Julie Nublat-Faure
Julie Nublat-Faure

"Les baignades urbaines s'inscrivent dans la marche de l'histoire", souligne Julie Nublat-Faure

Julie Nublat-Faure, adjointe écologiste aux sports à la Ville de Lyon, est l'invitée de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Julie Nublat-Faure, l'adjointe aux sports à la Ville de Lyon, se réjouit du revirement de la Métropole de Lyon concernant la création d'un lieu de baignade dans la darse de la Confluence à l'été 2027. "les enjeux du dérèglement climatique ont peut-être joué : proposer des baignades urbaines en milieu naturel s’inscrit dans la marche de l’histoire, dans une ville comme Lyon, avec une rivière et un fleuve. C’est important. Je pense que la présidente de la métropole de Lyon a aussi vu l’enjeu pour sa métropole. Elle n’était pas du tout opposée, par exemple, au projet que nous allons également développer sur les berges du Rhône, vers Gerland. Dans d’autres villes de la métropole situées sur les bords de la Saône, il y a également un véritable enjeu. Je pense que la métropole s’en saisit et qu’elle est à nos côtés pour finaliser ce projet", estime l'élue écologiste.

Elle apporte aussi des gages à la Métropole ainsi qu'aux riverains qui redoutent les nuisances liées à ce projet : "Nous proposons que le site soit gardienné de jour comme de nuit pour éviter les mésusages la nuit, et que les horaires soient également travaillés avec les riverains. Nous avons effectué un important travail de concertation avec ma collègue Aurélie Maras sur la manière d’accompagner les riverains dans ce projet. Nous souhaitons travailler avec eux sur les horaires pour que ceux-ci n’aient pas d’incidence sur les riverains".

La retranscription intégrale de l'entretien avec Julie Nublat-Faure

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez « 6 minutes chrono », le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous accueillons Julie Nublat-Faure. Bonjour. Vous êtes adjointe à la Ville de Lyon, en charge des sports. Nous allons parler d’un seul sport, ou plutôt d’une activité de loisirs : la baignade à la Confluence. La métropole de Lyon, qui avait le dernier mot sur le sujet, a finalement validé le projet de la Ville de Lyon d’ouvrir un espace de baignade publique dans la darse de la Confluence. Il y avait pourtant eu des prises de position contre ce projet, notamment de Pierre Oliver, maire Les Républicains du deuxième arrondissement, qui est membre de l’exécutif de Véronique Sarselli. Véronique Sarselli avait laissé entendre qu’elle ne réaliserait pas le projet. Qu’est-ce qui l’a fait changer d’avis, selon vous ?

C’est une belle réussite pour nos habitants et nos habitantes d’avoir ce projet à la darse de la Confluence. Je pense que les enjeux du dérèglement climatique ont peut-être joué : proposer des baignades urbaines en milieu naturel s’inscrit dans la marche de l’histoire, dans une ville comme Lyon, avec une rivière et un fleuve. C’est important. Je pense que la présidente de la métropole de Lyon a aussi vu l’enjeu pour sa métropole. Elle n’était pas du tout opposée, par exemple, au projet que nous allons également développer sur les berges du Rhône, vers Gerland. Dans d’autres villes de la métropole situées sur les bords de la Saône, il y a également un véritable enjeu. Je pense que la métropole s’en saisit et qu’elle est à nos côtés pour finaliser ce projet.

La métropole a expliqué qu’elle avait obtenu de la Ville de Lyon, donc en partie de vous, des garanties, notamment sur la sécurité. Qu’allez-vous revoir dans votre projet après ces échanges avec la métropole de Lyon ?

Nous ne revoyons pas d’éléments prégnants du projet. Ils étaient déjà présents, parce que c’est une préoccupation.

Est-ce une manière pour eux de trouver une porte de sortie ?

Je pense que c’est une manière d’affirmer les fondamentaux du projet et de nous aligner autour de ces fondamentaux. Parmi les fondamentaux du projet, vous l’avez dit, il y a la sécurité. Nous voulons offrir les meilleures garanties aux usagers, mais également aux riverains.

Quand on parle de sécurité, on ne parle pas de la sécurité de personnes qui pourraient se noyer. Je n’ai pas l’impression que ce soit abordé sous cet angle. Il s’agit plutôt de sécurité et de tranquillité publique.

Tout à fait. Il s’agit de la tranquillité publique, du cadre de vie et des conflits d’usage qui pourraient apparaître avec ce projet. C’est l’un des axes fondamentaux à travailler. Nous proposons que le site soit gardienné de jour comme de nuit pour éviter les mésusages la nuit, et que les horaires soient également travaillés avec les riverains. Nous avons effectué un important travail de concertation avec ma collègue Aurélie Maras sur la manière d’accompagner les riverains dans ce projet. Nous souhaitons travailler avec eux sur les horaires pour que ceux-ci n’aient pas d’incidence sur les riverains.

