Entre 1826 et 1827 dans un coin discret de Saône-et-Loire Nicéphore Niépce fixait la toute première image photographique de l'Histoire. Deux cents ans plus tard Chalon-sur-Saône sa ville natale célèbre cet héritage à travers une année d'expositions de rencontres et d'événements en écho au Bicentenaire de la Photographie orchestré par le ministère de la Culture.
Il aura fallu deux siècles pour que le nom de Nicéphore Niépce sorte pleinement de l'ombre. C'est pourtant lui qui, entre 1826 et 1827, entre Chalon-sur-Saône et Saint-Loup-de-Varennes, met au point le procédé héliographique, le geste fondateur qui ouvre la voie à l'invention de la photographie.
Sans démonstration publique, sans tambour ni trompette, mais avec une obstination visionnaire, cet inventeur discret parvient à fixer durablement une image grâce à la seule lumière. Deux cents ans plus tard, ce geste continue de transformer notre rapport au monde. Photographier, c'est toujours garder une trace suspendre un instant transmettre une émotion une mémoire un regard.
Une célébration nationale, un ancrage local
Du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027, le ministère de la Culture orchestre le Bicentenaire de la Photographi,e une grande célébration nationale dédiée aux collections, à la création contemporaine, aux métiers de l'image et aux regards que la photographie n'a cessé de révéler depuis deux siècles.
Une invention qui a changé notre manière de communiquer jusqu'à ces millions d'images échangées aujourd'hui chaque jour. Mais c'est à Chalon-sur-Saône, ville natale de Niépce, que l'anniversaire se vivra le plus intensément : expositions, projections, rencontres studios, photo concours et projets participatifs rythmeront toute la période en hommage direct à l'enfant du pays.
Premier temps fort de ce calendrier, les Journées Européennes du Patrimoine, le week-end des 19 et 20 septembre 2026, où le public pourra rencontrer Flore et Marie Moroni, artistes contemporaines travaillant la technique de l'héliogravure, véritable lien vivant avec le procédé inventé par Niépce. Ce week-end accueillera également la collecte nationale "Présents" menée en partenariat avec La Conserverie de Metz.
Le musée Nicéphore Niépce gardien de la mémoire
Institution de référence sur le sujet, le musée Nicéphore Niépce entend "ne rien laisser dans le flou" durant cette année de célébration. Sa programmation entrelacera mémoire création et expérimentation pour raconter la photographie, depuis ses origines jusqu'à ses réinventions les plus contemporaines.
Six expositions rythmeront cette séquence, parmi lesquelles deux rendez-vous majeurs : "Niépce et après ? De quelques inventions en photographie" (du 21 novembre 2026 au 31 janvier 2027) reviendra sur les grandes avancées techniques du médium et leurs conséquences sur la société et "L'empreinte d'Hélios. 1826-1827 Niépce invente la photographie !" (du 20 mars au 20 juin 2027) replacera l'inventeur au centre du cadre en explorant son parcours ses recherches et son procédé héliographique, l'histoire d'un homme qui avait compris avant tout le monde que le soleil pouvait écrire l'histoire.
Informations pratiques
- Entrée du musée : gratuite
- Visite commentée : 3,60 € par adulte
- Exposition temporaire "L'empreinte d'Hélios" : payante (tarif à préciser)
- Plus d'informations :
bicentenairephotographie.culture.gouv.fr
www.museeniepce.com
www.destination-saone-et-loire.fr
Extrait du manifeste du Bicentenaire de la Photographie
Un texte manifeste, rédigé par le Comité scientifique éclaire les enjeux historiques, esthétiques et philosophiques de la photographie : de ses origines à sa place actuelle au cœur des pratiques culturelles, sociales et techniques.
"Cette invention, où se mêlaient volonté d’exploration et magie de la lumière, a révolutionné notre monde, en modifiant profondément l’esprit et la nature de ses représentations, en induisant un rapport au réel neuf.
La photographie se fonda sur une utopie, celle de croire qu’il était possible de réduire la distance entre le réel et sa reproduction, celle de laisser penser que l’objet et son image photographique pouvaient se confondre.
Bien qu’irréalisée, l’utopie qui a présidé à inventer la photographie, parut tellement séduisante qu’elle ne tarda pas à se transformer en une idée reçue commune, toujours en vigueur aujourd’hui en dépit de la prolifération des photographies produites par IA, celle d’une objectivité absolue de l’image photographique.
Ce pas de deux, toujours renouvelé, entre utopie et idée reçue, a permis, très tôt, à la photographie et à ses acteurs, de développer une créativité singulière, jouant du double effet de la présence du réel et de sa distorsion.
La fécondité esthétique de l’invention de Niépce est devenue, très vite, dès le milieu du XIXe siècle, incommensurable. La photographie n’a cessé de se recréer, de se développer, de se forger, de se réinventer, dans ses usages artistiques, scientifiques, sociaux, politiques, éducatifs, au cours des deux derniers siècles, sur tous les continents. Les images photographiques sont devenues des éléments majeurs de la connaissance et de la diffusion des informations, dans les livres, dans la presse, dans les médias."
Le comité scientifique est présidé par Dominique de Font-Réaulx, historienne de l'art spécialiste du XIXe siècle et de la photographie et conservatrice générale au musée du Louvre, et composé d’historiens et experts reconnus de la photographie et des arts : Eléonore Challine Alexia Fabre Michel Poivert Pierre Singaravélou et Antonio Somaini.
