La Commission nationale des comptes de campagne a validé les comptes de Jean-Michel Aulas pour les élections municipales de mars 2026 à Lyon. Elle a toutefois écarté plus de 14 000 euros de dépenses, notamment des frais d'hébergement jugés "excessifs".
C'était l'une des dernières questions entourant l'ensemble des candidats aux élections municipales 2026 à Lyon. Leur compte de campagne allaient-ils être tous validés ? Mercredi 7 octobre, la Commission nationale des comptes de campagne et des financement politiques (CNCCFP) a rendu public une décision prise le 9 juillet dernier. Et les comptes de l'ensemble des candidats lyonnais ont été approuvés, non sans quelques corrections, notamment pour le candidat Aulas.
Si la CNCCFP a validé les dépenses engagées par l'ancien président de l'Olympique lyonnais lors de la campagne des municipales, elle a retranché 14 318 euros de dépenses initialement déclarées. Sur les 333 628 euros présentés par Jean-Michel Aulas, la Commission a finalement retenu 319 310 euros de dépenses électorales. L'État lui remboursera finalement 146 473 euros, un montant correspondant à son apport personnel retenu, après déduction de l'excédent de son compte de campagne.
Des frais d'hébergement jugés excessifs
C'est notamment à l'agence de communication 2017, cofondée par Roman Abreu et qui s'occupait de la campagne de Jean-Michel Aulas, que la Commission a relevé des dépenses problématiques. Le prestataire avait refacturé des frais de déplacement, d'hébergement et de restauration de plusieurs intervenants, parmi lesquels Elizabeth Jacob directrice associée de l'agence 2017 et Roman Abreu, visé depuis par une plainte pour viol aggravé par une militante de la campagne du candidat Aulas.
Sur un montant global de 27 727 euros, "mutualisé entre les campagnes municipales, d'arrondissement et métropolitaine", la CNCCFP considère que certaines dépenses ne "présentent pas de caractère électoral suffisamment établi" ou apparaissent excessives. Elle pointe particulièrement les frais d'hébergement, dont elle a décidé de plafonner la prise en compte à 150 euros par nuitée. Résultat, 11 278 euros ont été retranchés du compte de campagne de Jean-Michel Aulas à ce titre. La Commission a également écarté 1 705 euros de frais de taxi dont le caractère électoral n'était pas justifié, 540 euros de frais d'huissier et 795 euros de prestations de communication réalisées entre le 22 et le 25 mars, soit le jour du second tour et après le scrutin.
Sondage, OL, Fête des Lumières : les signalements rejetés
La Commission s'est également penchée sur plusieurs controverses qui avaient émaillé la campagne de Jean-Michel Aulas. Quatre signalements ont finalement été écartés. Le premier concernait un sondage financé par la société Holnest, présidée par le candidat. La CNCCFP estime dans sa décision que cette étude d'opinion, qui donnait le candidat Aulas pour la première fois en tête des intentions de vote devant le maire sortant Grégory Doucet, avait été réalisée avant l'ouverture de la période de financement électoral et qu'il n'était pas établi qu'elle ait été exploitée à des fins électorales durant cette période. Elle précise également que Jean-Michel Aulas avait réglé cette dépense sur ses fonds personnels.
Parmi les autres sujets examinés figure la mise en avant de l'ancien président de l'OL sur les réseaux sociaux du club lors du « Match des Légendes ». La Commission estime que Jean-Michel Aulas avait été invité en sa qualité d'ancien dirigeant et non de candidat, qu'aucun discours électoral n'avait été prononcé et que les publications du club ne présentaient pas de caractère électoral. Les signalements concernant l'installation d'une banderole sur la façade d'un immeuble, banderole qui avait fait polémique en octobre 2025, et le financement de la Fête des Lumières par l'intermédiaire d'une société du candidat ont également été écartés, faute d'éléments suffisants pour retenir ces griefs.
Grégory Doucet sanctionné de 2 000 euros pour un courriel municipal
De son côté, le maire sortant Grégory Doucet a également vu son compte de campagne approuvé, pour un montant de 277 031 euros de dépenses. Mais la CNCCFP a décidé de réduire de 2 000 euros son remboursement par l'État, finalement fixé à 273 905 euros. En cause, un courriel adressé le 19 mars 2026 par Jérôme Hutet, directeur chargé de la sécurité, de la tranquillité et de la sûreté à la Ville de Lyon, à l'ensemble des responsables de la police municipale. Ce message répondait à un tract du syndicat Force ouvrière Police alertant sur les conséquences d'une éventuelle réélection de Grégory Doucet.
La Commission considère que ce courriel présentait un caractère électoral et que le candidat aurait dû répondre au syndicat dans le cadre de sa campagne, sans mobiliser les moyens de la mairie. Elle retient ainsi un avantage en nature interdit par le code électoral, tout en estimant que cette irrégularité ne justifiait pas le rejet du compte de campagne. Les autres griefs financiers examinés, concernant notamment la communication institutionnelle de la Ville, des affichages, des associations subventionnées ou encore des badges utilisés dans les bureaux de vote, ont été écartés alors qu'auprès de Lyon Capitale, l'équipe de campagne du candidat Doucet se "réjouit de la décision de la Commission" qui valide, selon elle, "la gestion rigoureuse de l'argent public".
Une dernière décision qui vient refermer, sur le plan financier, le chapitre des municipales de mars dernier. Six mois après le scrutin, la campagne électorale lyonnaise semble désormais définitivement appartenir au passé.
Une réduction de 25 000 euros pour Anaïs Belouassa-Cherifi
La sanction financière est plus importante pour Anaïs Belouassa-Cherifi. La candidate de La France insoumise a vu son compte de campagne, qui fait apparaître 139 401 euros de dépenses, approuvé par la CNCCFP. Mais son remboursement par l'État a été réduit de 25 000 euros, pour s'établir à 109 811 euros. En cause, une irrégularité dans l'ouverture du compte bancaire de campagne, initialement créé au nom du président de l'association de financement électoral, et non de l'association elle-même. Si la Commission souligne que l'équipe de la candidate a signalé elle-même cette erreur et procédé à sa régularisation, elle a néanmoins décidé de réduire le remboursement.
Le compte d'Alexandre Dupalais a, lui aussi, été approuvé après réformation. La Commission a écarté 441 euros d'intérêts d'emprunt correspondant à une période postérieure à celle retenue pour le remboursement. Ses dépenses validées atteignent 66 111 euros, pour un remboursement de 52 969 euros.
Enfin, les comptes de Georges Képénékian et de Nathalie Perrin-Gilbert ont également été approuvés, respectivement pour 99 482 et 9 172 euros de dépenses. Mais les deux candidats, qui n'ont pas atteint le seuil de 5 % des suffrages exprimés au premier tour, ne bénéficieront d'aucun remboursement forfaitaire de l'État.
