La Région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé ce mercredi 21 octobre débloquer 15 millions d’euros d’aides pour les commerçants sinistrés lors des émeutes et pour ceux qui souhaiteraient se protéger.
"Notre pays a rencontré le week-end dernier un moment qui ne doit pas, qui ne peut pas correspondre à son image", lançait ce mercredi 21 octobre le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke. Lyon, Clermont-Ferrand, Saint-Étienne, Valence, Grenoble, Villefranche-sur-Saône, Chambéry… Plusieurs villes du territoire ont été victimes d’émeutes en marge de la mobilisation nationale contre la vie chère et de nombreux commerces ont été dégradés, voire pillés. À Lyon, on compte près de 200 commerces touchés, dont 157 rien qu’en Presqu’île.
"Il faut bien distinguer deux phénomènes : celui d'une France qui a des choses à dire et qu'on peut absolument comprendre dans le contexte que nous traversons, et de ceux qui, tellement éloignés de ces sujets-là, peut-être même qu'ils ne les maîtrisent pas, sont organisés pour venir casser, détruire, piller", a ajouté Fabrice Pannekoucke.
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Jusqu’à 5 000 euros d’aides par commerçant
Après les annonces de la Métropole et de la Ville de Lyon en début de semaine, c’est au tour de la Région de débloquer un fonds d’aides pour les commerçants à hauteur de 15 millions d’euros. "On est évidemment choqué et on a besoin de pouvoir comprendre, mais on ne peut pas rester les bras ballants", estimait encore le président de région. Et Laurent Wauquiez, conseiller spécial, de dénoncer : "On a affaire à une France qui travaille, qui paye déjà beaucoup de charges, qui a du mal à s'en sortir et qui s'est retrouvée abandonnée par l’État." Concrètement, ce dispositif a deux objectifs : aider les commerçants à réparer ou reconstruire ce qui a été vandalisé et de leur permette de disposer de nouveaux équipements de protection. La Région s’engage ainsi à prendre en charge 50 % de la dépense jusqu’à 5 000 euros. "Si le commerçant dépense 10 000 euros d’aides, on lui prendra en charge 5 000 euros. Il dépense 12 000 euros, il aura aussi 5 000 euros", a ainsi précisé Laurent Wauquiez. Les commerçants pourront déposer leur dossier dès vendredi sur le site internet de la Région.

En lien avec des entreprises du territoire, la collectivité a ainsi pu établir une liste de dispositifs pouvant être proposés aux commerçants pour mieux se protéger des intrusions, la crainte principale évoquée par la collectivité étant que ces derniers "se fassent justice eux-mêmes". Vitrines ultra-sécurisées, rideaux métalliques et grilles de protection renforcés, équipements anti-bélier pour l’extérieur de la boutique, ou encore générateur de brouillard opacifiant, marquage à l'ADN synthétique pour confondre les auteurs… Les dispositifs sont nombreux.
Qu'est-ce que le marquage à l'ADN synthétique ?
Le marquage à l'ADN synthétique est une solution de traçabilité qui utilise une solution chimique invisible, inodore et indélébile. Elle contient un code génétique artificiel unique, un traceur fluorescent sous lumière UV et des micro-particules, permettant de lier un objet ou un délinquant à une scène de crime
Parmi ceux présentés ce mercredi, le générateur de brouillard est capable de diffuser de la fumée sur 100 m2 en moins d’une minute, permettant de rendre invisible l’espace pendant près d’une heure. Quant à l’ADN synthétique, ce système s’accroche sur les vêtements, les cheveux et la peau du délinquant au moment de l’intrusion et reste visible à la lumière UV pendant six mois. "Quand vous avez ces charmants personnages qui comparaissent devant le tribunal et qui expliquent qu’ils n’étaient pas vraiment là, et bien, ce sera désormais impossible de le nier", a ironisé Laurent Wauquiez. Et d’ajouter : "Notre enjeu, c'est d'avoir des dossiers ultra simples parce qu'on a des commerçants qui sont à bout de souffle, qui sont épuisés et écœurés. L’engagement que l’on prend, c’est d’avoir des procédures d’instruction très rapides, pour instruire les dossiers dans un délai record et d’avoir des versements très rapides puisqu’il y a aussi un enjeu de trésorerie pour ces commerçants."

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Priorité pour les villes les plus ciblées
Une priorité sera portée aux villes les plus exposées à de tels risques, dont celles citées précédemment, a encore précisé Fabrice Pannekoucke, qui assure dans le même temps travailler en lien avec les villes et métropoles de la région, ainsi que la Chambre d’industrie et de commerce (CCI) et la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) d’Auvergne-Rhône-Alpes. Il conclut : "Il est logique, légitime, attendu que la force publique soit mobilisée pour être aux côtés de ceux qui font nos territoires. C'est une fierté pour nous de les avoir et ce n’est évidemment pas aux contribuables d'être appelés sur de tels sujets après les casses."
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