Annie Genevard a annoncé mercredi un plan d'accompagnement pour les agriculteurs frappés par la canicule et la sécheresse. Son montant reste inconnu. Il dépendra de ce que remonteront les préfectures.
Le 5 août 2026, la préfecture de la Loire a signé un nouvel arrêté sécheresse. Le sud du département, autour de Saint-Étienne, passe en alerte renforcée. Le Roannais reste en alerte, avec un cran supplémentaire sur l'eau potable. La veille, l'Isère durcissait à son tour ses restrictions sur le secteur de la Sanne. Le même jour, à Paris, la ministre de l'Agriculture annonçait un plan pour les agriculteurs.
Ce plan porte un nom, CASI, pour canicule, sécheresse et incendies. Il ne porte pas encore de montant.
Un plan dont personne ne connaît le coût
Le communiqué du ministère énumère les leviers envisagés : mesures d'urgence pour la trésorerie des exploitations, prises en charge de cotisations sociales, dérogations, aide à la remise en production. Aucun chiffre ne l'accompagne. Le texte précise que le dispositif est « en cours de préparation ».
La raison figure dans la même phrase. Les aides seront calibrées à partir des remontées d'informations des cellules sécheresse installées dans les préfectures. Autrement dit, l'État ne sait pas encore ce que l'été a coûté à son agriculture.
Annie Genevard a donc demandé à chaque préfet de désigner un référent sécheresse et de créer sans délai une cellule départementale. Sa composition est imposée : organisations agricoles, chambres d'agriculture, banques, services sociaux des départements, caisses locales de la Mutualité sociale agricole et services de l'État. Une cellule nationale, installée au ministère, coordonne l'ensemble.
Le diagnostic descend ainsi d'un étage. Ce sont les préfectures qui diront l'ampleur des pertes, et donc le volume des aides.
Les arrêtés sont partis avant le plan
Sur le terrain, les restrictions n'ont pas attendu. Elles s'enchaînent depuis la mi-juillet, d'un bout à l'autre de la région.
Saint-Étienne et le Roannais depuis mercredi. La Sanne iséroise depuis mardi. Le bassin d'Annecy en alerte renforcée depuis le 1er août, celui de la Drôme depuis le 28 juillet. Le Mâconnais et le Chalonnais depuis le 24 juillet, comme les rivières du Bugey et de Bresse, dans l'Ain. Le Rhône n'est pas épargné : la métropole de Lyon est en alerte renforcée depuis le 21 juillet, le Beaujolais et l'axe Saône en alerte. Sept arrêtés préfectoraux au total, tous antérieurs à l'annonce ministérielle.
Le ministère recense 98 départements touchés par la sécheresse, sur les 101 que compte la France, dont 57 placés en situation de crise. Son communiqué ne précise pas le périmètre retenu. Aucun des six ne figure parmi ces 57 à l'échelle de son chef-lieu. Plusieurs secteurs y sont pourtant, notamment la vallée de la Grosne, en Saône-et-Loire, au niveau maximal depuis début juillet.
En attendant le chiffrage, deux mesures produisent déjà des effets. Depuis le 31 juillet, les assureurs peuvent verser jusqu'à 80% d'acompte aux exploitants assurés. Et la ministre a saisi la Commission européenne pour que la politique agricole commune tolère le non-respect de certaines obligations, comme la couverture des sols ou la rotation des cultures, lorsque les semis n'ont pas levé.
Reste à savoir ce que les cellules départementales remonteront, et quand. Les vendanges commencent, et Agreste ne publiera pas sa première estimation de récolte avant le 8 septembre.
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Et c'est juste après qu'on se rend compte que l'argent ne se mange pas ?
😀