Alain Zanetti, porte-parole du collectif des riverains de la darse de Confluence, est l'invité de 6 minutes chrono, l'émission de Lyon Capitale.
Alors que la Métropole de Lyon a donné son accord de principe au projet de baignade prévu pour l'été 2027, sous conditions, le collectif souhaite obtenir des garanties concernant les nuisances sonores, la sécurité et la fréquentation du site.
Une expérimentation à encadrer
Si le collectif reconnaît l'intérêt de proposer davantage de lieux de baignade au public, il s'inquiète des conséquences du projet pour les habitants qui vivent à proximité. Située à une trentaine de mètres de la future zone de baignade, certaines habitations, selon ce collectif de riverains, pourraient notamment subir les nuisances sonores liées à la configuration des lieux. "La darse est une sorte d'amphithéâtre, avec très peu de distance entre les bâtiments. Cela entraîne une forte résonance : le bruit est considérablement amplifié", explique Alain Zanetti. Le porte-parole estime également que la jauge annoncée de 300 personnes est trop élevée pour commencer et défend une première saison expérimentale. "Il faut apprendre de la première année, voir comment les choses se passent, évaluer les aspects positifs et les problèmes générés, puis décider si l'expérience doit être reconduite l'année suivante", souligne-t-il.
"Être impliqués dans les conditions d'exploitation"
Le collectif ne considère toutefois pas qu'il soit encore possible de bloquer le projet. "La Métropole a donné son feu vert, ou en tout cas autorisé la mairie à réaliser le projet sous conditions. Je ne vois donc pas comment nous pourrions arrêter le projet", reconnaît Alain Zanetti. Sa priorité est désormais de participer aux discussions sur les modalités concrètes de fonctionnement de la baignade, notamment les mesures de sécurité, les horaires et le contrôle de la fréquentation. Il cite en exemple les difficultés rencontrées autour du canal Saint-Martin, à Paris, où les riverains auraient subi des nuisances importantes. "Ce que nous voulons maintenant, c'est être impliqués dans la définition des conditions d'exploitation, de sécurisation et des périodes d'ouverture de cet endroit", insiste-t-il.
Plus de détails dans la vidéo :
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La retranscription complète de l'émission avec Alain Zanetti :
Bonjour à tous et bienvenue dans « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous allons parler de la darse de Confluence, dans le 2e arrondissement de Lyon, au bout de la Presqu’île, et du projet de baignade que la Ville puis la Métropole souhaitent mettre en œuvre à l’horizon 2027. Pour en parler, nous recevons Alain Zanetti, porte-parole du collectif des riverains de la darse de Confluence.
C’est un collectif qui s’est opposé à ce projet cet été et qui s’est fait connaître à cette occasion. Bonjour, Alain Zanetti.
Bonjour.
Merci d’être venu sur notre plateau. Je vais d’abord recontextualiser ce projet, qui est né lors du mandat écologiste de Grégory Doucet 1, si j’ose dire. Il s’agit d’un projet de baignade d’environ 1 500 mètres carrés dans la darse, entre les habitations et le centre commercial.
Le site pourrait accueillir environ 300 personnes au maximum. Au printemps dernier, une grande consultation a été lancée par la mairie de Lyon : 10 000 personnes ont répondu et environ 74 % des avis étaient favorables. Dans un premier temps, la Métropole laissait entendre qu’elle s’opposait elle aussi au projet. Finalement, nous avons appris il y a une semaine qu’elle acceptait, sous conditions, sa mise en œuvre pour l’été 2027. Avec les nouvelles conditions de la Métropole, que je vais rappeler — une ouverture limitée à la période estivale, ni au printemps ni à l’automne, des plages horaires encadrées et un dispositif de sécurité et de surveillance adapté —, ce projet vous convient-il davantage qu’auparavant, ou moins ?
Il y a des conditions nécessaires et importantes, mais ce ne sont pas les seules. Nous en avons exprimé d’autres. Avant toute chose, je vous remercie de nous donner la parole. Je voudrais revenir sur ce que vous avez dit : vous évoquiez une étude d’usage réalisée par la mairie, qui a fait ressortir 74 % d’avis favorables. Certes, très peu de répondants, voire aucun, n’habitent au bord de la darse.
C’est une consultation large de la population. Si l’on vous dit qu’une baignade sera mise à votre disposition, vous ne répondez pas forcément : « Non, je n’en veux pas. » Si vous connaissez le contexte, c’est un peu différent.
Parmi les conditions évoquées par la Métropole, qui a effectivement un peu changé de position — nous avons rencontré Mme Sarselli et ce qu’elle nous avait dit de son opinion sur le projet n’était pas tout à fait la même chose —, plusieurs manquent encore, même si certaines ont été mentionnées. La première, qui est importante, est que le projet soit expérimental, qu’il s’agisse d’un test. Il faut apprendre de la première année, voir comment les choses se passent, évaluer les aspects positifs et les problèmes générés, puis décider si l’expérience doit être reconduite l’année suivante.
