urbaines sans précédent" : un cortège calme dans un premier temps, puis dégénéré sous l’impulsion "d’une minorité de participants".
Le courrier dresse un premier bilan : une centaine de commerces du centre-ville dégradés ou pillés, de nombreux arrêts de tramway et panneaux publicitaires détruits, l’accueil de la mairie annexe de Centre Deux anéanti. À l’Hôtel de Ville, 400 émeutiers auraient tenté de s’introduire en lançant cocktails Molotov, essence et acide sur les policiers municipaux. Sans le sang-froid de ces agents et l’action de la police nationale, estime l’élu, "la maison commune des Stéphanoises et Stéphanois aurait très certainement connu le même sort que celle de Limoges", ravagée par un incendie volontaire en fin de manifestation le même jour.
Le maire a depuis annoncé un fonds d’urgence pour les professionnels. Pour l’Hôtel de Ville, il jugeait dimanche que tout s’était joué "à quelques minutes près".
Le courrier mentionne aussi la grave blessure d’un adolescent. Ce manifestant de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade des forces de l’ordre, devant un centre commercial, selon France 3. Les inspections générales de la police (IGPN) et de la gendarmerie (IGGN) enquêtent ; l’élu attend qu’elles éclairent les circonstances.
Un match de Ligue 2 dans le viseur
Réclamant une réponse "ferme et immédiate", le maire relève que la Justice a déjà entamé son travail contre les coupables, mais juge qu’il revient au ministère d’empêcher qu’une telle journée se reproduise. Sa demande : renforcer "substantiellement" le nombre de policiers et gendarmes nationaux affectés à Saint-Étienne le 24 octobre.
Ce soir-là, à 20 h, l’AS Saint-Étienne reçoit le FC Nantes. Aucun effectif précis n’est avancé, mais Régis Juanico invoque le rang de la ville, 14e de France : la dotation en forces de sécurité doit, écrit-il, être "proportionnée à son rang". Il se dit prêt à échanger sur le dispositif prévu. Une nouvelle mobilisation sociales est de fait annoncée ce même samedi. Ancien député de la Loire, il avait déjà interpellé l’État, à l’Assemblée, sur les effectifs de la police stéphanoise. Début 2025, après le match ASSE-PSG, le club reprochait lui-même à Beauvau de ne pas avoir alloué assez de forces de l’ordre.
Le 17 octobre, 550 000 personnes ont manifesté en France selon le ministère de l’Intérieur, 800 000 selon les organisateurs. Le ministère a recensé 2 397 interpellations dans le pays, le jour même des violences. Emmanuel Macron a promis des poursuites contre les auteurs de dégradations. À ce stade, la réponse de Laurent Nuñez au maire de Saint-Etienne n’est pas connue, et le décompte des dégâts stéphanois varie selon les sources.
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