Villages Vivants ouvre le 15 septembre 2026 sa nouvelle campagne d'épargne citoyenne. Elle vise 1,7 million d'euros pour rouvrir des commerces dans les villages, de l'Ain à la Saône-et-Loire.
Trente-cinq commerces rouverts en sept ans et 12 millions d'euros investis. La coopérative drômoise Villages Vivants lancera le 15 septembre 2026 sa nouvelle campagne de collecte, avec un objectif de 1,7 million d'euros.
Née à Crest en 2017 autour de Sylvain Dumas, Raphaël Boutin et Valérie Dumesny, la structure achète des locaux vides dans les bourgs ruraux, les rénove, puis les loue à des porteurs de projet. Ce sont ces derniers qui repèrent le bâtiment et sollicitent la coopérative. Le loyer est progressif, afin d'alléger les premières années, et l'entrepreneur peut racheter son local une fois l'activité installée.
Trois ouvertures sont prévues cet automne. À Trévoux, dans l'Ain, une ancienne imprimerie deviendra un tiers-lieu culturel : l'Exprimerie. Dans le Rhône, à Riverie, une auberge paysanne. À Saint-Flour-de-Mercoire, en Lozère, un théâtre de village. Par ailleurs, la coopérative avait déjà installé en Saône-et-Loire la boulangerie-épicerie Chez Cocotte à Gibles, commune de 580 habitants du Charolais.

Une personne, une voix, pas de dividende
Le montage est aussi un choix politique. Villages Vivants est une société coopérative d'intérêt collectif, agréée entreprise solidaire d'utilité sociale. Ses sociétaires y votent selon le principe d'une personne, une voix, indépendamment de la somme investie.
Surtout, les parts sociales n'y sont pas rémunérées. La charte de la coopérative prévoit que les fruits de la propriété soient réinvestis dans les projets plutôt que distribués, et que la rémunération du travail prime sur celle du capital. Autrement dit, l'épargnant ne cherche pas un rendement.
Les locataires répondent à la même logique. Ce sont des associations, des SCOP ou des SCIC, retenues à condition d'apporter un service que le territoire ne propose plus. Épiceries, cafés, librairies, recycleries, relais postaux, ateliers partagés. Entre 2018 et 2024, la coopérative revendique plus de soixante emplois créés ou consolidés et près de 8 000 mètres carrés de bâti rural réhabilité.
L'État et la Caisse des dépôts au capital
Sur les douze millions d'euros mobilisés depuis 2018, cinq proviennent de l'épargne des particuliers. Le reste vient d'ailleurs.
Le capital de la foncière solidaire, créée en 2020, s'élève à 3 341 400 euros. Ses deux premiers actionnaires sont la Banque des Territoires et l'État, via le programme d'investissements d'avenir, à hauteur de 800 000 euros chacun. En janvier 2022, la foncière a par ailleurs levé 5,3 millions d'euros auprès de ces deux investisseurs, de France Active Investissement, d'Ecofi, de Mirova, de la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes et de la Foncière Derim.
Les souscriptions citoyennes démarrent, elles, à cent euros. Le capital n'est pas garanti et les parts ne se revendent pas librement. L'agrément solidaire ouvre en revanche droit à une réduction d'impôt sur le revenu.
Pour Sylvain Dumas, co-directeur, la réponse au sentiment d'abandon « ne peut pas être seulement politique ou institutionnelle ». Ainsi, Villages Vivants cherchent à préserver les commerces de proximité et prévoit d'atteindre l'équilibre une fois franchi le seuil de quinze millions d'euros d'actifs. La coopérative en revendique aujourd'hui douze.
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