Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon. © Tim Douet

La Fondation de l'islam perd son statut d'utilité publique : "une occasion manquée" estime Kamel Kabtane

La Fondation de l'islam de France n'est plus reconnue d'utilité publique par le ministère de l'Intérieur, faute de financements. Une annonce que le recteur de la Grande Mosquée de Lyon déplore.

C'est une nouvelle décevante pour la communauté musulmane française. La Fondation de l'Islam de France (FIF) perd en effet son statut d'utilité publique par décret du ministère de l'Intérieur. Créé après les attentats de 2015, l'organisme avait notamment pour vocation de faire progresser la connaissance, la culture, la recherche et la formation autour de l’islam. "C'est une occasion manquée pour la République", estime Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, dans un communiqué.

10 millions d'euros promis mais jamais reçus

L'annonce a été publiée ce jeudi dans le Journal Officiel. La FIF n'est plus reconnue d'utilité publique, mise à mal par un manque de financements l'empêchant de réaliser ses missions. Une version à laquelle Kamel Kabtane n'adhère pas. Et pour cause, le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé en 2020 la mobilisation de 10 millions d'euros. Une somme conséquente censée soutenir les initiatives de la FIF. Mais en 2024, son président Ghaleb Bencheikh indique ne pas en avoir vu la couleur, alertant par la même occasion sur la situation financière dramatique de l'organisme. "Comment peut-on annoncer solennellement le soutien de l'État à une institution, la laisser progressivement privée des moyens nécessaires à l'accomplissement de sa mission, puis constater son incapacité à poursuivre son objet ?", questionne le recteur de la Grande Mosquée de Lyon.

Le bilan de l'institution n'est pourtant pas des moindres. Elle a en effet participé à la mise en place de formations universitaires, bourses et recherches. Mais aussi de conférences et projets culturels divers et variés. Et à l'heure où les obscurantismes s'imposent en France comme en Europe - comme le démontre la tournée européenne des activistes de "Save Europe Act" qui prévoyait une escale à Lyon - Kamel Kabtane voit en cette décision "une contradiction majeure". Il demande donc à l'État de s'expliquer sur les financements annoncés en 2020 et leur utilisation. Le recteur demande aussi une véritable transparence quant à la politique que la France souhaite menée à l'égard de l'islam.

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