Les vignes du Pouilly-Fuissé, au pied de la Roche de Solutré, en Saône-et-Loire.

Saône-et-Loire, Ain, Loire, Drôme, Haute-Savoie : l'État renonce à chiffrer les vendanges avant septembre

La grêle, la canicule et la sécheresse ont bousculé les vignobles de la région. Le ministère de l'Agriculture livre d'ordinaire sa première estimation de récolte début août. Il attendra septembre. Les vignerons, eux, recrutent déjà.

Le 16 juillet 2026, la grêle s'est abattue sur une partie du Mâconnais, après un premier épisode le 7 mai. La Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne a sollicité des préfets de Saône-et-Loire et de Côte-d'Or des dérogations d'achat de vendange. Au même moment, l'État décidait de ne pas chiffrer cette récolte.

La première estimation publique tombe d'ordinaire au début du mois d'août. Le calendrier d'Agreste, service statistique du ministère de l'Agriculture, la programme désormais au 8 septembre. Ses services régionaux signalent une incertitude trop forte, née des canicules, de la sécheresse et d'aléas locaux, a expliqué le ministère à Réussir. Autrement dit, des relevés effectués début juillet ne décrivent plus les vignes d'août. La filière avait par ailleurs réclamé ce report, selon Vitisphère. Le ministère, lui, n'évoque que ses propres remontées.

De la Grosne aux Usses, l'eau rationnée

Les préfets ont durci les restrictions tout l'été, jusque dans les communes viticoles. Les arrêtés du 24 juillet placent Fuissé et Lugny, au cœur du Mâconnais, en alerte renforcée. Le secteur voisin de la Grosne bascule en crise, le niveau maximal. Dans l'Ain, Belley et Cerdon restent en alerte. La Côte roannaise l'est également depuis le 21 juillet. Die est passée en alerte renforcée le 28 juillet. En Haute-Savoie enfin, un arrêté du 1er août range Frangy en alerte renforcée et Ayse en alerte.

Ces mesures pèsent pourtant peu sur la vigne. Les surfaces irriguées représentent à peine 15% du vignoble français, selon Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. En Bourgogne, dans le Bugey et en Savoie, les cahiers des charges encadrent en outre strictement l'arrosage. Le vignoble encaisse donc sans amortisseur. Météo-France a confirmé le 4 août que juillet a été le mois le plus chaud mesuré en France depuis 1900, à 24,9 °C, avec près de 70% de pluie en moins.

Recruter sans savoir combien de raisin

L'incertitude tombe au pire moment pour l'emploi saisonnier. Les vendanges démarreront entre le début et la mi-août en Bourgogne-Franche-Comté, indiquait France Travail le 29 juin. La région mobilise chaque année plus de 40 000 vendangeurs, ordre de grandeur attribué à la CAVB. Les employeurs recrutent donc sans connaître le volume à rentrer.

La filière a par ailleurs besoin de vin. Les stocks de Bourgogne représentaient 18,3 mois de ventes à la mi-2025, en recul de 10 % sur un an, selon les données du BIVB reprises par la DRAAF. La courte récolte 2024 avait fait chuter de 24% les transactions de vrac, c'est-à-dire les ventes de vin non embouteillé entre vignerons et négociants, sur l'ensemble de la campagne. La récolte 2025 avait redressé la barre : 685 300 hectolitres de vins d'appellation en Saône-et-Loire, soit 2% au-dessus de la moyenne quinquennale. Une deuxième année courte pèserait doublement.

Le 8 septembre, Agreste publiera sa première prévision. Les premières bennes bourguignonnes seront déjà rentrées. Restera à savoir ce que mesure encore une statistique publique qui arrive après la vendange.

Lire aussi : Vendanges en Saône-et-Loire : des récoltes en baisse

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