Autouroute A43
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Les opposants à une autoroute en Haute-Savoie demandent l'arrêt du chantier

Un collectif d'associations, d'agriculteurs et de riverains a réclamé mercredi devant la justice administrative la suspension des travaux d'une autoroute en Haute-Savoie, dont ils estiment l'impact environnemental à "contresens de l'urgence climatique".

La cour administrative d'appel de Lyon, saisie en urgence pour stopper le chantier de l'A412 qui a commencé le 1er septembre, rendra sa décision jeudi.

Parallèlement, dans la région du Chablais à la lisière de la Suisse, ces 21 organisations et 40 riverains organisent quasi-quotidiennement des sit-in et des occupations des cimes par des grimpeurs pour ralentir la progression très rapide des abatteuses forestières, face à des gendarmes qui les délogent. Au prix, à ce jour, de "47 gardes à vue et d'innombrables amendes", a assuré le collectif lors d'une conférence de presse.

Selon l'Etat et le concessionnaire Amedea, filiale du groupe Eiffage, l'A412, un tronçon de 16,5 kilomètres est censé soulager et fluidifier l'intense trafic pendulaire entre Thonon-les-Bains et l'agglomération de Genève, itinéraire emprunté quotidiennement par des travailleurs vivant côté français mais travaillant en Suisse pour des salaires en moyenne trois fois supérieurs.

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Un projet illégal selon les opposants

Les opposants, l'association France Nature Environnement (FNE) en tête, contestent l'"utilité" de l'A412 pour soulager ce trafic, plaident pour des alternatives en renforçant la fréquence des transports ferroviaires et d'autobus existants, mais considèrent surtout le projet comme "illégal" au regard du droit de l'environnement.

Leurs avocats défendaient mercredi un recours en référé-suspension visant à stopper d'urgence le chantier, le temps que la justice administrative juge au fond leur recours contre sa légalité, une procédure qui peut prendre jusqu'à dix mois. Leurs recours, déposés le 14 septembre, contestent la légalité de l'autorisation environnementale signée le 28 août par le préfet de Haute-Savoie, qui a permis le début des travaux quatre jours plus tard. Depuis, Amedea a déboisé et défriché 85% des quelque 180 hectares prévus, soit l'équivalent de 252 terrains de football.

Le collectif fait notamment valoir "un doute sérieux" sur la légalité de cette autorisation environnementale et les risques "irréversibles" pour la biodiversité (notamment pour quelque 130 espèces protégées de mammifères, oiseaux et insectes) et 33 exploitations agricoles du Chablais que font peser le déboisement et "l'artificialisation des sols" prévus.

Le président de la cour a promis de rendre son ordonnance jeudi pour le référé-suspension, tout en rappelant qu'une déclaration d'utilité publique du projet d'A412 avait été délivré en 2019. Au terme d'une enquête publique conclue par un avis favorable.

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