À quelle heure cela fermera-t-il ?

Nous ne le savons pas encore. Parmi les pistes proposées par les riverains, il y avait une fermeture à 19 heures. Il y avait aussi des propositions concernant les jours : ouvrira-t-on le samedi et le dimanche ? Tout cela est encore en discussion et se travaille avec eux. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de nocturne.

On ne pourra pas venir y passer la soirée. C’est aussi l’un des problèmes pendant les épisodes caniculaires : il sera compliqué de se déplacer jusqu’à la Confluence lorsqu’il fait 40 degrés et d’en repartir à 19 heures. Cela aurait pu être une véritable pause fraîcheur : venir le soir après le travail, entre 19 heures et 21 heures, se baigner au frais à la Confluence.

Nous verrons pour les horaires. Il faut rappeler que le projet est limité dans le temps. Il n’est actif que pendant la période estivale et il est intégralement démonté. Une fois la période d’exploitation estivale terminée, il ne reste aucune trace du projet sur l’espace. Nous rendons la darse aux riverains telle qu’elle était auparavant, sans le projet.

Combien de personnes pourront venir chaque jour ? Y aura-t-il, comme à la piscine du Rhône, plusieurs séances, avec un créneau le matin et un créneau l’après-midi ? Comment cela se passera-t-il ? Cela peut-il être un outil de rafraîchissement de masse, ou est-ce davantage un gadget qu’un équipement de masse ?

Ce n’est pas un gadget. Comme je le disais, au regard du dérèglement climatique, ce projet n’est pas un gadget, parce qu’il vient compléter l’offre nautique que nous pouvons proposer à Lyon, mais aussi dans la métropole. Ces projets se développeront à l’avenir, c’est certain, puisque nous avons une problématique de ressources en eau. Nous ne pourrons pas ouvrir davantage de piscines si cette ressource en eau nous contraint. Il faut donc la protéger. Pour cela, nous devons faire appel à nos fleuves, qui offrent une ressource en eau. La darse est l’endroit idéal pour cela.

On voit des dizaines, voire des centaines de personnes se baigner dans le Rhône le long du parc de la Tête d’Or, alors que c’est interdit : elles bravent cette interdiction. Il y a une véritable attente et un besoin de « massification » de cette offre. C’est pour cela que je vous posais la question de la jauge.

C’est ce que je disais. Vous avez raison. Nous devons lutter contre les phénomènes de baignade sauvage, qui peuvent souvent très mal se terminer. Je le rappelle : les baignades urbaines que nous proposons sont surveillées par des maîtres-nageurs et elles sont gardiennées. En dehors de ces baignades, et de cette baignade dans la darse, il reste interdit de se baigner dans le Rhône ou dans la Saône.

Qu’en est-il de la jauge ?

La jauge est de 300 personnes simultanément sur cette plateforme, dans cet espace de baignade urbaine. Pour une journée type, nous ne savons pas : il y aura peut-être 1 000 ou 1 500 personnes. Il y a une file active, avec une rotation. Nous n’avons pas encore décidé s’il y aurait des créneaux, ni fixé les horaires. Nous le ferons aussi avec les riverains, comme nous le disions. Nous devons encore travailler sur le fonctionnement avec le plus grand nombre. Nous ne pouvons donc pas encore vous dire s’il y aura des créneaux. En revanche, pour des raisons de sécurité, le site ne peut pas accueillir plus de 300 personnes au même moment.

Un deuxième projet sera lancé, notamment à la plaine des jeux de Gerland, approximativement sous le pont Pasteur.

Nous ne connaissons pas encore l’emplacement exact.

S’agirait-il d’un projet pouvant accueillir davantage de monde ?

Le projet sera plutôt étudié du côté des berges du Rhône. Potentiellement, mais nous ne pouvons pas encore vous le dire, parce que nous allons commencer les études. Le projet de baignade urbaine que nous proposons pour l’été 2027 nous a pris cinq ans. En 2021, j’ai commencé à demander une étude à la direction de la santé et à la direction des sports pour examiner la faisabilité. La métropole est ensuite intervenue, puis de nombreux acteurs sont venus nourrir ce projet. Il nous faut également deux ans d’analyses bactériologiques de l’eau pour apporter toutes les garanties d’une baignade urbaine. C’est donc un projet qui s’inscrit dans le long terme. Si nous commençons à travailler sur les berges du Rhône, sur le parc des Berges, il nous faudra au minimum trois ans. Il y a aussi des différences élémentaires : il y a du courant. Nous sommes dans une zone de navigation fluviale commerciale. Nous sommes dans une zone où nous ne disposons pas encore d’études bactériologiques sur l’eau du Rhône. Nous sommes dans un fleuve, et non plus dans une rivière. Chaque projet est donc complètement différent. Chaque projet demande beaucoup de temps et d’ingénierie pour répondre à la demande croissante de baignade des habitants.

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