Il est donc important, pour vous, que le projet ne soit pas pérennisé d’emblée ?
J’ai entendu Monsieur Doucet dire que les canicules étaient désormais systématiques. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut considérer que la baignade est là pour toujours. Si cela ne fonctionne pas, si c’est une catastrophe pour les riverains, pour la sécurité ou en matière de nuisances, il faudra en tirer le bilan et envisager d’autres endroits.
J’allais vous demander ce qui vous gêne fondamentalement dans le projet actuel. S’agit-il des nuisances sonores, de l’insécurité ? Qu’est-ce qui est le plus grave ?
Merci de me demander ce qui est important. Nous reconnaissons absolument la nécessité de proposer des lieux de baignade à la population, et nous y sommes nous-mêmes favorables. Il n’y a pas assez de piscines, et la piscine du Rhône doit fermer l’été prochain, ce qui complique un peu la situation pour la mairie.
Nous pensons qu’il existe d’autres endroits qui pourraient accueillir des baignades sans être à proximité immédiate des habitations. Il y a évidemment les nuisances sonores. Pour ceux qui connaissent la darse de Confluence, c’est une sorte d’amphithéâtre, avec très peu de distance entre les bâtiments. Cela entraîne une forte résonance : le bruit est considérablement amplifié.
Nous nous trouvons à 30 mètres de l’endroit où la baignade doit être aménagée. Nous savons par expérience que, dès qu’il y a un peu de musique ou une fête, le son résonne énormément et les terrasses deviennent difficilement utilisables.
Ne pensez-vous pas qu’il y a aussi un compromis politique à trouver ? Seriez-vous prêt à faire un pas, dans la mesure où, si vous avez raison, les riverains connaîtront un changement important, mais où ce lieu profitera en même temps au plus grand nombre ?
Très bien, mais il faudra effectivement contrôler la manière dont les gens seront accueillis. La jauge annoncée est de 300 personnes, ce qui nous paraît beaucoup. Nous pensons qu’une jauge un peu plus limitée serait plus raisonnable pour commencer.
Ensuite, comment s’assurer que cette jauge sera respectée et qu’il n’y aura pas de débordements sur le reste de la darse ?
J’imagine qu’il y aura un système de comptage, en tout cas.
Oui, mais un périmètre de baignade sera défini. Que se passera-t-il 10, 20 ou 30 mètres plus loin ? La darse est longue, et il y a…
Vous pensez qu’il pourrait y avoir des attroupements ?
Sur toute la longueur de la darse, il y a aujourd’hui des gens qui profitent du bord de l’eau. Demain, pourront-ils encore en profiter calmement ?
Oui, il y a cette question de tranquillité au bord de la darse. Un exemple parisien a eu lieu cet été sur le canal Saint-Martin. Je crois que vous êtes également en contact avec l’association des riverains.
En tirez-vous des leçons ?
D’après les échanges avec le collectif des riverains, le projet leur a été imposé et ils ne l’ont pas vu arriver. Ils réfléchissent maintenant avec les élus, leurs députés, etc., à ce qu’il faudrait faire pour reprendre un peu le contrôle de la situation. Car ce qui s’est passé, c’est qu’il n’y a eu aucun contrôle.
La police était débordée et il n’y avait pas les infrastructures nécessaires pour canaliser les gens, c’est le cas de le dire. Les riverains se sont donc retrouvés dans une situation terrible, jour et nuit, avec des nuisances sonores insupportables et de nombreuses incivilités.
Nous en avons vu quelques exemples sur les réseaux sociaux. Nous ne souhaitons pas que la même chose se produise à Lyon.
Votre position est-elle arrêtée ? Faut-il s’opposer à tout prix à ce projet, ou êtes-vous prêt à trouver un compromis, à discuter et peut-être à parvenir à une position équilibrée entre les deux ?
Soyons réalistes : la Métropole a donné son feu vert, ou en tout cas autorisé la mairie à réaliser le projet sous conditions. Je ne vois donc pas comment nous pourrions arrêter le projet, et les gesticulations ne servent à rien. Ce que nous voulons maintenant, c’est être impliqués dans la définition des conditions d’exploitation, de sécurisation et des périodes d’ouverture de cet endroit.
C’est cela qui est important pour nous : comprendre quels engagements la mairie prendra pour que la situation soit, entre guillemets, sous contrôle et qu’elle ne soit pas dépassée par les événements.
Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup à Alain Zanetti d’être venu sur notre plateau. Vous pouvez donner votre point de vue ; le message est passé : vous souhaitez pouvoir participer à la définition des conditions d’exploitation de la baignade, qui aura probablement lieu à la fin de l’été prochain.
Merci d’être venu sur notre plateau.
Je vous en prie. Merci beaucoup.
Quant à vous, merci d’avoir suivi cette émission. Vous pourrez retrouver davantage de détails sur la politique locale et métropolitaine sur le site lyoncapitale.fr. Je vous dis à très bientôt.
