L’usine Duralex à la Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret (CR : Duralex)

Loire : Carlesimo, repreneur en série de fonderies, mise désormais sur le verre de Duralex

Près de Saint-Étienne, à La Talaudière, la holding industrielle Carlesimo, spécialiste des rachats d'usines en redressement, vise désormais la verrerie la plus populaire de France : Duralex.

Les candidats à la reprise de Duralex ont jusqu'au 6 août 2026 pour déposer leur dossier au tribunal de commerce d'Orléans. Un seul s'est déclaré publiquement à ce jour, et il siège à La Talaudière, près de Saint-Étienne. Le groupe Carlesimo, spécialiste de la fonderie, l'a confirmé le vendredi 10 juillet 2026.

« Cette verrerie ne peut être sauvée que par un véritable industriel », y déclarait son président, Jonathan Carlesimo, visant directement l'échec économique de la SCOP. Le groupe annonce plus de 5 millions d'euros de fonds propres, sans détailler son plan ni le nombre d'emplois repris. Duralex emploie 243 salariés à La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret, et se trouve en redressement judiciaire depuis le 1er juin 2026.

Grandir en rachetant ce qui tombe

Le groupe a déjà éprouvé cette méthode ailleurs. Le 10 décembre 2025, le tribunal de commerce de Montluçon lui confie Brea System, fonderie d'aluminium de Domérat, dans l'Allier. L'entreprise survit, mais il n'en garde que 58 postes sur 70, et abandonne l'atelier de la Somme.

Tout a commencé en 2016 avec Navylest, fonderie de plomb ligérienne qui coule des quilles de bateaux. Depuis, les acquisitions s'enchaînent : Lory International en 2024, le nantais Lemer en mars 2025, Brea System en décembre, les Fonderies Fraisse à Aubusson en février 2026, NDC Foundry à Rochefort en avril.

Derrière cette liste, deux manières d'acheter : des entreprises familiales saines, comme Lemer, cédé par ses actionnaires financiers ; et des reprises à la barre du tribunal, où l'usine ressort souvent plus légère qu'elle n'est entrée.

Le groupe s'étend rapidement : 36 millions d'euros de chiffre d'affaires consolidé annoncés en décembre 2025, 50 revendiqués en juillet 2026, pour sept filiales, toutes des fonderies.

Une marque grand public, un terrain inconnu

Duralex changerait pourtant la nature de l'exercice. Jusqu'ici, Carlesimo produit des pièces techniques pour l'industrie, le BTP, le nautisme et la pêche de loisir. Autrement dit, il vend des pièces en grande quantité à d'autres industriels. La verrerie, elle, vend depuis 1945 des objets qui portent un nom et garnissent les cantines françaises.

Cet attachement n'est pas qu'un souvenir : c'est un actif. En novembre 2025, Duralex a levé 5 millions d'euros auprès de particuliers en moins de vingt-quatre heures. Six mois plus tard, la coopérative ouvrière déposait le bilan, et les créances de ces épargnants sont aujourd'hui gelées. En 2024, déjà candidat, Carlesimo proposait de conserver 79 postes sur 227. Le tribunal lui avait alors préféré le projet de coopérative porté par les salariés.

Un délégué FO évoquait début juillet une quarantaine de marques d'intérêt ; la CGT n'en retenait que dix-sept. Le tribunal d'Orléans examinera les offres le 17 septembre. Il dira alors si ce qui vaut pour la fonte vaut aussi pour une marque.

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